Par Stéphane Brosseau
Après la découverte de son contexte d’édification et sa description extérieure, entrons…
En se plaçant vers le milieu de la nef, on observe sur le sol une ligne continue allant de la chapelle du Sacré-Cœur à celle dite de Montigny. Il s’agit d’une méridienne, qui date de 1757, et qui fut l’œuvre d’un chanoine mathématicien de Notre Dame de Salle, du nom de Goumet. Elle est en cuivre et suit un axe Sud-Nord. Trois œilletons ont été percés dans les verrières supérieures de telle façon qu’à midi, les rayons du soleil, en les traversant, tombent sur cette méridienne. Contrairement à ce que certains guides prétendent, il ne s’agit pas de la célèbre méridienne de Paris, celle qui commence à Notre-Dame et passerait au milieu de la cathédrale de Bourges ; celle de Paris passe en effet à quelques kilomètres, sur la commune de Bourges, mais plus vers le canal de Berry.

L’horloge astronomique de Bourges, fut conçue en novembre 1424 par Jean Fusoris, un chanoine mathématicien, construite par André Cassart, un serrurier, et offerte aux habitants par Charles VII, le «petit roi de Bourges», pour le baptême de son fils le dauphin (futur Louis XI). Le buffet fut peint par Jean Grangier, dit Jean d’Orléans. Initialement placée sur le jubé de la cathédrale, détruit en 1757, elle fut placée dans le bas-côté droit de la cathédrale juste en entrant par le portail St Étienne jusqu’au XIXe, puis mise de côté dans la crypte. Quel que soit son emplacement, elle rapproche la vie de la mort, et donne la valeur de l’une par rapport à l’autre. Inscrite dans un buffet de bois figurant un beffroi, elle est l’une des plus anciennes horloges après celle de la cathédrale de Beauvais. Son cadran supérieur du XIXe siècle, à deux aiguilles, donne les heures ; le cadran inférieur, astronomique et plus complexe, offre les indications suivantes : le jour dans le zodiaque ; le mouvement mensuel de la lune ; les phases de la lune ; le mouvement annuel du soleil ; la position du soleil dans le ciel. Les clochettes placées au sommet du buffet tintent chaque quart d’heure et sonnent le Salve Regina chaque heure. D’une très grande précision, elle n’a qu’une seconde de décalage pour 150 ans. Elle a connu plusieurs campagnes de restauration, en 1782, 1822, 1841, jusqu’à ce qu’en 1872 on dépose le vieux mécanisme pour le remplacer par un plus basique, dans la partie haute de l’horloge et ne donnant que les heures. Le calendrier zodiacal a été restauré en 1973. En 1986, un incendie causa de graves dommages à l’horloge, ce qui conduisit à un projet de restauration poussée, visant à remettre l’horloge dans son état initial. En 1994, l’horloge fut remise en place, après une restauration complète lors de laquelle on remplaça le mécanisme de 1424 par une copie exacte. Le mécanisme d’origine est conservé et mis en valeur dans la cathédrale. Dans les années 1990, un fac-similé du cadran de l’horloge fut construit, et placé dans l’office de tourisme de la ville. Ses dimensions sont : largeur du buffet : 1,75 m ; profondeur du buffet : 1,75 m ; hauteur du buffet : 6,20 m ; longueur du mécanisme : 1 m ; largeur du mécanisme : 0,85 m ; hauteur du mécanisme : 1,20 m
La cathédrale de Bourges possède un ensemble de vitraux du XIIIe jusqu’au XVIIe siècle, permettant de voir l’évolution de cet art. On a coutume de dire que comme les plus beaux bleus sont à Chartres, les plus beaux rouges sont à Bourges et Clermont-Ferrand. Sa remarquable collection peut être classée en plusieurs catégories :
- les vitraux du premier tiers du XIIIe siècle, comprenant :
- les vitraux légendaires du déambulatoire,
- les vitraux hauts du collatéral intérieur et du chœur,
- les vitraux datant du duc Jean de Berry, à la fin du XIVe siècle,
- les vitraux des chapelles latérales réalisés du XVe au XVIe siècle.

Ces quelques données consacrées aux vitraux dans cet ouvrage ne sont qu’une ébauche très synthétique d’étude sur ces œuvres. La qualité, l’originalité, l’exhaustivité de la technique du vitrail sur plusieurs siècles et la magnificence des détails rendus mériteraient des recherches beaucoup plus approfondies.
