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Saint André

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"Il quitte beaucoup celui qui ne garde rien pour lui. Il quitte beaucoup celui qui abandonne tout ce qu'il possède"

Apôtre et martyr (+ 62)

En ce 30 novembre, premier dimanche de l’Avent,l’Église célèbre saint André, apôtre et martyr, figure lumineuse de la première génération chrétienne et frère de saint Pierre. Tout, dans sa vie, manifeste une recherche passionnée de Dieu. Originaire de Bethsaïde, sur les rives du lac de Tibériade, il vivait de la pêche avec son frère. Son cœur en éveil avait reconnu dans la prédication de Jean le Baptiste une préparation humble et vigoureuse à la venue du Messie. L’Évangile laisse entendre qu’il reçut le baptême de pénitence, devenant l’un des disciples du Précurseur.

C’est alors que retentit la parole décisive. Lorsque Jean désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu », André comprend et suit le Seigneur pour ne plus le quitter. Avant même d’en porter le titre, il devient apôtre, témoin, messager. Dans un geste fraternel, il conduit son frère Pierre au Christ. Ce trait demeurera le sien. André est l’homme qui relie, qui introduit, qui ouvre les chemins. Lors de la multiplication des pains, il remarque le jeune garçon porteur des cinq pains et des deux poissons. Lorsque des Grecs souhaitent rencontrer Jésus, ils s’adressent spontanément à lui. Son regard sait reconnaître les cœurs en recherche.La tradition rapporte qu’après la Pentecôte, il annonça l’Évangile en Achaïe et qu’il mourut en croix à Patras, scellant son témoignage par sa vie. Au IVᵉ siècle, ses reliques furent transférées à Constantinople, où il devint l’illustre patron du patriarcat. Au XVe siècle, une importante relique rejoignit Rome, avant d’être rendue en 1966 aux Orientaux, signe éloquent du désir de communion entre les Églises.

L’empreinte de saint André demeure vive dans plusieurs nations. L’Ukraine voit en lui le premier évangélisateur de Kiev. L’Écosse le vénère comme saint patron et arbore sa croix sur son drapeau. Ce rayonnement spirituel rappelle combien l’Évangile a franchi les frontières humaines par la fidélité silencieuse de ses premiers témoins.

Chaque année, la fête de saint André devient l’occasion d’un geste fraternel entre Rome et Constantinople. Le 30 novembre 2009, Benoît XVI adressait un message au patriarche œcuménique, transmis à Sa Sainteté Bartholomée I par le cardinal Walter Kasper. Le Pape soulignait que la commémoration du frère de saint Pierre « doit encourager tous les chrétiens à répondre aux grands enjeux du moment, aux problèmes de plus en plus complexes qui se posent à la chrétienté ». Il rappelait les avancées significatives du dialogue et l’approfondissement des liens entre les Églises, tout en reconnaissant la route encore à parcourir.La Commission mixte internationale venait alors d’aborder un thème délicat et décisif, « la mission de l’Évêque de Rome dans la communion ecclésiale du premier millénaire ». Benoît XVI insistait sur une approche prudente et rigoureuse, orientée vers la recherche sincère de formes communes permettant au Successeur de Pierre d’exercer un service d’amour « envers tous et reconnu de tous ». Le dialogue œcuménique ne se limite pas à des discussions théologiques mais s’incarne dans un témoignage commun en faveur de la dignité humaine, de la justice et de la paix. Le Saint-Père invitait les Églises catholique et orthodoxes à collaborer ensemble pour la défense de la création et la sensibilisation des peuples aux responsabilités qui en découlent.

Les Pères de l’Église n’ont pas manqué de méditer sur la force tranquille d’André. Saint Grégoire le Grand, commentant l’Évangile, écrivait avec finesse :
« Rien n’a été promis à Pierre et à André par le Maître. Ils quittent leurs biens. Il nous faut considérer plutôt la volonté que la valeur des biens. Il quitte beaucoup celui qui ne garde rien pour lui. Il quitte beaucoup celui qui abandonne tout ce qu’il possède. Pierre et André abandonnèrent l’essentiel, l’un et l’autre renoncèrent au désir de posséder. »

Ainsi se dessine la figure d’un apôtre dépouillé et disponible. André n’a pas cherché à s’imposer, il a conduit vers le Christ. Il n’a pas revendiqué de place mais a ouvert des chemins. Il est le disciple dont la joie est de faire connaître le Seigneur, premier appelé et toujours serviteur.

Avec Nominis

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