Livia Tossici-Bolt, catholique, scientifique à la retraite et mère de famille, vient d’être condamnée à deux ans de liberté surveillée au Royaume-Uni. Son crime ? Avoir tenu une pancarte devant une clinique d’avortement, sur laquelle il était simplement écrit : « Ici pour parler si vous le souhaitez ».
Le jugement prononcé le 4 avril par le tribunal de Poole (dans le comté du Dorset ) ne vise ni une menace, ni un harcèlement, ni une obstruction. Il vise une parole offerte, un regard disponible, une main tendue. Livia Tossici-Bolt, 64 ans, italo-britannique, est désormais reconnue coupable d’avoir enfreint une zone dite de « protection » autour d’un établissement pratiquant l’avortement, à Bournemouth, dans le Dorset. C’est cette même ville qui avait vu l’arrestation d’Adam Smith-Connor, pour une prière silencieuse, à distance de la clinique. Son procès en appel est prévu pour juillet.
À l’audience, le juge Orla Austin a déclaré : « Elle ne se rend pas compte que sa présence pourrait avoir un effet dommageable sur les femmes qui fréquentent la clinique, leurs familles, le personnel et le public. » Il a toutefois reconnu que ses convictions étaient sincères. Mais pour le tribunal, l’enjeu n’était pas l’avortement, ni même la nature du message : ce qui comptait, c’était l’existence d’un périmètre interdit à toute pensée non conforme. Car oui, dans la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, prier ou proposer une conversation peut devenir un délit.
Livia Tossici-Bolt avait refusé de payer une amende de 100 livres infligée pour cette prétendue infraction. Elle s’est donc retrouvée devant un tribunal, défendue par ADF International, une organisation chrétienne de juristes défendant la liberté religieuse. Résultat : deux ans de liberté surveillée et plus de 9 000 livres de frais judiciaires à payer — une manière habile, dénonce Smith-Connor, de contourner la limite légale de 1 000 livres de sanction, en ruinant les militants pacifiques par les frais de procédure.
À la sortie du tribunal, Livia a lu une déclaration claire et courageuse :
« Ce tribunal m’a déclarée coupable. Pourtant, je ne protestais pas, je n’ai harcelé ni gêné personne. J’ai simplement offert une conversation consensuelle dans un lieu public, ce qui est mon droit fondamental. »
Et d’ajouter :
« C’est un jour sombre pour la Grande-Bretagne. La liberté d’expression est en crise. Que s’est-il passé dans ce pays ? Le Département d’État américain a eu raison de s’intéresser à mon cas, car il a de graves implications pour le monde occidental. »
Cette affaire dépasse largement la seule question de l’avortement. Elle révèle un choix politique assumé : sacrifier la liberté de conscience sur l’autel de l’idéologie progressiste. La militante pro-vie Isabel Vaughan-Spruce, elle aussi arrêtée pour une prière silencieuse, a exprimé sa consternation :
« Je suis profondément attristée que tenir une conversation consensuelle en pleine rue soit criminalisé par un tribunal britannique. »
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Dans un Royaume-Uni qui se veut fier de son histoire en matière de liberté d’expression, le porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a osé affirmer : « Nous avons une tradition de liberté d’expression dont nous sommes toujours fiers aujourd’hui. » Une affirmation qui sonne comme une provocation face à la réalité judiciaire infligée à Livia Tossici-Bolt et à tant d’autres.
Ce n’est pas un hasard si le vice-président américain J.D. Vance, lors d’un discours à Munich, a pris la défense de Smith-Connor et dénoncé les dérives du gouvernement britannique. Le Département d’État américain, par l’intermédiaire du bureau de la Démocratie et des Droits de l’homme, a déclaré : « Nous suivons cette affaire. Il est important que le Royaume-Uni respecte et protège la liberté d’expression. »
Le fonctionnaire américain Sam Samson s’est même déplacé en Angleterre pour rencontrer Livia Tossici-Bolt et les représentants d’ADF International. Les tensions diplomatiques pourraient s’aggraver : selon le Telegraph, une source proche des négociations commerciales a déclaré que « le différend pourrait faire dérailler les discussions avec la Grande-Bretagne sur les tarifs », estimant qu’« il ne peut y avoir de libre-échange sans liberté d’expression ».
Et pendant ce temps, que fait l’Église d’Angleterre ? Que dit la Conférence épiscopale ? Où sont les déclarations des grands prélats britanniques pour soutenir cette femme catholique, fidèle, qui ose encore croire à la force douce de la vérité ? Silence.Nous sommes à un tournant. Le combat pro-vie n’est pas seulement celui de la défense des enfants à naître. C’est celui, fondamental, du droit d’exister dans l’espace public en tant que chrétien, en tant que témoin du Christ, en tant que citoyen libre.