Le déambulatoire de la cathédrale Saint-Étienne et les chapelles rayonnantes possèdent une collection de 22 vitraux légendaires datant du XIIIe siècle. Les baies sont numérotées à partir de l’axe de la chapelle axiale. Les baies portant des numéros pairs sont à droite en regardant la chapelle d’axe, les numéros impairs sont à gauche. Ces vitraux sont contemporains des vitraux de Chartres du XIIIe siècle.
Les dix baies du déambulatoire traitent du Christ, annoncé dès l’Ancienne Alliance, de son message et de ses paraboles, de sa fécondité avec l’Église naissante, jusqu’au Jugement dernier :
- Baie no 3 : verrière de la Nouvelle Alliance
- Baie no 4 : histoire de la Passion
- Baie no 5 : histoire de l’Enfant Prodigue
- Baie no 6 : verrière du Jugement dernier
- Baie no 13 : parabole du Bon Samaritain
- Baie no 14 : verrière de l’Apocalypse
- Baie no 15 : histoire de l’invention[i] des reliques de saint Étienne
- Baie no 16 : histoire de la vie de saint Thomas
- Baie no 23 : parabole de Lazare et du mauvais riche
- Baie no 24 : vie du patriarche Joseph

Les douze baies réparties dans les quatre chapelles rayonnantes du déambulatoire par groupes de 3 racontent la vie des saints :
- Première chapelle rayonnante Sud (chapelle Sainte-Catherine) :
Baie no 8 : légende de saint Laurent
Baie no 10 : vie de saint Étienne
Baie no 12 : légende de saint Vincent
- Seconde chapelle rayonnante Sud (chapelle Sainte-Solange) :
Baie 18 : vie de saint Jean-Baptiste
Baie 20 : vie de l’apôtre saint Jean
Baie 22 : vie de l’apôtre saint Jacques le Majeur
La chapelle conserve des chapiteaux romans, mais les vitraux ont été réalisés en 1869 par Nicolas Coffetier.
- Première chapelle rayonnante Nord (chapelle Notre-Dame-de-Lourdes) :
Baie 7 : vie de saint Martin
Baie 9 : légende de Pierre et Paul
Baie 11 : vie de saint Denis
- Seconde chapelle rayonnante Nord (chapelle de la Sainte-Croix) :
Baie 17 : vie de Marie-Madeleine
Baie 19 : vie de saint Nicolas
Baie 21 : vie de Marie l’Égyptienne
Des fragments de vitraux du XIIe siècle subsistent dans les verrières composites des baies 28, 34 et 36. Les verrières subsistantes ont été restaurées à plusieurs reprises. Comme à la cathédrale de Chartres, des vitraux ont été offerts par des corporations de métiers qui ont été représentées en train de travailler. Les vitraux sont alors des témoins de la vie au XIIIe siècle.

La chapelle axiale comporte trois baies – 0, 1 et 2 – décorées de vitraux du XVIe siècle, reprenant peut-être les thèmes traités au XIIIe siècle, et racontant la vie de la Vierge Marie :
Baie 0 : Assomption de la Vierge
Baie 1 : Annonciation
Baie 2 : Adoration des Mages et fuite en Égypte
Dans les parties hautes de la cathédrale, il y a des vitraux à grands personnages des fenêtres hautes du vaisseau central et du collatéral intérieur au droit du chœur à partir de l’abside. Après la cinquième travée à partir de l’abside il n’y a plus que des vitraux en grisaille. Dans les rosaces du collatéral ont été placés des couples de rois musiciens.
Dans la baie 216, placée dans la huitième travée, a été placé un vitrail représentant le couronnement de la Vierge, à la limite de la nef du chœur liturgique.
Les vitraux du grand Housteau, offerts par le duc Jean de Berry, occupent 150m² de la façade occidentale de la cathédrale ; ils ont été refaits par l’architecte du duc de Berry, Guy de Dammartin, à la fin du XIVe siècle.
Dans l’église basse, la Sainte-Chapelle de Bourges a été détruite en 1757. Le gisant du tombeau du duc Jean de Berry y a été déposé. Une partie des vitraux de la Sainte-Chapelle, construite entre 1395 et 1405, y ont été remontés sur cinq baies.
Les vitraux des chapelles latérales

Chapelles du bas-côté Nord
- La chapelle Jacques Cœur a été placée sous la dédicace de saint Ursin. Elle a été construite en 1450-1451 par le maître maçon Colin Le Picart. Le vitrail de l’Annonciation (baie no 25) serait l’œuvre d’Henri Mellein, un peintre verrier attaché à Jacques Cœur. C’est un des chefs-d’œuvre de l’art du vitrail du XVe siècle. Cette chapelle a ensuite servi à la famille de Laubespine. Un tombeau, dont il ne reste plus que trois priants, avait été dessiné par François Mansart.
