À l’occasion de la fête du Baptême du Seigneur, le pape Léon XIV a développé une réflexion sur le sens du baptême dans la vie chrétienne, avant d’exprimer, à l’issue de l’Angélus, son inquiétude pour la situation actuelle au Moyen-Orient, notamment en Iran et en Syrie. Loin d’un simple ajout circonstanciel, cette référence à l’actualité s’inscrit dans une continuité entre le message spirituel de la liturgie et la réalité du monde.Rappelons qu’après quatorze jours de manifestations massives, le régime iranien dirigé par Ali Khamenei refuse toute concession. Fragilisé sur les plans économique, militaire et régional, il mise sur la répression, la dénonciation de l’ingérence étrangère et la préparation de l’après-Khamenei.Aussi dans son homélie, le pape avait rappelé que l’entrée de Dieu dans l’histoire ne se fait pas par la domination, mais par l’humilité.
En acceptant le baptême de Jean, le Christ se tient au milieu des pécheurs et révèle une justice qui n’est pas fondée sur la condamnation, mais sur la miséricorde.
Léon XIV souligne que, dans le baptême de Jésus, Dieu agit pour la justification de l’humanité. Cette justice divine, différente des logiques humaines, ne repose ni sur la force ni sur la contrainte, mais sur le don de soi et le pardon. Cette distinction éclaire en creux le regard du pape sur les crises contemporaines, souvent marquées par l’affrontement et la radicalisation.Le pape a également insisté sur la portée concrète du baptême dans la vie des personnes. En évoquant les enfants baptisés, il rappelle que les parents ne transmettent pas seulement la vie biologique, mais aussi le sens de cette vie.
La foi est présentée comme un bien essentiel, nécessaire pour orienter l’existence humaine. Lorsque Léon XIV affirme que « le baptême est la porte du ciel », il situe ce sacrement comme un point d’entrée décisif dans une vie nouvelle, ouverte au salut.
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Cette affirmation ne renvoie pas uniquement à l’au-delà, elle donne aussi une clé de lecture pour comprendre le présent.Dans ce cadre, l’évocation de l’Iran et de la Syrie à la fin de l’Angélus prend une signification particulière. En faisant part de son inquiétude pour ces pays, le pape attire l’attention sur des situations où la dignité humaine est gravement mise à l’épreuve par la violence, l’instabilité politique et les souffrances infligées aux populations civiles. Son propos ne relève pas de l’analyse géopolitique, mais d’un rappel moral, celui de la responsabilité collective face aux peuples éprouvés.
Le lien entre la réflexion sur le baptême et la mention de ces crises apparaît alors clairement. Pour Léon XIV, la foi chrétienne ne se vit pas en marge de l’histoire. Si le baptême est la porte du ciel, il engage aussi les baptisés à regarder le monde avec lucidité, à refuser la résignation et à demeurer attentifs aux lieux où l’espérance semble menacée. Les symboles liturgiques évoqués, l’eau qui purifie, le vêtement blanc qui signifie une dignité nouvelle, la lumière qui éclaire le chemin, peuvent être compris comme un contrepoint aux ténèbres de la violence et du désespoir.En rappelant ces éléments et en exprimant son inquiétude pour l’Iran et la Syrie, le pape assume pleinement son rôle de pasteur universel. Sans se substituer aux responsables politiques, il maintient une parole morale et spirituelle, destinée à rappeler que l’histoire humaine ne se réduit pas aux rapports de force et qu’elle demeure ouverte à la grâce, à la justice et à la paix.
FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 11 janvier 2026
« Chers frères et sœurs, bon dimanche !
La fête du Baptême de Jésus, que nous célébrons aujourd’hui, marque le début du temps ordinaire : ce temps de l’année liturgique nous invite à suivre ensemble le Seigneur, à écouter sa Parole et à imiter ses gestes d’amour envers le prochain. C’est ainsi, en effet, que nous confirmons et renouvelons notre baptême, ce sacrement qui fait de nous des chrétiens, nous libérant du péché et nous transformant en enfants de Dieu, par la puissance de son Esprit de vie.
