Vierge à Paris (+ v. 500)
Née à Nanterre vers l’an 420, Sainte Geneviève demeure l’une des figures spirituelles majeures de l’histoire chrétienne de Paris et de sa région. Très tôt remarquée pour sa piété et sa maturité spirituelle, elle attire l’attention de saint Germain d’Auxerre, alors de passage à Nanterre. Âgée de sept ans, Geneviève reçoit de lui la consécration à Dieu, engagement qu’elle vivra non pas dans le retrait monastique, mais au cœur du monde, au service de la cité.C’est dans ce contexte laïc et urbain que se déploie une vocation singulière, marquée par la prière, l’ascèse et une présence constante auprès des plus pauvres. Sa notoriété s’accroît particulièrement en 451, lorsque la menace des Huns jette la population parisienne dans la panique. Tandis que beaucoup envisagent la fuite, Geneviève exhorte les habitants à demeurer dans la ville et à se tourner vers Dieu. Paris sera finalement épargnée, événement qui contribuera durablement à sa réputation de femme inspirée et protectrice.
Quelques années plus tard, lors du siège de la ville par les Francs, Geneviève se distingue à nouveau par son sens pratique et son courage. Elle parvient à franchir les lignes ennemies en empruntant la Seine afin d’aller chercher du ravitaillement jusqu’à Troyes, permettant ainsi de soulager la population affamée. Cette capacité à unir foi et action concrète marque profondément la mémoire collective.
Progressivement, Geneviève gagne la confiance des rois francs, auprès desquels elle intercède en faveur des condamnés, obtenant à plusieurs reprises des grâces et des libérations. Elle entretient également une relation spirituelle étroite avec sainte Clotilde, future épouse de Clovis, participant ainsi, par son influence morale, à l’enracinement chrétien du pouvoir franc.La renommée de sainte Geneviève dépasse rapidement les frontières de la Gaule. Jusqu’en Syrie, saint Syméon le Stylite, retiré sur sa colonne, se recommande à ses prières, signe de l’autorité spirituelle qui lui est reconnue dans l’ensemble de la chrétienté.
Tout au long de sa vie, Geneviève se consacre au secours des pauvres, au soin des malades et à la prière pour la paix de la cité. Elle meurt à Paris vers l’an 500. Sa sépulture devient rapidement un lieu de vénération, et sa mémoire demeure étroitement liée à la ville dont elle est reconnue comme la patronne, ainsi qu’au diocèse de Nanterre où elle vit le jour.Figure de fermeté paisible et d’autorité morale, sainte Geneviève est aussi proposée comme modèle à ceux qui exercent une mission de protection et de maintien de l’ordre. Par un décret du 18 mai 1962, saint Jean XXIII l’a solennellement désignée patronne de la Gendarmerie nationale, en raison de son rôle de gardienne de la paix civile et de son sens du service du bien commun, qualités que le pape avait pu apprécier lors de son séjour comme nonce apostolique à Paris.
Dans le calendrier liturgique de l’Église, la fête de sainte Geneviève est fixée au 3 janvier, date de sa mort, comprise comme sa naissance au ciel. Toutefois, pour des raisons pratiques liées aux rassemblements officiels, la Gendarmerie célèbre sa patronne le 26 novembre, jour de la fête de Sainte Geneviève des Ardents. Cette commémoration fut instituée par pape Innocent II en 1130, en mémoire des guérisons attribuées à l’intercession de la sainte lors d’une épidémie de peste à Paris, date qui fait écho aux origines parisiennes de cette institution.
Ainsi, à quinze siècles de distance, sainte Geneviève demeure une figure de référence pour l’Église et pour la cité, témoin d’une foi vécue dans l’action, la fidélité et le service du prochain, au cœur même des épreuves de l’histoire.
Avec Nominis


