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Pourquoi le premier consistoire de Léon XIV sera une étape fondatrice du nouveau pontificat

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À peine refermée la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre, geste hautement symbolique de ce début d’année jubilaire, Léon XIV engage l’Église dans un autre rendez-vous majeur de la vie ecclésiale

Aujourd’hui, 7 janvier 2025, s’ouvre au Vatican le premier consistoire extraordinaire du pontificat du pape Léon XIV. Réclamée dès les congrégations précédant le conclave, cette réunion du Collège cardinalice, étendue sur deux journées, apparaît déjà comme un moment structurant, appelé à marquer durablement le style, les priorités et la méthode de gouvernement du nouveau Successeur de Pierre

À peine refermée la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre, geste hautement symbolique de ce début d’année jubilaire, Léon XIV engage l’Église dans un autre rendez-vous majeur de la vie ecclésiale. Le consistoire extraordinaire s’ouvre en début d’après-midi par l’accueil des cardinaux dans l’atrium de l’Aula Paul VI, où sont remis badges et documents de travail. Les membres du Sacré Collège, venus de Rome et des cinq continents, se retrouvent après des semaines intenses, marquées par les funérailles du pape François, les congrégations générales, le conclave et la messe d’inauguration du nouveau pontife.

La convocation de ce consistoire, annoncée dès le 7 novembre, répond à une attente clairement exprimée par les cardinaux eux-mêmes, qui avaient souhaité disposer rapidement d’un cadre commun pour réfléchir avec le nouveau pape aux grandes orientations de l’Église. Par ce choix, Léon XIV manifeste d’emblée son attention au Collège cardinalice et sa volonté de s’appuyer sur lui comme organe privilégié de conseil et de discernement.Le consistoire extraordinaire, dans la tradition de l’Église, n’est ni un parlement ni un lieu de décision collective contraignante. Il est un instrument de consultation, dans lequel le pape écoute, oriente et recueille les avis, tout en demeurant pleinement responsable des choix à poser. Son caractère « extraordinaire » indique précisément que les sujets abordés sont jugés d’une importance particulière pour la vie et la mission de l’Église universelle.

À l’ordre du jour figurent la relecture de textes majeurs du magistère récent, notamment Evangelii gaudium et Praedicate Evangelium, ainsi que deux thèmes centraux et structurants, le Synode et la synodalité, et la liturgie. En choisissant d’affronter ces questions dès le début de son pontificat, Léon XIV montre une volonté claire de poser des bases solides, sans éluder les enjeux ecclésiaux majeurs de notre temps, mais en les abordant dans un cadre ordonné, spirituel et collégial.L’ouverture officielle du consistoire, à 15h30, est marquée par la prière initiale, le salut du doyen du Collège cardinalice, le cardinal Giovanni Battista Re, une méditation et l’intervention introductive du Saint-Père. Ce moment donne l’orientation spirituelle et pastorale de l’ensemble des travaux, avant la présentation des modalités de travail en groupe. La première session de l’après-midi est consacrée à ces échanges, suivis en fin de journée par la restitution des réflexions et une nouvelle intervention du pape, conclue par la prière.

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La seconde journée s’ouvre par la célébration de la messe dans la basilique Saint-Pierre, à l’autel de la Chaire, rappelant que toute réflexion ecclésiale authentique trouve sa source dans la liturgie et la communion eucharistique. Les travaux se poursuivent ensuite par une alternance de prières, de groupes de travail, de rapports et d’interventions libres, avant un déjeuner partagé avec le Saint-Père, puis une dernière session l’après-midi. Le consistoire s’achève solennellement par l’intervention conclusive du pape et le chant du Te Deum, action de grâce pour le chemin parcouru ensemble.Rappelons qu’au 6 janvier 2026, le collège électoral compte 122 cardinaux de moins de 80 ans, issus de 65 pays. L’Europe demeure majoritaire avec 46 électeurs, devant l’Amérique du Sud (23), l’Asie (22) et l’Afrique (14). La très grande majorité, 103 sur 122, a été créée par le pape François, tandis que 34 électeurs appartiennent à un ordre religieux. En 2026, cinq cardinaux supplémentaires perdront leur droit de vote en atteignant la limite d’âge.


Ce premier consistoire extraordinaire apparaît comme fondateur à plusieurs titres. Il l’est d’abord par son calendrier, très proche de l’élection du pape, signe que Léon XIV entend inscrire son pontificat dans une dynamique de consultation réelle et régulière. Il l’est ensuite par les thèmes abordés, qui touchent à la fois à la mission évangélisatrice, à la synodalité et à la liturgie, autant de piliers de la vie ecclésiale.

Il l’est enfin par le style adopté, qui conjugue prière, écoute, travail commun et synthèse, manifestant une vision de la collégialité non comme un simple principe abstrait, mais comme une pratique concrète au service de l’unité de l’Église. En réunissant ainsi le Collège cardinalice dès les premiers mois de son pontificat, Léon XIV pose les fondations d’un gouvernement ecclésial attentif, structuré et profondément enraciné dans la communion.Par sa densité spirituelle, la richesse de ses échanges et la clarté de ses objectifs, ce consistoire extraordinaire s’impose ainsi comme un moment clé du nouveau pontificat. Il manifeste la volonté du pape Léon XIV de conduire l’Église avec sens de la responsabilité, fidélité à la tradition et attention aux défis contemporains, en s’appuyant sur le discernement partagé du Collège cardinalice au service de l’Église universelle.

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