Par le Père Edouard Divry* dominicain de la Province de Toulouse
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et inquiètent. Il y a d’abord le constat d’un effondrement de moitié du nombre de prêtres en France métropolitaine : 25300 (19200 diocésains) prêtres actifs en 2000 qui ne sont plus que 12000 (8950 diocésains) en 2023-25.
À côté, se trouve une FSSPX (Fraternité saint Pie X), désunie avec l’ensemble de l’Église catholique, qui augmente : 680 prêtres avec 220 séminaristes en formation et 61 nouveaux séminaristes en 2020. On les appelle intégristes ou traditionalistes (pratiquant la forme extraordinaire du rite, bien sûr en latin, mais refusant la réforme de Benoît XVI sur la prière du Vendredi Saint).
Au centre, se trouvent des « néo-classiques » – c’est ainsi que certains se nomment – en soutane, la Communauté St-Martin (forme ordinaire du rite, en latin) et la Fraternité St-Pierre (forme extraordinaire du rite) en croissance eux aussi. La Communauté St-Martin, fondée en 1976 par l’abbé Guérin et dirigée actuellement par don Paul Préaux double en peu de temps. En 2019 ils sont 109 prêtres et diacres, en 2023 185, en 2026 ils sont 208 prêtres et diacres. On les appelle parfois, avec humour, les « commandos en soutane ». Pareil, la Fraternité Saint-Pierre s’affirme en croissance : aujourd’hui 387 prêtres (30 diacres), 162 séminaristes.
Les courbes sont encore loin de se croiser avec celle hexagonale, la première, mais la tendance est là tout comme la multiplication des centres orthodoxes byzantins désunis, en France ou aux États-Unis. Sans doute un fidèle ressent, parfois à tort, qu’il se trouve chez les orthodoxes désunis « un accord avec le futur qu’on trouve dans le passé » (Paul Evdokimov).
Que dire à celui qui se veut traditionnaliste ? Il convient d’abord d’éclairer le concept.
I Quelle réponse donner à chacun sur la Tradition ?
En tant que catholiques, nous ne sommes pas traditionalistes mais traditionnels par “l’ADN” même transmis au baptême (cf. Mt 28, 20). L’Église est Tradition par essence. La Parole de Dieu, révélée donc, qui anime l’Église est à la fois Tradition et Écriture : « C’est pourquoi l’une et l’autre [Tradition et Écriture] doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment d’amour et de respect » (Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, n. 9). Tradition et Écriture viennent de la même source, la Parole de Dieu. En son temps, saint Thomas l’appelait sacra doctrina[1]: le peuple de Dieu est enseigné par Dieu qui se révèle à lui, c’est une révélation salutaire.
Pertinemment le sacro-saint Concile a l’audace d’ajouter à cette équivalence formelle, par un discernement très inspiré qui peut servir de critère : « Il en résulte que l’Église ne tire pas de la seule Écriture sa certitude sur tous les points de la Révélation » (DV, n. 9)[2]. Il convient de mentionner ici outre le nombre de livres de la Bible, par exemple, le Filioque, le dogme de l’Immaculée conception de la Vierge Marie, et celui de sa virginité perpétuelle[3].
Jésus n’évoque pas la Tradition, mais « la chaire de Moïse » (Mt 23, 2), et de manière critique. La Michnah (מִשְׁנָה) est une tradition orale mise par écrit qui enseigne la « succession enseignante » à partir de Moïse[4]. Mc 7, 8 : « Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » Similairement, comme le canon des règles ecclésiastiques, transmises par les Apôtres, morales ou disciplinaires (cf. 1 Co 4, 17 ; 1 Co 7, 17 ; 1 Co 11, 2 ; 2 Co 10, 15 ; Ga 6, 16 ; 2 Th 3, 10 ; 1 Tm 5, 21), se sont ajoutées, à la différence du judaïsme, des règles doctrinales plus nombreuses : « règle de doctrine (typon didachès) » (Rm 6, 17), le canon des Écritures s’est assez vite imposé à l’Église primitive : le canon Muratori est découvert au XVIIIe s., qui atteste la réception à Rome, vers 180, des textes cités, ceux des Écritures actuelles avec de très légères variantes[5].
