Fondateur et éducateur (+ 1888)
Saint Jean Bosco, que l’Église et le peuple chrétien connaissent sous le nom de Don Bosco, est l’une des grandes figures de la sainteté moderne. Prêtre, éducateur et fondateur, il a consacré toute sa vie aux jeunes les plus pauvres, devenant pour eux un père, un guide et un témoin inlassable de la Providence. Fondateur de la Société de Saint-François-de-Sales et, avec sainte Marie-Dominique Mazzarello, de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, il mourut à Turin en 1888, épuisé par le don total de lui-même.
Saint Jean Bosco naît le 16 août 1815 à Castelnuovo d’Asti, dans le Piémont, au sein d’une famille de pauvres paysans. Son père meurt alors qu’il n’a que deux ans, laissant sa mère, Marguerite Bosco, seule pour élever ses enfants dans une pauvreté rude mais profondément chrétienne. Cette mère courageuse, au caractère ferme et au cœur croyant, marquera durablement la vocation de son fils. Très tôt, Jean apprend que la foi se vit dans le travail, la confiance en Dieu et l’attention aux plus faibles.
Dès l’adolescence, Jean Bosco manifeste une attention particulière pour les jeunes livrés à eux-mêmes. Il utilise ses talents d’acrobate, de jongleur et de conteur pour attirer les enfants turbulents de son village, non pour les divertir seulement, mais pour leur transmettre une éducation morale et chrétienne.
Derrière les jeux et les tours se trouvent toujours la prière, le catéchisme et l’appel à une vie droite. Déjà se dessine son intuition fondamentale, rejoindre les jeunes là où ils sont pour les conduire vers Dieu.Après un long chemin semé de sacrifices et d’obstacles matériels, Jean Bosco est ordonné prêtre en 1841. Il est alors envoyé à Turin, ville industrielle en pleine expansion, où il découvre la misère morale et sociale de milliers de jeunes ouvriers abandonnés, sans famille, sans formation, souvent promis à la prison ou à la rue. Don Bosco comprend que ces jeunes n’ont pas d’abord besoin de condamnations ou de discours, mais d’une présence aimante, d’un lieu où ils se sentent attendus et respectés.
Il commence humblement, un oratoire improvisé, quelques jeux, un temps de prière, des confessions. Puis viennent un patronage, un centre d’accueil, des ateliers pour apprendre un métier. Rien n’est planifié à l’avance. Tout naît des besoins concrets et urgents. Jamais Don Bosco ne refuse un jeune, même lorsque la maison est trop petite ou que l’argent manque. Lorsqu’il n’y a plus rien, il sourit et s’en remet à Dieu. Sa confiance absolue en la Providence ne sera jamais déçue. Comme il aimait à le rappeler avec simplicité, la Providence trouve toujours un chemin.Autour de lui se forme rapidement une véritable famille. Ses « enfants », comme il les appelle, seront bientôt des centaines, puis des milliers. Ils l’aiment d’un amour filial, prêts à tout pour celui qui leur a rendu la dignité et l’espérance. Pour l’aider, sa mère, Maman Marguerite, vient s’installer près de lui. Jusqu’à sa mort, elle sera le cœur discret de l’oratoire, cuisinant la polenta, réparant les vêtements, consolant les plus fragiles. Sa présence maternelle donne à l’œuvre de Don Bosco une chaleur humaine exceptionnelle.
Très marqué par la spiritualité de saint François de Sales, Don Bosco développe une pédagogie originale, fondée sur la douceur, la confiance et l’amour.
Il refuse toute violence éducative et privilégie ce qu’il appellera plus tard le système préventif, basé sur la raison, la religion et l’affection. Pour lui, on éduque en aimant, en accompagnant, en faisant confiance, et surtout en donnant de la joie. Le chrétien triste n’est pas crédible à ses yeux.Pour assurer la pérennité de son œuvre, Don Bosco fonde pour les garçons l’Oratoire de Valdocco, qui donnera naissance à la congrégation des prêtres salésiens. Pour les jeunes filles, avec sainte Marie-Dominique Mazzarello, il fonde l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, destiné à former chrétiennement et professionnellement les jeunes femmes les plus pauvres. Ces fondations se répandront rapidement bien au-delà de l’Italie.
Épuisé par le travail, souvent incompris, y compris par son évêque qui ne saisissait pas toujours l’ampleur de son œuvre, Don Bosco meurt à Turin le 31 janvier 1888, entouré de ses disciples. Il laisse derrière lui une fécondité spirituelle immense, déjà visible de son vivant.Béatifié le 2 juin 1929 et canonisé le 1er avril 1934, il est proclamé en 1988 par saint Jean-Paul II « Père et maître de la jeunesse ». Son héritage demeure d’une étonnante actualité. Le salésien, disait-il, saisit les valeurs du monde et refuse de gémir sur son temps. Il retient tout ce qui est bon, surtout ce qui touche le cœur des jeunes. À l’école de Don Bosco, l’Église continue d’apprendre que l’éducation est avant tout une œuvre d’espérance, de patience et de sainteté vécue au quotidien.


