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Saint Nicolas de Myre

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Dans l’imaginaire populaire, « le bon saint Nicolas » est devenu une figure familière. Patron des enfants en Occident et des Russes en Orient, il est souvent considéré comme l’ancêtre lointain du Père Noël

Évêque de Myre (+ v. 350)

Né en Asie Mineure au tournant du IVᵉ siècle, saint Nicolas fut évêque de Myre et participa au concile de Nicée en 325. De sa vie historique, les sources demeurent discrètes. Pourtant, sa mémoire et les traditions qui l’entourent ont traversé les siècles, nourries par la réputation de sa bonté envers les pauvres, les marins et les enfants.Son tombeau, d’abord situé à Myre, devint un lieu de pèlerinage majeur. Au XIᵉ siècle, des marins de Bari transportèrent ses reliques en Italie pour les protéger, donnant naissance à un sanctuaire qui demeure aujourd’hui encore un centre de dévotion important. Ce transfert, loin d’éteindre le culte d’Orient, inaugura une tradition de rencontres : chaque année, des délégations orthodoxes, en particulier venues de Russie, rejoignent les pèlerins catholiques en une célébration marquée par l’esprit œcuménique.

Dans l’imaginaire populaire, « le bon saint Nicolas » est devenu une figure familière. Patron des enfants en Occident et des Russes en Orient, il est souvent considéré comme l’ancêtre lointain du Père Noël. Son héritage demeure vivant, tissé de récits, de traditions locales et de dévotions profondément enracinées.

En Lorraine, saint Nicolas occupe une place singulière. Sa fête y est considérée comme obligatoire, et la basilique de Saint-Nicolas-de-Port conserve une relique rapportée de Bari par le chevalier Aubert. Trente-six églises ou chapelles du diocèse de Metz portent son nom, dont celle de Munster est la plus connue. La joie des célébrations et la ferveur populaire s’y mêlent volontiers, rappelant l’ancien patronage de saint Nicolas sur les filles à marier, les prisonniers et les navigateurs.

Les légendes qui entourent le saint reflètent des valeurs constantes : l’assistance aux plus pauvres, la fidélité au Christ, l’intercession dans les épreuves. Ainsi, la tradition de la dot offerte secrètement à trois jeunes filles trop pauvres pour se marier demeure connue, tout comme l’épisode du seigneur de Réchicourt miraculeusement libéré de ses chaînes.Les images populaires, représentant souvent des enfants sortant d’un tonneau, trouvent leur origine dans un symbole marin. On rappelle volontiers qu’à l’origine, il s’agissait d’un bateau, signe de protection pour les navigateurs. Au fil des siècles, l’interprétation iconographique a évolué, nourrissant un imaginaire plus enfantin, sans trahir pour autant la figure de l’évêque bienveillant.Dans la liturgie orientale, saint Nicolas est célébré le 9 mai. La piété orthodoxe lui associe une prière touchante, qui traduit la confiance des fidèles dans son intercession, au cœur des tempêtes de la vie :

« Délivre-nous de toutes nécessités, ô saint Père, par tes prières auprès du Seigneur. O saint pontife Nicolas, port tranquille où trouve un abri quiconque réclame ton secours au milieu de la tempête, prie le Christ qu’il daigne déployer pour nos âmes sa grande miséricorde. »Cette tradition rappelle que la figure de saint Nicolas demeure d’abord celle d’un pasteur, évêque attentif à son peuple, dont la charité fut récompensée, selon la mémoire chrétienne, par de nombreux miracles.

Au-delà des fêtes populaires et des souvenirs d’enfance, la dévotion à saint Nicolas continue d’unir catholiques et orthodoxes, marins et voyageurs, familles et paroisses. Son nom s’inscrit aujourd’hui encore au cœur de l’Europe chrétienne, comme un lien vivant entre l’histoire, la foi et la charité.

Avec Nominis

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