Qu’est-ce encore que la Tradition ?
Après le témoignage de l’Écriture elle-même (cf. 1 Co 11, 2 ; 2 Th 2, 15 ; 3, 6) et en opposition avec une « tradition toute humaine » (cf. Col 2, 7)[6], rapidement les Saints Pères ont parlé de la Tradition apostolique, tel saint Irénée de Lyon († vers 202), de manière positive :
« La tradition des Apôtres, manifeste dans le monde entier, se montre dans chaque Église à tous ceux qui veulent voir la vérité et nous pouvons énumérer les Évêques établis par les Apôtres dans les Églises et leurs successeurs jusqu’à nous… (Les Apôtres) voulurent, en effet, que soient absolument parfaits et irrépréhensibles en toute chose ceux qu’ils laissaient comme leurs successeurs, en leur transmettant leur mission d’enseignement. Si ceux-ci avaient correctement compris, ils en auraient tiré un grand profit ; si, en revanche, ils avaient échoué, ils en auraient tiré un très grand dommage » (Adversus haereses, III, 3, 1 : PG 7, 848).
« Selon cet ordre et cette succession est parvenue jusqu’à nous la tradition qui est dans l’Église depuis les Apôtres et la prédication de la vérité. Il s’agit là de la preuve la plus complète que la foi vivifiante des Apôtres est une seule et la même, ayant été conservée et transmise dans la vérité » (ibid., III, 3, 3: PG 7, 851).
En somme « la Tradition n’implique et même ne supporte aucune altération de son contenu objectif. Elle est communication d’un vivant à un vivant, mais communication d’un objet défini et qui demeure identique en sa matière foncière » (Yves Congar, La Tradition et la vie de l’Eglise, « Je sais, je crois, n°3 », Paris, Cerf, 1962).
« La Tradition est l’artère vivante qui dans l’acte même où elle transmet, reçoit un accroissement de la vie même qu’elle communique » (Ibidem).
« La Tradition est, dans sa trame historique, développement autant que mémoire et conservation » (Ibidem).
II Qu’est-ce que la Tradition apostolique ?
Précisons maintenant encore mieux ce qu’est la Tradition apostolique, tradition qui vient directement des Apôtres, qui ne se résume pas à la somme des traditions ecclésiastiques, faisons-le avec Benoît XVI et ses Catéchèses des audiences du mercredi sur la Tradition (26 avril, 3 mai, 10 mai, 2006) : soient 9 définitions complémentaires :
« C’est dans cette transmission des biens du salut, qui fait de la communauté chrétienne l’actualisation permanente, dans la force de l’Esprit, de la communion originelle, que consiste (1) la Tradition apostolique de l’Église. Elle est ainsi appelée car elle est née du témoignage des Apôtres et de la communauté des disciples au temps des origines, elle a été consignée sous la direction de l’Esprit Saint dans les écrits du Nouveau Testament et dans la vie sacramentelle, dans la vie de la foi, et c’est à elle – à cette Tradition, qui est (2) toute la réalité toujours actuelle du don de Jésus – que l’Église se réfère constamment comme étant son fondement et sa norme, à travers la succession ininterrompue du ministère apostolique.
La Tradition est (3) la communion des fidèles autour des pasteurs légitimes au cours de l’histoire, une communion que l’Esprit Saint alimente en assurant la liaison entre l’expérience de la foi apostolique, vécue dans la communauté originelle des disciples, et l’expérience actuelle du Christ dans son Église.
= la Tradition est (4) la continuité organique de l’Église, Temple de Dieu le Père, érigé sur le fondement des Apôtres et tenu ensemble par la pierre angulaire, le Christ, à travers l’action vivifiante de l’Esprit (cf. Ep 2, 19-22) ;
La Tradition est (5) la présence permanente du Sauveur qui vient nous rencontrer, nous racheter et nous sanctifier dans l’Esprit à travers le ministère de son Église, à la gloire du Père.
