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Saint Édouard le Confesseur

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Sa piété était reconnue, sa générosité constante. Proche des petites gens, attentif aux plus pauvres, il s’efforça de gouverner en chrétien plus qu’en chef de guerre

Roi d’Angleterre (+ 1066)

Saint Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre, demeure une figure singulière de l’histoire chrétienne et politique du XIᵉ siècle. Dernier souverain anglo-saxon avant la conquête normande menée par Guillaume le Conquérant, il incarna un idéal de gouvernement profondément marqué par l’Évangile, parfois au détriment de l’efficacité politique attendue d’un roi de son temps.

Né dans un contexte troublé, au cœur des rivalités pour le trône d’Angleterre, Saint Édouard le Confesseur accéda au pouvoir après des décennies d’instabilité. Les Danois, sous l’autorité du roi Canut, dominaient une partie du royaume, tandis que les héritiers légitimes étaient contraints à l’exil ou éliminés. Édouard lui-même trouva refuge en Normandie avant de revenir en Angleterre et de rétablir la couronne moins par les armes que par la sagesse, la patience et le sens de la réconciliation.

Le souverain avait en horreur le sang versé. Cette répugnance pour la violence, rare dans un monde féodal, contribua à l’affection que lui porta le peuple. Sa piété était reconnue, sa générosité constante. Proche des petites gens, attentif aux plus pauvres, il s’efforça de gouverner en chrétien plus qu’en chef de guerre. Cette attitude favorisa un culte populaire rapide, bien avant sa canonisation.Son règne ne fut pourtant pas exempt de tensions. Les conflits se succédaient entre Gallois et Anglais, entre les partisans d’Harold et ceux de Malcolm en Écosse. Dans ce contexte, Édouard s’attacha à légiférer pour établir une justice plus équitable et renforcer la protection des plus vulnérables. Résidant principalement à Londres et à Westminster, il fit édifier l’abbaye qui devait devenir le cœur spirituel et symbolique de la monarchie anglaise.

Marié à une princesse, il mena avec elle une vie marquée par une union décrite par les chroniqueurs comme intime et paisible, témoignage supplémentaire d’un idéal de pureté et de retenue. Beaucoup soulignèrent cependant qu’Édouard, tout saint qu’il fût, n’était sans doute pas fait pour être roi dans un monde dominé par les ambitions et les luttes de pouvoir.Il mourut le 5 janvier 1066, peu après la dédicace de l’abbaye de Westminster, laissant un royaume fragile qui allait bientôt basculer avec la conquête normande. Son corps fut transféré solennellement en 1163, le 13 octobre, date à laquelle l’Église commémore également sa mémoire.

La liturgie résume avec sobriété l’héritage de ce roi confesseur : à Londres, en 1066, saint Édouard, très aimé de son peuple pour sa remarquable charité, assura la paix à son royaume et veilla avec soin à maintenir la communion avec le Siège romain.

Avec Nominis

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