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[ Natalité ] L’Insee révise ses chiffres à la baisse, la France s’enfonce dans le déclin démographique

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Le pape Léon XIV avait attiré l’attention sur la baisse continue des taux de natalité en Europe, appelant à un engagement renouvelé en faveur de la famille. Le Saint Père avait salué l’amour désintéressé vécu au sein des familles, qualifié d’« héroïque »

Pour la première fois, les données de décembre 2025 sont diffusées, sur la base d’estimations encore provisoires, tous les bulletins de naissance n’ayant pas encore été transmis. Les chiffres jusqu’à fin 2024 sont définitifs, tandis que ceux de 2025 restent susceptibles de révisions. Le total annuel est revu légèrement à la baisse, et le mois de novembre 2025 fait l’objet d’un ajustement marginal de +0,04 %. Ces précisions n’altèrent pas le diagnostic, la crise de la natalité s’installe durablement.

En 2025, la France a encore moins donné la vie qu’en 2024. La nouvelle estimation annuelle fait état de 643 773 naissances sur l’ensemble de l’année, contre 645 000 dans le bilan démographique publié le 13 janvier. Cette révision, limitée en volume, s’inscrit dans une tendance continue de recul.

Sur un an, le nombre moyen de naissances par jour diminue de 2,3 % entre 2024 et 2025, après une baisse déjà prononcée de 2,8 % entre 2023 et 2024. L’enchaînement de ces reculs successifs confirme que la France n’est plus face à une fluctuation passagère, mais à une évolution durable.Le mois de décembre 2025, désormais intégré aux statistiques, en fournit une illustration supplémentaire. 53 432 naissances ont été enregistrées, soit une moyenne de 1 724 par jour, en baisse de 1,1 % par rapport à décembre 2024.

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À l’échelle régionale, la situation observée en 2025 confirme l’ampleur du phénomène. Le nombre moyen de naissances quotidiennes recule dans presque toutes les régions. Seules les Pays de la Loire et La Réunion connaissent une stabilité relative, tandis que la Martinique et Mayotte enregistrent une légère progression. Ailleurs, la baisse est nette. Elle atteint 7,1 % en Corse. Parmi les régions les plus peuplées, elle s’établit à 4,0 % dans les Hauts-de-France, 2,6 % en Auvergne-Rhône-Alpes et 2,2 % en Île-de-France. Ces données reposent sur le lieu de résidence de la mère.

L’année 2025 prolonge une tendance engagée depuis une décennie. Entre 2015 et 2025, toutes les régions françaises enregistrent une baisse significative du nombre de naissances. L’Île-de-France, première région en volume avec Paris et la petite couronne, passe d’environ 180 000 naissances en 2015 à moins de 149 000 en 2025, soit un recul proche de 17 %. En Occitanie, portée par Toulouse et Montpellier, les naissances diminuent d’environ 61 000 à 50 000. En Auvergne-Rhône-Alpes, autour de Lyon et Grenoble, elles chutent d’environ 82 000 à 68 000.Le recul est encore plus marqué dans les Hauts-de-France, région historiquement plus féconde, où le nombre de naissances diminue d’environ 25 %, passant de 75 500 à 56 000. Le Grand Est perd près de 15 000 naissances en dix ans. Même les régions de l’Ouest, souvent présentées comme plus dynamiques sur le plan familial, sont touchées. La Bretagne passe d’environ 33 500 à 28 000 naissances, tandis que les Pays de la Loire reculent de 42 000 à 35 000.Ces évolutions traduisent un affaiblissement général du renouvellement démographique, visible dans les grandes métropoles comme dans les territoires intermédiaires et ruraux. La baisse de la natalité ne relève plus d’un simple effet conjoncturel. Elle s’inscrit dans une tendance structurelle de long terme, révélant une difficulté croissante à assurer la transmission.

Rappelons que le 14 octobre 2025, le pape Léon XIV avait attiré l’attention sur la baisse continue des taux de natalité en Europe, appelant à un engagement renouvelé en faveur de la famille. Le Saint Père avait salué l’amour désintéressé vécu au sein des familles, qualifié d’« héroïque » pour son rôle essentiel dans le soutien des communautés et de la société tout entière.

Évoquant les mots « père », « mère », « fils », « fille », « grand-père » et « grand-mère », il avait souligné qu’ils expriment des réalités de respect, de dévouement et de transmission, parfois héroïques, au service du bien commun.Enfin le pape Léon XIV avait insisté sur l’attention indispensable à porter aux réalités concrètes de la maternité et de la paternité.Précisons que de nouvelles données relatives aux naissances de janvier 2026 seront publiées le jeudi 26 février 2026 , elles permettront de mesurer si le début de la nouvelle année confirme cette trajectoire. À ce stade, le constat est clair. La France ne se renouvelle plus. Et ce déclin démographique, désormais confirmé par des révisions successives, constitue une crise majeure aux conséquences humaines, sociales et civilisationnelles durables.

Nombre de naissances annuel et depuis le 1er janvier par région et département de résidence de la mère

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