La Tradition est (6) le fleuve de la vie nouvelle qui vient des origines, du Christ jusqu’à nous, et qui nous fait participer à l’histoire de Dieu avec l’humanité.
La Tradition est (7) donc l’Évangile vivant, annoncé par les Apôtres dans son intégrité, sur la base de la plénitude de leur expérience unique et sans égale : à travers leur œuvre, la foi est communiquée aux autres, jusqu’à nous, jusqu’à la fin du monde.
La Tradition est (8) donc l’histoire de l’Esprit qui agit dans l’histoire de l’Église à travers la médiation des Apôtres et de leurs successeurs, en continuité fidèle avec l’expérience des origines.
La Tradition de l’Église […] est (9) la présence permanente de la parole et de la vie de Jésus parmi son peuple. »
Il n’est pas sans intérêt ici de proposer un essai de résumé de ces riches assertions du pape Benoît XVI[7] :
La Tradition, transmission sans cesse actualisée des biens du salut par la Parole vivante (ou l’Évangile actif), selon une présence permanente dans le corps de Jésus-Christ, le Sauveur, par l’Esprit Saint qui guide ce corps dans une continuité organique depuis les Apôtres jusque dans la communion actuelle des fidèles, ressemble à un fleuve de vie nouvelle qui retrace l’histoire de l’Église à partir des origines, et assure à la fois un fondement et une norme au don tout entier du Christ notre Seigneur.
Ces vérités sur la Tradition s’appliquent merveilleusement à la liturgie. Dom Prosper Guéranger osb, refondateur de l’abbaye bénédictine de Solesmes au XIXe siècle, dans Les Institutions liturgiques disait merveilleusement : « C’est dans la liturgie que l’Esprit qui inspira les Écritures parle encore : la liturgie est la Tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité. »
Le théologien Yves Congar op commentait cette affirmation, alors que concile Vatican II débutait :
1/ La liturgie se définit comme un autre mode que l’Écriture pour « tout transmettre et comme valeur profondément éducative ».
2/ « La liturgie transmet essentiellement quelque chose que l’Écriture ne contient pas formellement. »
3/ La liturgie permet la « lecture des saintes Écritures, en faisant pénétrer leur sens » (Ibidem).
III Trois qualités inhérentes à la Tradition, « publique, unique et pneumatique », comme critère de discernement.
Benoît XVI (3 mai 2006), en s’appuyant sur Dei Verbum, n°7 (« Le Concile poursuit en notant combien cet engagement a été fidèlement exécuté “par les apôtres, qui, dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions transmirent, soit ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, soit ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit”») ne reprend pas la distinction ultra classique oral-lu/écrit (קוֹרֵא / מִקְרָא) correspondant à celle de Tradition/Écritures, mais choisit la forme plus développée d’une transmission plurielle : « dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions ». La succession apostolique, garant de la Tradition, est justement une institution pérenne.
Dans ses catéchèses sur les Pères, en 2007, Benoît XVI ajoute une réflexion sur la Tradition à partir de l’étude de saint Irénée de Lyon : « Irénée se préoccupe d’illustrer le concept authentique de Tradition apostolique, que nous pouvons résumer en trois points :
a) La Tradition apostolique est “publique”, et non pas privée ou secrète. Pour Irénée, il ne fait aucun doute que le contenu de la foi transmise par l’Église est celui reçu par les Apôtres et par Jésus, par le Fils de Dieu. Il n’existe pas d’autre enseignement que celui-ci. C’est pourquoi, celui qui veut connaître la véritable doctrine doit uniquement connaître “la Tradition qui vient des Apôtres et la foi annoncée aux hommes” : tradition et foi qui “sont parvenues jusqu’à nous à travers la succession des évêques” (Adv. Haer. 3, 3, 3-4). Ainsi, succession des Évêques, principe personnel et Tradition apostolique, de même que principe doctrinal coïncident.
