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Nigeria : neuf fidèles enlevés dans l’État de Benue, un prêtre et plusieurs personnes kidnappés dans l’État de Kaduna

église Saint Joseph dans l'état Kaduna - image google Street
église Saint Joseph dans l'état Kaduna - image google Street
Quelques jours auparavant, les services de sécurité avaient annoncé la libération de 166 fidèles enlevés lors d’attaques contre deux églises dans ce même État de Kaduna, ce qui souligne la répétition de ce type d’attaques

Dans la nuit du 8 février 2026, neuf fidèles ont été enlevés lors d’une veillée dans une église catholique de l’État de Benue, au centre du Nigeria. Quelques heures plus tôt, dans l’État de Kaduna, au nord du pays, un prêtre catholique et plusieurs autres personnes étaient kidnappés lors d’une attaque armée qui a également fait trois morts. Ces deux événements distincts illustrent la persistance des violences visant des communautés chrétiennes dans plusieurs régions du pays. Dans l’État de Benue, région agricole de la « Middle Belt » régulièrement touchée par des violences armées, une veillée de prière s’est transformée en scène d’enlèvement, dans un contexte d’insécurité chronique qui fragilise de nombreuses paroisses rurales.

Selon des sources locales concordantes, neuf fidèles ont été enlevés dans la nuit du dimanche 8 février 2026, vers 2 heures du matin, alors qu’ils participaient à une veillée à l’église catholique St. John’s, dans la localité d’Ojije, district d’Utonkon, zone administrative d’Ado, dans l’État de Benue. Des hommes armés auraient fait irruption dans l’édifice pendant la prière nocturne et emmené de force les participants vers une destination inconnue. Les victimes seraient en majorité des femmes et des jeunes engagés dans un programme spirituel de plusieurs jours. La police de l’État de Benue a confirmé l’enlèvement et indiqué que des opérations de recherche étaient en cours. Aucune revendication officielle n’a été rendue publique à ce stade.

L’État de Benue se situe dans la région dite de la « Middle Belt », zone de contact entre le nord majoritairement musulman et le sud à majorité chrétienne. Depuis plusieurs années, cette région est marquée par des conflits mêlant rivalités foncières, tensions communautaires et banditisme armé. Les enlèvements contre rançon et les attaques contre des villages ou des lieux de culte y sont devenus fréquents, alimentant un climat d’inquiétude parmi les communautés chrétiennes locales.

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Ces faits sont distincts d’une autre attaque survenue presque au même moment dans l’État de Kaduna. Selon une dépêche publiée le 8 février 2026 par l’agence Reuters, des hommes armés ont attaqué à l’aube la résidence d’un prêtre catholique dans le district de Kauru. Le diocèse de Kafanchan a identifié le prêtre enlevé comme étant Nathaniel Asuwaye, curé de la paroisse Holy Trinity Catholic Church à Karku. Le diocèse a indiqué que dix autres personnes avaient été enlevées et que l’attaque, commencée vers 3h20 du matin, avait fait trois morts parmi les habitants. Un porte-parole de la police de Kaduna a confirmé l’incident, tout en précisant que cinq personnes avaient été enlevées et que les trois victimes décédées étaient des membres des forces de sécurité. « Des agents de sécurité ont échangé des tirs avec les bandits, en ont tué certains et, malheureusement, deux soldats et un policier ont perdu la vie », a-t-il déclaré.

Quelques jours auparavant, les services de sécurité avaient annoncé la libération de 166 fidèles enlevés lors d’attaques contre deux églises dans ce même État de Kaduna, ce qui souligne la répétition de ce type d’attaques. L’organisation Amnesty International a récemment estimé que la crise sécuritaire au Nigeria devenait « de plus en plus incontrôlable », accusant le gouvernement d’insuffisance dans la protection des civils face aux enlèvements et aux violences qui touchent plusieurs États du nord et du centre du pays.Lors de son allocution dominicale place Saint-Pierre, le pape Léon XIV a exprimé sa solidarité avec les victimes des récentes attaques au Nigeria. « J’espère que les autorités compétentes continueront d’agir avec détermination afin d’assurer la sécurité et la protection de la vie de chaque citoyen », avait-t-il déclaré.

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