Princesse hongroise, moniale dominicaine (+ 1270)
En ce dimanche 18 janvier, l’Église fait mémoire de sainte Marguerite de Hongrie, figure saisissante de la sainteté médiévale, où la ferveur mystique se conjugue à une radicalité évangélique peu commune.Née en 1242, fille du roi Béla IV de Hongrie et d’une princesse byzantine, Marguerite est vouée à Dieu dès son enfance. Ses parents, marqués par les ravages des invasions tartares, offrent leur fille en action de grâce pour la libération du royaume. Très jeune, elle est confiée aux moniales dominicaines, d’abord au monastère de Veszprém, puis près de Bude, l’actuelle Budapest.
Elle fait profession religieuse à douze ans et reçoit le voile à dix-neuf ans. Dès lors, sa vie est entièrement donnée au Christ. Au sein du monastère, la princesse renonce à tout privilège. Elle recherche volontairement les tâches les plus humbles et les plus pénibles, se distinguant par une pauvreté volontaire et joyeuse. L’argent que lui remet son frère, le roi Étienne V, est intégralement redistribué aux pauvres.
Éprise d’ascèse, Marguerite mène une vie de pénitence d’une intensité exceptionnelle. Bien au-delà des exigences de la règle dominicaine, elle choisit librement de s’unir à la Passion du Christ par de rudes mortifications. Les sources rapportent qu’elle se flagellait, portait des cordes à même la peau, s’imposant des souffrances physiques dans un esprit de réparation et d’offrande. Cette austérité, loin d’être une simple rigueur extérieure, s’enracinait dans une profonde vie intérieure, nourrie par la prière et l’amour du Crucifié.La tradition rapporte qu’en retour de cette offrande totale, sainte Marguerite fut gratifiée de dons mystiques remarquables, confirmant la fécondité spirituelle d’une existence entièrement tournée vers Dieu.Elle meurt en 1270, à proximité de Bude, encore jeune, mais déjà reconnue pour sa sainteté. Son culte ancien sera officiellement confirmé lorsque le pape Pie XII la canonisera le 19 novembre 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, comme un rappel discret mais puissant de la victoire de la grâce au cœur des épreuves de l’histoire.
La figure de sainte Marguerite de Hongrie demeure aujourd’hui un témoignage exigeant, parfois déroutant pour la sensibilité contemporaine, mais profondément enraciné dans la foi de l’Église. Elle rappelle que la sainteté, sous des formes diverses selon les époques, naît toujours d’un abandon sans réserve au Christ crucifié.
Avec nominis