b) La Tradition apostolique est “unique”. En effet, tandis que le gnosticisme est sous-divisé en de multiples sectes, la Tradition de l’Église est unique dans ses contenus fondamentaux que – comme nous l’avons vu – Irénée appelle précisément regula fidei ou veritatis : et parce qu’elle est unique, elle crée ainsi une unité à travers les peuples, à travers les diverses cultures, à travers les différents peuples ; il s’agit d’un contenu commun comme la vérité, en dépit de la diversité des langues et des cultures. Il y a une phrase très précieuse de saint Irénée dans le livre Contre les hérésies : “L’Église, bien que disséminée dans le monde entier, préserve avec soin [la foi des Apôtres], comme si elle n’habitait qu’une seule maison ; de la même façon, elle croit dans ces vérités, comme si elle n’avait qu’une seule âme et un même cœur ; elle proclame, enseigne et transmet en plein accord ces vérités, comme si elle n’avait qu’une seule bouche.
Les langues du monde sont différentes, mais la force de la tradition est unique et la même : les Églises fondées dans les Germanies n’ont pas reçu ni ne transmettent de foi différente, pas plus que celles fondées dans les Espagnes, ou encore parmi les Celtes ou dans les régions orientales, ou en Égypte ou en Libye ou dans le centre du monde” (AH, 1, 10, 1-2). On voit déjà à cette époque, nous sommes en l’an 200, l’universalité de l’Église, sa catholicité et la force unificatrice de la vérité, qui unit ces réalités si différentes, de la Germanie à l’Espagne, à l’Italie, à l’Égypte, à la Libye, dans la vérité commune qui nous a été révélée par le Christ.
c) Enfin, la Tradition apostolique est, comme [saint Irénée] le dit dans la langue grecque dans laquelle il a écrit son livre, “pneumatique”, c’est-à-dire spirituelle, guidée par l’Esprit Saint : en grec Esprit se dit pneuma. Il ne s’agit pas, en effet, d’une transmission confiée à l’habileté d’hommes plus ou moins savants, mais à l’Esprit de Dieu, qui garantit la fidélité de la transmission de la foi. Telle est la “vie” de l’Église, ce qui rend l’Église toujours fraîche et jeune, c’est-à-dire féconde de multiples charismes. Pour Irénée, Église et Esprit sont inséparables : “Cette foi”, lisons-nous encore dans le troisième livre Contre les hérésies, “nous l’avons reçue de l’Église et nous la conservons : la foi, par l’œuvre de l’Esprit de Dieu, comme un dépôt précieux conservé dans un vase de valeur rajeunit toujours et fait rajeunir également le vase qui la contient. Là où est l’Église se trouve l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, se trouve l’Église et toute grâce” (AH, 3, 24, 1).
« Comme on le voit, saint Irénée ne se limite pas à définir le concept de Tradition. Sa tradition, la tradition ininterrompue, n’est pas traditionalisme, car cette Tradition est toujours intérieurement vivifiée par l’Esprit Saint, qui la fait à nouveau vivre, qui la fait être interprétée et comprise dans la vitalité de l’Église. Selon son enseignement, la foi de l’Église doit être transmise de manière à apparaître telle qu’elle doit être, c’est-à-dire “publique”, “unique”, “pneumatique”, “spirituelle”. À partir de chacune de ces caractéristiques, on peut conduire un discernement fructueux à propos de l’authentique transmission de la foi dans l’aujourd’hui de l’Église. » (Audience du 28 mars 2007).
Conclusion
Attentionunique dans ces qualificatifs qui concernent la Tradition ne signifie pas ici uniforme. Dieu est unique et il se révèle Trinité des personnes. L’unicité est à comprendre du côté de la foi transmise : « la foi transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3). Mais, alors que normalement « l’étendue dévore l’unité » (H.-D. Lacordaire), depuis les premiers sièges métropolitains majeurs, pétriniens, issus de la première évangélisation (Nicée 325 : Rome, Antioche, Alexandrie) l’unité a toujours été conservée. Et il a existé une pluriformité légitime de rites par inculturation : rite antiochien à Antioche, rite copte en Alexandrie, rite romain à Rome. Cette pluriformité a elle-même engendré d’autres pluriformités légitimes (cf. je me suis fait tout à tous de 1 Co 9, 22), inculturées et vérifiées (cf. Ga 2, 2).
