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Sainte Adélaïde

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Chef d’État respectée, elle demeure surtout une chrétienne attentive. Sa charité envers les pauvres, sa générosité envers les églises et son souci des communautés religieuses témoignent d’une foi vécue dans l’action

impératrice et servante de l’Église (+ 999)

Figure majeure de la chrétienté médiévale, sainte Adélaïde, parfois appelée Alice, traverse l’histoire européenne comme une femme de pouvoir habité par la foi. Reine d’Italie, puis reine d’Allemagne, elle devient impératrice du Saint Empire romain germanique par son mariage avec Otton Ier, alors qu’elle est déjà veuve du roi d’Italie. Cette union, au-delà de l’alliance politique, marque l’entrée d’Adélaïde au cœur de la construction chrétienne de l’Occident.À la mort d’Otton Ier, l’impératrice ne se retire pas. Elle assume la régence durant cinq années pendant l’enfance d’Otton II, puis de nouveau lors de la minorité d’Otton III. Ces périodes sont éprouvantes, marquées par les luttes de pouvoir, les oppositions et l’incompréhension. Pourtant, Adélaïde fait preuve d’une fermeté sereine, puisant dans sa foi la force de surmonter les épreuves. Son gouvernement se distingue par le sens de la justice, la recherche du bien commun et une attention constante aux plus faibles.

Chef d’État respectée, elle demeure surtout une chrétienne attentive. Sa charité envers les pauvres, sa générosité envers les églises et son souci des communautés religieuses témoignent d’une foi vécue dans l’action. Soutien résolu du monachisme clunisien, elle contribue à l’essor spirituel et culturel de l’Occident, convaincue que la réforme de l’Église passe par la prière, la vie monastique et la beauté du culte rendu à Dieu.Les trois dernières années de sa vie sont entièrement consacrées au service de l’Église et des pauvres. Elle les vit dans une forme de dépouillement intérieur, fidèle à cette gravité douce et à cette dignité lumineuse que ses contemporains lui reconnaissaient. Elle meurt en 999 à Seltz, près de Strasbourg, lors d’un voyage vers l’un des nombreux monastères qu’elle avait fondés ou soutenus.

À l’abbaye de Seltz, sa naissance au ciel est accueillie comme l’achèvement d’une vie donnée. Sainte Adélaïde laisse le souvenir d’une impératrice au cœur humble, capable d’unir l’exercice du pouvoir à l’exigence évangélique, et de servir la civilisation chrétienne sans jamais perdre de vue les pauvres, l’Église et la paix.

Avec nominis

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