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Saint Valentin

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Il ne s’agissait pas d’instaurer une fête romantique, mais d’enraciner le peuple chrétien dans le témoignage d’un martyr

Martyr et évêque de Terni… (+ v. 269)

Au cœur du mois de février, alors que le monde célèbre l’amour avec éclat, l’Église fait mémoire d’un pasteur dont le témoignage plonge ses racines dans les premiers siècles du christianisme. Saint Valentin, évêque de Terni, aurait subi le martyre vers l’an 269, à Rome, sur la voie Flaminienne, près du pont Milvius.Selon la tradition, il était évêque de Terni, en Italie, et jouissait d’un grand renom de thaumaturge. Sa réputation de guérisseur et son zèle pastoral l’amenèrent à exercer son ministère auprès des chrétiens emprisonnés pour leur foi. Un miracle, dit-on, révéla publiquement son identité chrétienne. Le préfet de Rome ordonna alors son exécution. Celui qui avait mis ses pouvoirs de prêtre et ses talents de médecin au service des persécutés fut flagellé puis décapité.

Une autre tradition rapporte que l’empereur Claude II aurait voulu interdire le mariage afin d’envoyer davantage d’hommes à la guerre. Apprenant que Valentin mariait des chrétiens, le préfet Placide le fit arrêter et mettre à mort sur la Via Flaminia.Le 15 février, les Romains célébraient le dieu païen Faunus Lupercus lors des Lupercales, fête marquée par des rites liés à la fécondité et parfois à la débauche. En 495, le pape Gélase Ier décida de donner un relief particulier à la mémoire de saint Valentin, contribuant ainsi à effacer progressivement cette célébration païenne.

Il ne s’agissait pas d’instaurer une fête romantique, mais d’enraciner le peuple chrétien dans le témoignage d’un martyr. La transformation culturelle fut progressive, et la dernière grande fête païenne de Rome disparut peu à peu.Au fil des siècles, différentes légendes médiévales se sont entremêlées, contribuant à faire de saint Valentin le patron des amoureux. Cette attribution tardive s’appuie notamment sur la tradition des mariages célébrés malgré les interdits impériaux.

Mais le patronage de saint Valentin ne se limite pas aux couples. Il est également invoqué comme protecteur de la jeunesse, des épileptiques, des voyageurs et des apiculteurs. Son culte s’est largement diffusé en Europe, donnant lieu à des expressions populaires parfois éloignées de ses origines chrétiennes. En 1831, sous le pontificat de Grégoire XVI, un corps fut découvert dans les catacombes de Saint-Hippolyte, portant l’inscription « Valentinus in pace ». Identifié comme celui de Valentin de Terni, jeune prêtre thaumaturge d’environ dix-huit ans selon la tradition, il fut honoré comme martyr.Depuis plus d’un siècle, des reliques de saint Valentin sont conservées en l’église Saint-Remy de Montignies-sur-Sambre, en Belgique, où les fidèles viennent encore se recueillir.À Rome, sur la voie Flaminienne, près du pont Milvius, l’Église rappelle sobrement sa mémoire : saint Valentin, martyr. Derrière les fleurs et les déclarations, demeure le témoignage d’un pasteur fidèle jusqu’au sang, témoin de la charité du Christ face à la persécution.

Avec nominis

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