Depuis 2000 ans

Montpellier : Monseigneur Turini porte plainte après les dégradations de la cathédrale Saint-Pierre

capture Facebook
capture Facebook
« Des individus se sont permis de souiller les portes et les murs de notre lieu de culte le plus central »

À Montpellier, la soirée du « Karnaval des gueux » a laissé derrière elle un profond malaise. Mardi soir, des participants à ce rassemblement annuel ont tagué les portes et les murs de la cathédrale Saint-Pierre et allumé plusieurs feux de palettes devant l’édifice. Des faits commis sous le regard des forces de l’ordre présentes sur place, mais qui ont choisi de ne pas intervenir immédiatement.Dans un communiqué publié au lendemain des événements, Monseigneur Norbert Turini, archevêque de Montpellier a exprimé son indignation. « Ces faits, survenus en présence des forces de l’ordre restées sans intervention, choquent aujourd’hui à la lumière du jour les fidèles et les habitants de notre ville », écrit-il.

Le « Karnaval des gueux », organisé depuis 1995 et se présentant comme une « fête subversive et parfaitement désorganisée », a rassemblé environ 400 personnes dans le centre-ville. Au cours du cortège, des individus ont inscrit des tags sur la cathédrale et embrasé des palettes devant ses portes.L’évêché dénonce des actes qui ne relèvent pas seulement de la dégradation matérielle, mais d’une véritable profanation d’un lieu sacré. « Des individus se sont permis de souiller les portes et les murs de notre lieu de culte le plus central », déplore le communiqué. L’émotion est d’autant plus vive que la cathédrale doit accueillir, ce dimanche, des adultes qui recevront le baptême. « La cathédrale recevra ce dimanche les adultes qui seront baptisés lors d’une célébration particulière, leur témoignant désormais ce à quoi ils s’exposent : la déconsidération du monde », poursuit le texte. L’archevêque souligne également la portée symbolique de ces actes « en ce premier jour du Carême, alors que l’Église tout entière entre dans le chemin de la conversion et de la paix ».

Au-delà des dégradations, c’est l’attitude des forces de l’ordre qui suscite l’incompréhension du diocèse. « Le diocèse de Montpellier a décidé de saisir la justice afin que toute la lumière soit faite sur les motivations de cet acte et sur l’inaction des services d’ordre présents sur place. Nous attendons des autorités compétentes qu’elles assurent la protection des lieux de culte et la sérénité des croyants », indique encore le communiqué.

Lire aussi

La préfecture de l’Hérault a réagi sur les réseaux sociaux. Elle explique que, « concernant le feu de palettes devant la cathédrale, le choix tactique a été de prendre en compte le risque pour les personnes présentes d’une intervention offensive des forces de l’ordre ». Les policiers auraient protégé les sapeurs-pompiers lors de leur intervention pour éteindre l’incendie, et seraient intervenus plus loin dans le cortège lorsque plusieurs feux de poubelles ont été allumés. La préfet , Chantal Mauchet, a apporté son soutien au commissaire en charge de l’ordre public, estimant qu’il « a pris les décisions adaptées ». Elle a également déclaré : « Je condamne fermement cet incendie et les dégradations qui ont eu lieu sur l’édifice religieux, propriété de l’État, pour lesquelles je dépose plainte. »

Dans une ville marquée par une forte tradition universitaire et culturelle, ces événements ravivent la question de la protection des églises et du respect dû au patrimoine religieux. Pour les fidèles, la blessure est réelle. À l’entrée du temps de carême,l’Église locale appelle au calme, à la prière et à la justice, afin que la lumière soit faite sur des faits qui ont profondément troublé la communauté catholique montpelliéraine.

Recevez chaque jour notre newsletter !