Dans le cadre du projet de réaménagement du parvis de Notre-Dame de Paris, le Pôle archéologique de Paris mène une fouille archéologique préventive prescrite par la Drac Île-de-France. Cette intervention, préalable aux futurs travaux d’aménagement, vise à documenter les vestiges enfouis d’un secteur occupé sans discontinuité depuis près de 2 000 ans, au cœur de l’Île de la Cité.Dès les premières phases de la fouille, les découvertes ont révélé la densité urbaine qui entourait autrefois la cathédrale. Contrairement à l’image actuelle d’un vaste parvis dégagé, cet espace était jusqu’aux grands réaménagements modernes constitué de maisons, d’échoppes et de ruelles étroites, imbriquées au plus près de l’édifice religieux.

Parmi les vestiges mis au jour figure notamment la Maison de la Huchette. Il ne s’agit pas d’un bâtiment encore visible aujourd’hui, mais d’un ensemble d’habitations médiévales disparues, connues par les sources anciennes et désormais attestées par l’archéologie. Leur découverte permet de mieux comprendre l’organisation de ce quartier au Moyen Âge et la proximité immédiate entre la vie quotidienne des Parisiens et la cathédrale.Autre élément particulièrement marquant, révélé le 5 février 2026, un escalier en pierre conservé dans un état remarquable a été dégagé. Sa lisibilité et son excellent état de conservation offrent un témoignage rare des circulations et de l’architecture médiévales, donnant presque l’impression de pouvoir emprunter un chemin resté intact à travers les siècles.
Ces découvertes s’inscrivent dans la continuité des recherches archéologiques déjà menées sur le site. Dans les années 1960 et 1970, les grandes campagnes de fouilles réalisées lors des réaménagements du parvis avaient conduit à la mise au jour de vestiges antiques et médiévaux majeurs, aujourd’hui visibles dans la crypte archéologique située sous le parvis. Ces travaux avaient notamment révélé des traces du Paris gallo-romain et de l’évolution urbaine du quartier au fil des siècles.La fouille actuelle vient ainsi compléter et enrichir ces connaissances, en explorant des zones jusqu’alors peu ou pas étudiées, grâce à des méthodes renouvelées et à une intervention d’ampleur exceptionnelle.
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À l’horizon 2028, le parvis de Notre-Dame de Paris doit être profondément transformé avec la création d’une vaste clairière paysagère, destinée à redessiner les abords de la cathédrale. Mais avant que ce projet ne prenne forme, les fouilles archéologiques préventives mettent au jour un sous-sol d’une richesse exceptionnelle, rappelant que ce site emblématique fut longtemps un quartier habité, dense et structuré
Ces révélations interviennent alors que le vaste chantier de réaménagement des abords de la cathédrale se profile. Selon la Ville de Paris, les travaux doivent s’achever à l’horizon 2028. Le projet, rendu public en juin 2022, prévoit la création d’une clairière paysagère sur le parvis, ainsi qu’un grand square continu entre le chevet de la cathédrale et la Seine. Le parking souterrain situé sous le parvis doit également être transformé en promenade intérieure, intégrant des espaces d’accueil, une librairie, un café et un nouvel accès à la crypte archéologique.À l’heure où les fouilles révèlent des vestiges médiévaux d’une qualité de conservation remarquable, une question demeure ouverte : comment ces ruines mises au jour seront-elles prises en compte dans l’aménagement de la future clairière paysagère ? L’équilibre entre transformation urbaine, valorisation patrimoniale et respect de l’histoire enfouie du parvis de Notre-Dame de Paris constitue désormais l’un des enjeux majeurs de ce chantier à venir.