L’Évangile que nous entendons aujourd’hui raconte comment naît ce signe efficace de la grâce. Lorsqu’il se fait baptiser par Jean dans le Jourdain, Jésus voit « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3, 16). Au même moment, du ciel ouvert, on entend la voix du Père qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (v. 17). Alors toute la Trinité se rend présente dans l’histoire : comme le Fils descend dans les eaux du Jourdain, ainsi le Saint-Esprit descend sur lui et, à travers lui, nous est donné comme force de salut.
Très chers amis, Dieu ne regarde pas le monde de loin, sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes ! Il vient parmi nous avec la sagesse de son Verbe fait chair, nous impliquant dans un projet d’amour surprenant pour toute l’humanité.
C’est pourquoi Jean-Baptiste, émerveillé, demande à Jésus : « Toi, tu viens à moi ? » (v. 14). Oui, dans sa sainteté, le Seigneur se fait baptiser comme tous les pécheurs pour révéler l’infinie miséricorde de Dieu. Le Fils unique, en qui nous sommes frères et sœurs, vient en effet pour servir et non pour dominer, pour sauver et non pour condamner. Il est le Christ rédempteur : il prend sur lui ce qui est nôtre, y compris le péché, et nous donne ce qui est sien, c’est-à-dire la grâce d’une vie nouvelle et éternelle.
Le sacrement du baptême réalise cet événement en tout temps et en tout lieu, en introduisant chacun de nous dans l’Église, qui est le peuple de Dieu, formé d’hommes et de femmes de toutes nations et de toutes cultures, régénérés par son Esprit. Consacrons donc cette journée à nous souvenir du grand don reçu, en nous engageant à en témoigner avec joie et cohérence. Aujourd’hui même, j’ai baptisé quelques nouveau-nés, qui sont devenus nos nouveaux frères et sœurs dans la foi : comme il est beau de célébrer comme une seule famille l’amour de Dieu qui nous appelle par notre nom et nous libère du mal ! Le premier des sacrements est un signe sacré qui nous accompagne pour toujours. Dans les heures sombres, le baptême est lumière ; dans les conflits de la vie, le baptême est réconciliation ; à l’heure de la mort, le baptême est la porte du ciel.
Prions ensemble la Vierge Marie, en lui demandant de soutenir chaque jour notre foi et la mission de l’Église.
À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs,
Comme je l’ai déjà dit, ce matin, selon la coutume de la fête du Baptême de Jésus, j’ai baptisé quelques nouveau-nés, enfants d’employés du Saint-Siège. Je voudrais maintenant étendre ma bénédiction à tous les enfants qui ont reçu ou recevront le baptême ces jours-ci, à Rome et dans le monde entier, en les confiant à la protection maternelle de la Vierge Marie. Je prie tout particulièrement pour les enfants nés dans des conditions difficiles, tant sur le plan de la santé que des dangers extérieurs. Que la grâce du baptême, qui les unit au mystère pascal du Christ, agisse efficacement en eux et dans leurs familles.
Mes pensées vont vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes provoquent la mort de nombreuses personnes. Je souhaite et je prie pour que le dialogue et la paix soient cultivés avec patience, dans la recherche du bien commun de toute la société.
En Ukraine, de nouvelles attaques particulièrement graves, visant principalement les infrastructures énergétiques alors que le froid s’intensifie, touchent durement la population civile. Je prie pour ceux qui souffrent et je renouvelle mon appel à cesser les violences et à intensifier les efforts pour parvenir à la paix.
Et maintenant, je salue tous les Romains et les pèlerins présents aujourd’hui sur la place Saint-Pierre. Merci, thank you, muchas gracias !
Je salue en particulier le groupe de l’école « Everest » de Madrid et l’association Bambini Fratelli de Guadalajara au Mexique : Dejemos que los niños sueñen.
Je souhaite à tous un bon dimanche ! »
Source Vatican