On a célébré en grec à Rome jusqu’au IVe siècle, puis en latin. Sont nés très vite les rites latins pluriformes eux aussi : ambrosien à Milan, mozarabe à Tolède, lyonnais à Lyon, chartreux en Grande-Chartreuse, plus tard dominicain. Dans les temps de la réforme catholique, par une juste compilation (saint Pie V, avec le rite romain du XVIe siècle) n’a pas été altérée cette pluralité qu’il faut nommer une « pluriformité légitime » (Synode extraordinaire de 1985). Le pluralisme divise, la pluriformité légitime conserve l’unité.
Outre ce discernement, une seule chose est sûre qui doit aussi nous guider, les Apôtres ont mis en garde contre ceux qui vont trop avant, les progressistes, la prétendue Église-en-marche : « Quiconque va plus avant (προ-άγων) et ne demeure pas dans la doctrine du Christ ne possède pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, c’est lui qui possède et le Père et le Fils » (2 Jn 9).
Fr. Edouard Divry o. p.
[1] Thomas Michelet, Sacra doctrina : Mystère et sacramentalité de la Parole dans la Somme de théologie de S. Thomas d’Aquin, Paris, Parole et Silence, 2019.
[2] Il n’est pas décent et sérieux de s’opposer à ce texte voté à large majorité par les Pères et signé et promulgué par saint Paul VI, en évoquant un prétendu ajout « au dernier moment » : Bernard Sesboüé, Introduction à la théologie, p. 111, note 1.
[3] Il n’est pas convenable pour un catholique de contester ce dogme de foi, dans une note assassine : Bernard Sesboüé, Introduction à la théologie, p. 90, note 1.
[4] Michnah signifie originairement répétition et désigne un ouvrage dont la première édition remonterait au début du IIIe siècle (vers 219 ap. JC). C’est un ouvrage qui tente de recenser la halakha, le chemin moral à suivre, les mitzvot à appliquer. Par crainte de voir la Torah orale disparaître, le rabbin Yohanan Ben Zakkaï, disciple de Hillel, Ribaz [l’acronyme est ריב״ז], a provoqué la recension et la compilation des lois et opinions des sages l’ayant précédé ainsi que celles de son époque.
[5] On y intègre l’Apocalypse de Pierre ! Mais il manque He, Jc, 3 Jn, 1 P et 2 P.
[6] Le propos de René-Michel Roberge se ramène à une expression purement sociologique : « La régulation de la foi : une fonction sacramentelle », Laval théologique et philosophique, vol. 69, (2013/3), p. 84-85 : « On pourrait dire que la Tradition est cette conscience historique qui assure l’identité chrétienne. Par-delà ses formes d’expression particulières, elle est ce processus naturel par lequel le chrétien assume son historicité croyante. » On pourrait remplacer chrétien par musulman ou juif, et le résultat serait exactement le même. La Tradition est bien plus qu’un processus de tradition humaine.
[7] Remarque : j’ai ajouté aux textes pris de Benoît XVI la notion paulinienne de corps (spirituel ou mystique) pour désigner autrement l’Église, de nouveau évoquée in fine.
*Le Père Edouard Divry est professeur de théologie morale (Domuni) et d’œcuménisme (Toulouse, Bayonne), d’hébreu (Toulouse). » C’est un dominicain de la Province de Toulouse.
Maître en philosophie et docteur en théologie, il est l’auteur d’une thèse dogmatique : La Lumière du Christ transfiguré chez les saints (Université de Fribourg, 2000), et d’une thèse d’habilitation en théologie fondamentale : Aux fondements de la liberté religieuse, Confrontation avec les religions monothéistes (Faculté de théologie de Lugano – Université suisse italienne, 2003).Il enseigne en divers centres théologiques. Il a été représentant de l’Église catholique dans le dialogue judéo-chrétien pour le diocèse de Toulouse.


