Martyre (+ v. 304)
La tradition chrétienne atteste qu’au début du IVᵉ siècle, à Rome, une jeune fille d’environ treize ans mourut volontairement pour sa foi en Jésus-Christ. Les sources anciennes situent son martyre autour de l’an 304, durant les dernières persécutions de l’Empire romain. Très rapidement, la nouvelle se diffusa parmi les communautés chrétiennes, suscitant à la fois indignation devant la cruauté des bourreaux et compassion pour cette victime si jeune.Son identité précise se perdit avec l’éloignement géographique et le passage du temps. Son nom, Agnès, s’imposa progressivement dans la tradition. Issu du grec Agnê, il signifie « pure », « intègre », une étymologie que les Pères de l’Église ont rapprochée de son témoignage de foi et de chasteté.
Les récits de son supplice varient selon les régions. En Occident, la tradition rapporte qu’elle fut décapitée. En Orient, d’autres sources évoquent son enfermement dans un lupanar, d’où elle serait sortie indemne avant d’être mise à mort par le feu. Les historiens reconnaissent aujourd’hui le caractère légendaire de certains détails. Un fait demeure cependant central, une très jeune Romaine choisit de sacrifier la vie terrestre qui s’ouvrait à elle plutôt que de renier sa foi.
Saint Ambroise, écrivant environ soixante-dix ans plus tard, souligne dans De Virginibus que la martyre offrit au Christ un double témoignage, celui de la chasteté et celui de la foi. Son enseignement a largement contribué à fixer la place de Sainte Agnès dans la mémoire chrétienne.La jeune martyre fut ensevelie sur la voie Nomentane, dans ce qui est aujourd’hui connu comme les catacombes de Sainte-Agnès. À proximité s’élève la basilique de Sant’Agnese fuori le Mura, édifiée en son honneur et ornée de mosaïques rappelant son témoignage.Chaque année, le 21 janvier, jour de sa mémoire liturgique, une tradition romaine rappelle le lien symbolique entre son nom et l’agneau, image de pureté et de sacrifice. Ce jour-là, le pape bénit des agneaux dont la laine servira à confectionner les palliums remis aux nouveaux archevêques métropolitains lors de la solennité des saints Pierre et Paul. Ces agneaux sont élevés par les trappistes de l’abbaye des Trois Fontaines, tandis que les palliums sont tissés par les religieuses de Sainte-Cécile au Trastevere. Le pallium demeure le signe visible de la communion particulière entre les pasteurs d’une province ecclésiastique et le Souverain Pontife.
La liturgie résume ainsi la figure de Sainte Agnès, vierge et martyre, qui triompha à la fois de son jeune âge et de la violence du persécuteur, gagnant l’admiration des peuples et, selon la foi de l’Église, une gloire plus grande encore auprès de Dieu.En ce même jour, les Églises d’Orient font mémoire de Saint Maxime le Confesseur, rappelant par ses écrits que la fidélité à la foi ne saurait s’accommoder de compromis avec la conscience, une exigence que le témoignage de Sainte Agnès continue d’illustrer à travers les siècles.
Avec Nominis


