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Michel Barnier, l’homme qui avait écarté toute référence au christianisme dans la constitution européenne

Michel Barnier en 2017 - DR
Michel Barnier en 2017 - DR
"Cette Union n’est pas un club judéo-chrétien", avait affirmé le nouveau Premier ministre.

Fraichement nommé Premier ministre, rappelons-nous qu’en 2004, Michel Barnier, alors ministre des Affaires étrangères, avait fait certaines déclarations concernant la place du christianisme dans la Constitution européenne. Cette prise de position avait eu lieu dans un contexte de débat intense sur l’inclusion d’une référence explicite au christianisme dans le texte fondateur de l’Union européenne.

Le 25 mai 2004, à Lyon, Michel Barnier avait déclaré : “Même si le mot laïcité n’a pas la même signification dans tous les pays de l’Union, il reste que la construction européenne est une construction laïque, respectueuse des traditions et des religions de chaque peuple. Cette Union n’est pas un club judéo-chrétien.” Il avait ajouté que “ce serait une faute de détourner le projet européen, quels qu’aient été ses pays fondateurs, de son objectif d’ouverture.”

Cette déclaration était survenue après qu’une lettre, signée par sept pays membres de l’UE — Italie, Lituanie, Malte, Pologne, Portugal, République tchèque et Slovaquie — avait été publiée, demandant une mention explicite du christianisme dans la Constitution.

Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre français à l’époque, avait laissé entendre à Dublin, le 24 mai 2004, que la France n’était pas “hostile” à cette proposition, mais qu’elle préférait un consensus basé sur le texte rédigé par Valéry Giscard d’Estaing, qui se contentait de reconnaître les “héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe.”

Par ailleurs , ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier avait rencontré à plusieurs reprises les papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Le jour de la mort de Jean-Paul II, Barnier avait salué “l’immense figure du Pape qui, tout au long de son pontificat, a appelé sur tous les continents à la paix et au respect de l’homme et a mené un inlassable combat contre l’injustice et en faveur du dialogue entre les religions.”

Né le 9 janvier 1951 à La Tronche (Isère) , d’une mère catholique socialiste et d’un père anticlérical, Michel Barnier avait été reçu en audience privée par Benoît XVI le 7 février 2013.

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