- La chapelle Trousseau a été fondée par le chanoine Trousseau vers 1403-1404. C’est une des premières chapelles privées de la cathédrale. Le vitrail (baie no 27) a dû être réalisé entre 1404 et 1409. Il représente une Vierge assise avec l’Enfant sur ses genoux. Devant elle, agenouillée et en prière, nous voyons la famille Trousseau, présentée par saint Jacques le Majeur, un saint diacre et une sainte martyre. Depuis 1950, la chapelle est placée sous la protection de sainte Jeanne de France, fondatrice de l’ordre de l’Annonciade.
- La chapelle Du Breuil a été construite entre 1467 et 1468 pour l’archidiacre Jean du Breuil puis décorée à la demande de son frère Martin, chanoine de la cathédrale. Le vitrail de l’Adoration des Rois Mages (baie no 29) a été réalisé entre 1468 et 1479. Le roi Maure est souvent reproduit. Derrière les rois mages, on peut voir saint Jean-Baptiste présentant les donateurs. La chapelle a retrouvé sa décoration murale après la restauration commencée en 1993.
- La chapelle de Bar a été construite vers 1520 par Denis de Bar, évêque de Tulle. Le vitrail de la vie de saint Denis de Paris (baie no 31) est constitué d’un ensemble de tableaux. Comme il est fréquent à cette époque, le vitrail mélange les vies de saint Denis évêque de Paris et de Denys l’Aréopagite qui avait été converti par saint Paul à Athènes. Ce type de vitrail est courant en Champagne au XVIe siècle. Aujourd’hui la chapelle est dédiée à sainte Jeanne d’Arc.
- La chapelle de Beaucaire a été fondée par le chanoine Pierre de Beaucaire (ou Baucaire). La verrière des docteurs de l’Église (baie no 35) est datée de 1454. Elle représente saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et saint Grégoire le Grand. Ce type de représentation se retrouve dans les vitraux de la Sainte-Chapelle de Riom (63) qui sont contemporains. Elle est dédiée à saint Loup.
- La chapelle Fradet, dans la deuxième chapelle latérale sur le côté Nord de la nef, la verrière des Évangélistes (baie no 37) est datée de 1465. La chapelle a été fondée par Pierre Fradet, doyen du chapitre.
- La chapelle des fonts baptismaux, première chapelle sur le flanc Nord de la cathédrale, a pris ce nom au XIXe siècle. Elle s’est d’abord appelée chapelle de Montigny. On y voit le priant du maréchal François de la Grange-Montigny, mort en 1617. La verrière de l’Assomption de la Vierge (baie no 39) date de 1619.

Chapelles du bas-côté Sud
- La chapelle Aligret fut fondée par Simon Aligret (ou Alligret), médecin du duc Jean de Berry, mort en 1415. C’est la plus ancienne chapelle privée fondée dans la cathédrale. La verrière (baie no 30) représente quatre saints : sain Simon, sainte Catherine, saint Hilaire et un saint militaire qui pourrait être saint Julien de Brioude. La chapelle est dédiée aujourd’hui à saint Joseph.
- La chapelle Tullier a été fondée par Pierre Tullier, doyen du chapitre, en 1531-1532. La verrière représente la famille Tullier (baie no 32) agenouillée devant la Vierge, présentée par saint Pierre, saint Jean l’Évangéliste et saint Jacques le Majeur. La représentation de la Vierge reprend un modèle de Raphaël. La verrière a été réalisée par le peintre verrier Jean Lécuyer.
- La chapelle Le Roy fut fondée par Jean Le Roy, seigneur de Contre. Le vitrail (baie no 44) représente les apôtres assistant à l’Assomption de la Vierge. Il a dû être réalisé vers 1472-1475.
- La chapelle Coppin est la première chapelle sur le flanc Sud de la cathédrale. Elle a été fondée en 1517 par le chanoine Pierre Coppin (ou Copin). La confrérie de la Bonne Mort y avait été installée. La verrière (baie no 46) réalisée vers 1535 par Jean Lécuyer représente au registre inférieur le martyre de saint Laurent, et au registre supérieur le martyre de saint Étienne.
