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[Ouverture du Carême] : La programmation très ciblée et malveillante de France 2 à l’égard des catholiques

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C’était donc, selon la logique du service public, le « bon » jour pour ce type de téléfilm, où la sensiblerie appuyée et les stéréotypes éculés n’ont d’égal que la bassesse d’une idéologie qui vise, une fois encore, l’Église catholique

Le mercredi des Cendres ouvre le Carême, ce temps fort de quarante jours qui prépare les fidèles à la Passion et à la Résurrection du Christ. Temps de pénitence, de jeûne, de prière et de conversion. Temps où l’homme se reconnaît pécheur devant Dieu, mais aussi appelé à la miséricorde. Lorsque la cendre est déposée sur le front et que retentissent les paroles « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile », l’Église rappelle la gravité du péché et la grandeur de la grâce. Et c’est précisément ce jour que France 2 choisit pour diffuser La maman du bourreau, fiction mettant en scène un prêtre accusé de pédophilie, dans un décor saturé de clichés : grande bourgeoise catholique, univers social fermé, rigidité morale, silence ecclésiastique.

Toujours les mêmes archétypes. Toujours la même construction narrative. Le catholicisme présenté comme milieu figé, moralement suspect, socialement dominant et finalement hypocrite. La foi réduite à une façade. Le prêtre transformé en figure inquiétante. Que des crimes aient été commis par certains prêtres est une réalité tragique. Ils sont des trahisons graves du sacerdoce et ont exigé justice. L’Église les a reconnus, condamnés et entrepris un travail de purification.Mais transformer ces crimes en prisme permanent d’interprétation du catholicisme relève d’un procédé idéologique.

La vérité est simple : 99 % des prêtres servent fidèlement. Ils célèbrent les sacrements, accompagnent les mourants, visitent les malades, soutiennent les familles, tiennent des paroisses souvent délaissées, vivent dans la discrétion et le don quotidien. Ils ne feront jamais l’objet d’un prime time. Ils ne correspondent pas au récit attendu.

Comme par hasard, au moment où l’Église appelle à la conversion et à la pénitence, c’est le 1 % criminel qui est mis en lumière. Comme si l’entrée en Carême devait être associée dans l’opinion publique non au combat spirituel, mais à la honte et au scandale. On invoquera la qualité artistique, la performance des acteurs, la « gravité » du propos. Mais l’emballage esthétique ne change rien à la question fondamentale : pourquoi ce jour-là ?

Pourquoi charger symboliquement l’ouverture du Carême d’un récit qui ne retient que les pages les plus sombres de l’Eglise ?

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On n’imaginerait pas, lors d’une grande fête nationale, réduire l’histoire de France à ses dérives les plus violentes. Pourtant, lorsqu’il s’agit de l’Église, la réduction semble devenue automatique.D’autres institutions ont connu des scandales graves. Dans les milieux politiques, économiques, culturels ou sportifs, des abus ont été révélés. L’affaire Epstein n’a exposé qu’une fraction d’un système plus vaste impliquant des élites internationales. Pourtant, ces univers ne sont pas continuellement définis par ces crimes dans la fiction grand public.

L’amalgame global paraît réservé à l’Église. Précisons que collectivement, l’Église, communion des fidèles, n’est pas ces crimes. Elle ne se confond pas avec les fautes de certains de ses membres. Elle est une réalité spirituelle vivante Elle est l’Epuse du Christ mais l’institution elle est composée d’hommes donc de pécheurs, qui trahissent leur sacerdoce mais qui, comme les autres hommes et femmes, sont aussi appelés à la sainteté.

À force de répéter les mêmes récits, mélange de sensiblerie et d’émotion bon marché dont France 2 a le secret, on installe une suspicion culturelle durable. Le prêtre devient suspect par principe. Le catholicisme est présenté d’abord sous l’angle du scandale. La foi se retrouve enfermée dans une caricature.

Les catholiques ne refusent pas la vérité. Ils ont accepté l’examen de conscience et le mea culpa, notamment avec le rapport de la CIASE, mais qui a fait aussi bien qu’eux ? qui a été aussi loin dans l’instrospection ?

En choisissant le mercredi des Cendres pour diffuser ce téléfilm, France 2 pose un acte éditorial qui dépasse la simple programmation. Les symboles comptent. Les dates aussi. Et les catholiques ne sont pas naïfs. Une certaine idéologie est à la manœuvre, toujours la même… Les catholiques entreront sereinement dans le Carême. Dans la prière. Dans le silence. Dans la fidélité. Mais ils sont en droit de dénoncer une programmation qui, sous couvert de drame psychologique, participe une fois encore à pointer l’Église au moment même où elle appelle à la conversion et à l’espérance. Au fond, ce n’est pas seulement « La maman du bourreau » qui est mise en scène, c’est une idéologie qui se rêve justicière mais qui, à force d’acharnement, finit par tenir elle-même le rôle du bourreau.

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