évêque de Meaux (+ v. 1009)
Au tournant de l’an mil, alors que le royaume des Francs connaît de profondes mutations politiques et ecclésiales, la figure de saint Gilbert se détache dans l’histoire du diocèse de Meaux comme celle d’un pasteur discret et fidèle.Né à Ham, dans le Vermandois, le 30 septembre 950 selon la tradition locale, il commence sa vie ecclésiastique comme chanoine à Saint-Quentin. Formé à l’école du chapitre, il y acquiert la rigueur canoniale et le sens du service liturgique qui marqueront toute son existence. Appelé ensuite à Meaux, il devient archiprêtre, puis archidiacre sous l’épiscopat d’Archanrad.
À la mort de ce dernier, en 995, Gilbert est nommé évêque de Meaux. Les sources anciennes, notamment Dom Toussaints du Plessis dans son Histoire de l’Église de Meaux et Mgr Allou dans sa Chronique des évêques de Meaux, situent son accession à l’épiscopat à cette date.Son gouvernement épiscopal, dont peu d’actes nous sont parvenus, se laisse toutefois entrevoir à travers plusieurs chartes. Il appose son sceau sur des actes en faveur de l’abbaye de Saint-Denis, en 998 puis en 1008. Il signe également une charte du roi Robert en faveur de l’abbaye Saint-Pierre de Melun en 1005. Ces souscriptions témoignent de son insertion dans les réseaux ecclésiastiques et royaux de son temps, et de son soutien aux grandes abbayes d’Île-de-France et du pays chartrain.
Le 12 mars 1005, il procède au partage des biens de l’Église de Meaux entre l’évêque et son chapitre, répondant ainsi à la demande des chanoines. Cette décision, confirmée en 1049 par le pape saint Léon IX, manifeste un souci d’équité et d’organisation stable de la vie canoniale. Les chroniqueurs rapportent qu’à l’approche de la mort, gravement malade, Gilbert fit venir auprès de lui Léothéric, archevêque de Sens, et Fulbert, évêque de Chartres. Ce détail souligne les liens spirituels et ecclésiaux qui l’unissaient aux grandes figures de son époque.
La date de son décès demeure discutée. Dom du Plessis indique le 13 février 1015, tandis que les Bollandistes et le Propre du diocèse de Meaux retiennent les années 1009 ou 1010. La tradition locale célèbre sa mémoire au 13 février 1009. Il fut enseveli dans sa cathédrale, devant le maître-autel.Plusieurs miracles auraient été rapportés à son tombeau, attestant la vénération populaire dont il fit l’objet. Ses reliques furent pillées par les Huguenots en 1562, lors des troubles qui marquèrent durement les églises du royaume.Le Martyrologe local résume en peu de mots l’héritage spirituel de ce pasteur de l’an mil, à Meaux, en 1009, saint Gilbert, évêque, qui donna l’exemple d’une parfaite humilité.
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