Les orgues sont mentionnées dès le début du XVe siècle. Attardons-nous un moment sur le détail de l’histoire de ces orgues, qui montre que cet instrument vit, évolue et n’est jamais figé. Un autre instrument les remplaça en 1487-88. Un petit orgue fut installé au portail Nord dans une arcature du triforium. En 1506, il y avait donc deux orgues, nommées les « grosses orgues » et les « petites orgues ». En novembre 1597, un marché fut passé avec Jean Jallon, puis, en juillet 1598, Gabriel Guyoton dressa l’échafaudage et le charpentier Jean Pinardeau s’occupa de la belle et originale tribune que nous connaissons puis rajouta les deux tourelles qui auraient dû recevoir des tuyaux de pédale de 32 pieds. La réception de cet orgue eut lieu le 18 janvier 1599. Le jour de Pentecôte 1599, le feu dévasta la charpente des bas-côtés et les petites orgues. En 1609, Antoine Joly effectua une réparation coûteuse sur les grosses orgues. En 1613, Jacques Senot installa un nouveau sommier de 10 jeux pour 1200 livres tournois. Afin d’agrandir l’orgue, le Chapitre invita en août 1663 le facteur Guy Joly qui, le 17 septembre, remit son devis de 7500 livres tournois pour faire un orgue de seize pieds. Bernard Perrait ajouta un positif sur la tribune existante. Joly décéda alors en octobre 1664 et il fut remplacé par le parisien Pierre Cauchois, selon un contrat passé le 2 janvier 1665. Le 13 août 1665, Cauchois proposa un ajout accepté. L’expertise de cet instrument eut lieu en septembre 1668 par Nicolas Lebegue qui demanda quelques modifications et Cauchois reçut quittance définitive le 12 novembre suivant.
Pendant la Révolution, Jean-Baptiste Balland, alors en poste, proposa de tenir l’orgue pour rehausser les cérémonies civiques, ainsi il le sauva de la destruction.
En 1818, le Chapitre fit appel au célèbre Pierre-François Dallery pour « reconstruire à neuf » l’instrument pour Pâques 1820. Dallery termina les travaux en février 1821. Balland fut remplacé par Salvator Daniel qui tint l’orgue de 1822 à 1843. En 1824/25, celui-ci put faire réviser l’instrument par Louis Callinet. Un jeune Berruyer, A-M. Bruneau, alors en poste, réceptionna un orgue de chœur construit par la Maison Ducroquet le 18 décembre 1855.
En 1858, la maison Merklin & Schutze obtint un nouveau marché : l’instrument fut inauguré le 30 octobre 1860 par l’organiste de la cathédrale Jules Boissier-Duran. En 1924, Joseph Rickenbach installa une traction électropneumatique et ajouta 17 registres nouveaux. Le facteur Victor Gonzales intervint en 1934, le récital d’inauguration fut donné par André Marchal le 1er novembre, le titulaire étant Paul Claparede. La grande verrière fut démontée en 1939 pour mettre les vitraux à l’abri et remplacée par du verre blanc, puis remontée en 1945. En 1952-54, le grand orgue fut révisé par Robert Boisseau pour la maison Roethinger : le nombre de jeux passa de 51 à 60, la mécanique devint électrique, le gigantisme dépassait tout entendement. Paul Guilloux succéda à Paul Claparède en 1951 et, en 1966, le nouveau titulaire, André Pagenel fit appel à Marie-Claire Alain pour envisager des travaux cohérents, une décision importante fut prise : rendre à cet instrument son caractère classique. Un contrat fut signé en 1985 avec la Maison Alfred Kern & Fils pour la restauration de l’orgue et avec l’Entreprise Fancelli pour celle du buffet, Pierre Lebouteux étant architecte des monuments historiques, le tout pour un montant de 4 500 000 FF. Daniel Kern dirigea entièrement l’entreprise et revint à la conception initiale des facteurs Joly-Cauchois pour le Grand Orgue et le Positif dorsal. Le 3e clavier de récit reprit les jeux de Dallery. La console fut installée en fenêtre. Le tiers de la tuyauterie date du XVIIe siècle, le 4e clavier d’écho est neuf. Le buffet a été remis à sa couleur d’origine. Le nouvel instrument fut inauguré le dimanche 18 mai 1986, monseigneur Pierre Plateau bénit l’instrument par des invocations auxquelles répondit l’orgue. Depuis, l’orgue entièrement restauré retentit sous les voûtes de la cathédrale dans toute sa splendeur et pour notre émerveillement.
