Martyr à Rome vers la fin du IIIᵉ siècle, Saint Sébastien compte parmi les figures les plus connues du martyrologe romain. Originaire de Milan selon le témoignage de Saint Ambroise, il se rendit à Rome à une époque marquée par de violentes persécutions contre les chrétiens. Officier dans l’armée de l’empereur Dioclétien, il occupait une position élevée qui lui permettait de circuler librement et d’exercer une influence discrète au sein de la cour impériale.La tradition ancienne rapporte que Saint Sébastien mit cette position au service des chrétiens persécutés. Il aurait soutenu moralement ceux qui étaient emprisonnés pour leur foi, les exhortant à demeurer fermes dans leur témoignage, et aurait contribué à encourager des conversions, parfois jusque dans les milieux proches du pouvoir. Cette activité, menée dans la discrétion, finit par être découverte. Sommée de renier sa foi en sacrifiant aux dieux de l’Empire et à la personne de l’empereur, Sébastien refusa, un geste alors interprété comme une désobéissance politique autant que religieuse.
Condamné à mort, il fut attaché à un arbre et livré aux tirs de ses propres soldats. La tradition hagiographique rapporte qu’il survécut à cette première supplice et fut recueilli et soigné par une chrétienne, Irène. Rétabli, il choisit de se présenter de nouveau devant l’empereur pour lui reprocher les persécutions infligées aux chrétiens. Cet acte de courage lui valut une seconde condamnation, cette fois définitive, et il fut mis à mort par bastonnade. Son corps fut ensuite inhumé sur la voie Appienne, dans le cimetière de Calliste.
Son culte est attesté dès le IVᵉ siècle. Saint Ambroise le mentionne dans ses commentaires sur le psaume 118, soulignant la constance de son témoignage. Le pape saint Damase fit édifier une église au-dessus de sa tombe, qui deviendra l’une des sept principales basiliques de Rome. Les récits détaillés de son martyre, connus sous le nom d’« actes », n’ont toutefois été rédigés qu’au Ve siècle, ce qui conduit les historiens à distinguer les éléments les plus anciens de la tradition liturgique des développements hagiographiques ultérieurs.Avec le temps, le cimetière où il fut enseveli prit son nom. Les catacombes de saint Sébastien, situées sur la Via Appia, demeurent aujourd’hui un lieu de mémoire important du christianisme ancien. En France comme dans d’autres pays d’Europe, de nombreux lieux de culte sont placés sous son patronage, signe d’une dévotion ancienne et largement répandue.
La figure de saint Sébastien a inspiré de nombreuses œuvres artistiques au fil des siècles, en particulier dans la peinture, où son martyre est devenu un motif récurrent. En 1911, Claude Debussy lui consacra une œuvre musicale, Le Martyre de saint Sébastien, illustrant la permanence de cette figure dans la culture occidentale. Depuis le début du XXᵉ siècle, saint Sébastien est également invoqué comme patron des sportifs. Cette dévotion s’est développée avec l’essor du sport professionnel, en mettant en avant sa constance face à l’épreuve et, de manière symbolique, son association traditionnelle avec l’arc et les flèches.
Avec Nominis


