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Pape François au Timor oriental : visite dans le deuxième pays le plus catholique d’Asie

Le village de Moubisse au Timor oriental - DR
Le village de Moubisse au Timor oriental - DR
Le pape François sera le premier Pape à visiter la petite nation insulaire depuis son indépendance en 2002.

Le Timor oriental, avec plus de 96 % de catholiques, est l’un des seuls pays d’Asie, avec les Philippines, à majorité catholique. Du 9 au 11 septembre, le pape François sera le premier Pape à visiter le Timor oriental depuis son indépendance en 2002.

La dernière visite d’un Pape sur le territoire d’Asie du Sud-Est remonte à 1989. A l’époque, la venue de Jean-Paul II avait contribué à attirer l’attention internationale sur la situation des Timorais alors sous occupation indonésienne.

Un des pays les plus jeunes du monde

Jean-Paul II avait d’ailleurs choisi de ne pas embrasser le sol comme il en avait l’habitude mais plutôt d’embrasser un crucifix puis de le poser au sol. Une telle action aurait pu provoquer une répression à l’encontre de la population catholique indonésienne car le gouvernement indonésien ne reconnaissait pas l’indépendance du Timor oriental.

Le Timor oriental, qui a été une colonie portugaise pendant quatre siècles avant d’être occupé militairement par l’Indonésie en 1975, est l’un des pays les plus jeunes du monde, ayant obtenu son indépendance en 2002 à la suite d’un référendum soutenu par la communauté internationale. De nombreux prêtres et religieuses ont risqué leur vie pour défendre les droits des citoyens face aux abus militaires indonésiens.

Le pape François effectuera ce voyage dans le cadre d’une tournée en Asie de l’Est, qui débutera le 2 septembre en Indonésie, avant de se rendre en Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis au Timor oriental.

Le cas de Mgr Belo

Ce voyage apostolique au Timor oriental intervient par ailleurs dans un contexte délicat. Mgr Carlos Felipe Ximenes Belo, ancien évêque salésien de Dili et Prix Nobel de la paix en 1996 aux côtés de José Ramos-Horta, représentant du mouvement indépendantiste est-timorais, a été accusé d’agressions sexuelles et de viols sur mineurs en 2022. Les violences en question auraient été commises sur une période de plus de vingt ans.

Le Saint-Siège, qui s’est saisi du dossier en 2019, avait imposé à partir de septembre 2020 d’importantes sanctions disciplinaires à l’encontre de l’évêque émérite de la capitale du Timor oriental, dont l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs et des restrictions de déplacement. En octobre 2022, La Croix révélait que le Vatican avait lancé une enquête interne. 

Carlos Filipe Ximenes Belo (DR).

L’année suivante, le pape François avait rappelé qu’il n’avait pas l’intention d’« étouffer l’affaire » et le besoin de « transparence » concernant le cas de Mgr Belo. Ce dossier sensible pourrait donc planer d’autant que Mgr Belo demeure l’une des principales figures de la lutte non-violente pour l’indépendance dans l’histoire timoraise.

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