2/ Symbolique
La symbolique de Bourges est particulièrement intéressante, par sa cohérence, sa richesse et la profondeur du message qu’elle transmet. Par certains côtés, on peut la comparer à la symbolique d’Albi. En effet, l’Église est traditionnellement comparée à une barque, un navire, une Arche…la cathédrale de Bourges était une tête de proue du domaine capétien face à l’Aquitaine et à l’Angleterre.
Cette cathédrale entend montrer que tous les hommes (6 lancettes dans le Grand Housteau, chaque façade permettant l’accès, à L’Ouest, au Nord et au Sud, est surplombée d’une rose à 6 pétales), vraiment tous, sont appelés à entrer dans ce vaisseau de Lumière, arche à la forme triangulaire en coupe verticale, c’est-à-dire, à entrer dans un univers spirituel (6 tympans triangulaires sur la façade), après avoir gravi plusieurs marches, s’être élevé ; nous sommes invités à entrer dans un monde spirituel parfait (5 porches, donnant sur 5 nefs, arrivant sur les roses à 6 pétales des grandes verrières autour du chœur– il n’y a pas « filtre », tous peuvent arriver au bout du chemin, car ailleurs, on passe souvent de 3 portes à 1 nef ou de 5 à 3) ; nous sommes invités à entrer dans une Arche de Lumière, promise à l’humanité entière (2X12 pétales dans la grande rose – 12 tribus d’Israël ouvertes au monde entier), dès cette Terre (4 petites roses dans le Grand Housteau) en suivant l’exemple du Christ, qui sera présent pour notre jugement dernier, mais aussi de Marie, et des saints, en particulier des martyrs (les porches, les vitraux, l’orientation face au soleil levant le 26 décembre), pour aller dès l’entrée, notre naissance, vers cette promesse de vie renouvelée (8 pétales sur la rosace au sommet du Jugement dernier).
Ainsi, notre temps est compté (les cloches, la méridienne, le soleil et la lune tenus par 2 anges au-dessus du Christ en gloire dans le portail du Jugement dernier, – et l’horloge), c’est pourquoi nous recevons le souffle de Dieu à notre naissance (les orgues), mais aussi son Esprit par le baptême (les fonts baptismaux). Alors, tout membre du peuple de Dieu est appelé à Le rejoindre, dans cette grande Arche bravant les éléments, les vents contraires ; nous sommes plein d’Espérance, car nous avons vu, au sommet d’un escalier sombre, le Christ qui se donne, et fait face aux forces du mal (le pélican en girouette au sommet de la tour).
L’Arche comprend 56 colonnes, soit 7X8, symbolisant que nous sommes appelés à être divinisés (7) et à recevoir la vie éternelle (8). La nef est constituée de 6 travées (l’homme), et la 7e est le sanctuaire, qui n’est que la continuité, la suite logique de nos 6 travées (la récompense de notre course, pour reprendre l’expression de st Paul). La nef est entourée de 12 colonnes de chaque côté, les apôtres, qui nous encadrent, jusqu’au sanctuaire, où là, nous rencontrons le Christ (l’autel, bien sûr, mais aussi les vitraux) ; là, nourris de Dieu, nous devenons divinisés (6 colonnes du sanctuaire en hémicycle et 7 arches), nous regardons vers la Lumière (la chapelle axiale), en passant par Marie et en prenant exemple sur les saints (chapelles du déambulatoire), qui nous accompagnaient déjà sur notre route au quotidien (les chapelles latérales Nord et Sud, les représentations des corporations de métiers). A présent, ils veillent sur nous, dans la commune-union des saints, sur les vivants et les morts (la crypte).
La cathédrale saint Étienne de Bourges est donc symbole de la puissance de la religion chrétienne dans la France du Moyen Âge ; véritable Arche de la Jérusalem céleste, rassemblant tout le peuple de Dieu, elle est d’une beauté éblouissante, résultant de l’organisation ingénieuse d’un espace aux proportions harmonieuses et d’une décoration de la plus haute qualité.
[i] Une invention de reliques, en latin inventio reliquarum, est un récit portant sur la découverte ou la redécouverte souvent « miraculeuse » d’ossements d’un saint, martyr ou non (singulièrement, en Palestine, un prophète), ou d’un objet qui a touché ce saint, notamment le brandeum, linceul entourant le saint ou linge mis volontairement au contact de la relique. Le mot « invention », du latin inventio, est ici à prendre dans le sens de « découverte », comme pour les mises au jour de vestiges divers, le verbe latin invenire signifiant trouver en français.
A ECOUTER : https://radiomaria.fr/nos-cathedrales/


