Située dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, à proximité immédiate d’Orléans, Chécy est une commune au riche passé historique. Ancien point de passage sur la voie romaine reliant Genabum, aujourd’hui Orléans, à Autun, la ville conserve un patrimoine religieux et architectural important. C’est dans l’église du village que le feu a pris au niveau de l’autel,selon le commandement des opérations de secours il ne s’est pas propagé et a été rapidement circonscrit et il n’y avait plus que des fumées à l’arrivée des sapeurs-pompiers du Loiret.
La gendarmerie est venue constater les dégâts et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes du sinistre. Selon des informations recueillies sur place,la piste d’un acte volontaire n’est pas exclue. Habituellement, seules des « fausses bougies » sont disposées sur l’autel. La question se pose donc de savoir qui aurait inséré de véritables cierges avant de les allumer.
C’est dans ce contexte que l’abbé Blain du Poët a publié un message sans équivoque : « Incendie dans mon église de Chécy cet après-midi. Ce n’est pas accidentel ! »
Il n’y a heureusement pas eu de blessé, malgré la présence d’une personne à l’intérieur de l’église au moment des faits, en train de jouer de l’orgue. Elle a été prise en charge par la police des transports de la Métropole d’Orléans, première à intervenir. L’église a été réouverte au public dimanche après-midi mais malheureusement elle ne dispose d’aucun système de vidéosurveillance qui aurait permis d’identifier le ou les coupables.

Rappelons que l’abbé François-Marie Blaïn du Poët n’est pas un homme à se laisser intimider. En 2013, au moment du débat sur la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, il avait adressé une lettre ouverte au président de la République d’alors, François Hollande, au lendemain d’une grande manifestation parisienne à laquelle il avait participé. Il expliquait avoir écrit pour alerter le chef de l’État sur l’inquiétude de nombreux jeunes et familles qu’il rencontrait dans son ministère. Dans ce courrier, il déclarait notamment : « La place du Pasteur est d’être avec son troupeau, surtout lorsque celui-ci est menacé par des lois qui visent à le détruire », et rappelait cette parole des Actes des Apôtres : « Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. » Cette démarche s’inscrivait dans sa responsabilité de prêtre et de pasteur auprès des fidèles.
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Précisons également que L’Église Saint-Pierre de Chécy, classée monument historique depuis 1908, constitue l’un des repères patrimoniaux majeurs de la commune. Son clocher-porche remonte au XIIe siècle. La nef, composée de quatre travées avec collatéraux, date des XIVe et XVe siècles. Le transept et ses chapelles orientées remontent à la fin du XIIIe siècle, tandis que les voûtes ont été refaites en briques vers 1860.
L’édifice conserve plusieurs œuvres classées au titre des objets, dont des bas-reliefs en bois du XVIe siècle représentant des scènes de la vie du Christ et de saint Gilles, une plaque funéraire ancienne et une clôture de chœur en fer forgé datant de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Un orgue de la fin du XIXe siècle complète cet ensemble. Attenter à l’autel d’une église, consacré par l’onction et réservé au Saint Sacrifice, touche au signe même du Christ, « pierre angulaire », et au lieu théologique où l’Église rend présent le mystère pascal. Ce n’est pas seulement une dégradation matérielle, mais une atteinte à la signification sacramentelle de l’autel, centre de la vie liturgique et source de la communion ecclésiale.
Si l’enquête devra établir précisément les responsabilités, ce début d’incendie s’inscrit dans une série préoccupante d’actes de malveillance et de vandalisme visant des églises en France depuis plusieurs années. Pour les fidèles de Chécy, l’émotion est donc vive face à une atteinte directe à un lieu consacré à la vie religieuse des catholiques.


