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Sainte Louise de Marillac

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Plus de trois siècles après sa mort, sainte Louise de Marillac demeure ainsi une figure majeure de la charité chrétienne et un modèle pour ceux qui consacrent leur vie au service des plus pauvres

Fondatrice des Filles de la Charité (1591-1660)

L’Église fait mémoire, le 15 mars, de sainte Louise de Marillac, grande figure de la charité chrétienne au XVIIᵉ siècle et cofondatrice, avec saint Vincent de Paul, de la Compagnie des Filles de la Charité. Sa vie fut marquée par les épreuves personnelles, mais aussi par un engagement remarquable au service des pauvres, des malades et des enfants abandonnés. Louise de Marillac naît en 1591 dans une situation fragile. Fille naturelle d’un grand seigneur, elle ne grandit pas dans un cadre familial ordinaire. Elle est confiée très jeune aux religieuses dominicaines de Poissy, où elle reçoit une formation solide, intellectuelle et spirituelle.

Elle appartient par sa famille au milieu de la haute administration royale. Elle est la nièce du chancelier Michel de Marillac et du maréchal Louis de Marillac. Tous deux seront arrêtés après la « Journée des Dupes », le 10 novembre 1630, épisode marquant du règne de Louis XIII, puis condamnés par le cardinal Richelieu. Ce contexte politique et familial difficile marque les premières années de sa vie. En 1613, elle épouse Antoine Le Gras, un bourgeois parisien. Dès lors, elle est appelée Mademoiselle Le Gras. De ce mariage naît un fils, Michel, dont l’éducation sera pour elle une source constante de préoccupations.

La vie conjugale est brève. À l’âge de trente-quatre ans, Louise devient veuve. Cette épreuve marque un tournant dans son existence et dans sa vie spirituelle. Elle cherche alors à approfondir sa relation avec Dieu et à discerner sa vocation. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre saint Vincent de Paul.La rencontre avec le prêtre constitue un moment déterminant. Louise de Marillac est profondément touchée par la charité active de saint Vincent de Paul et par l’ampleur de son engagement auprès des pauvres.

Elle devient rapidement sa collaboratrice dans l’organisation des œuvres de charité. Ensemble, ils structurent et développent plusieurs initiatives destinées à secourir les plus démunis. En 1633, ils fondent la Compagnie des Filles de la Charité, appelée communément les Sœurs de Saint Vincent de Paul. Louise de Marillac en devient la supérieure. Sous son impulsion, les Filles de la Charité se consacrent à de nombreuses œuvres de miséricorde. Elles ouvrent des petites écoles pour les fillettes pauvres, organisent l’accueil et l’éducation des enfants abandonnés, visitent les malades pauvres à domicile et viennent en aide aux galériens.

L’action de Louise de Marillac repose sur une conviction spirituelle profonde. L’homme est créé à l’image de Dieu et racheté par le sang du Christ. Servir les plus pauvres revient donc à servir le Seigneur lui-même. Elle consacre toute son énergie à cette mission et, comme saint Vincent de Paul, elle s’épuise dans le service. Elle meurt à Paris le 15 mars 1660. Son corps repose aujourd’hui au 140 rue du Bac.

La figure de Louise de Marillac est progressivement reconnue par l’Église. Elle est béatifiée en 1920 puis canonisée le 11 mars 1934 par le pape Pie XI. Le 10 février 1960, le pape saint Jean XXIII la proclame patronne de tous les travailleurs sociaux chrétiens. Traditionnellement célébrée le 15 mars, sa fête liturgique a été déplacée au 9 mai dans le calendrier vincentien afin d’éviter le temps du Carême. Cette date correspond à l’anniversaire de sa béatification.En rendant hommage à sainte Louise de Marillac, le pape rappelait le rôle qu’elle joua auprès de saint Vincent de Paul, qui lui confia l’animation et la coordination des Charités. Il invitait aussi à redécouvrir « cette finesse et cette délicatesse de la miséricorde qui ne blesse jamais ni n’humilie personne mais qui relève, redonne courage et espérance ».

Avec nominis

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