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Stéphane Bern sur les nouveaux vitraux de Notre Dame : « Pourquoi l’État s’affranchit-il des règles qu’il impose aux autres ? »

Stéphane Bern - Capture Youtube
Stéphane Bern - Capture Youtube
« Mais bon, c’est un souhait du président. Donc ce que le Président veut, Dieu le veut, j’ai l’impression ! »

Pour le journaliste remplacer des vitraux classés est un caprice injustifiable et un mépris des règles patrimoniales.C’est en répondant aux questions du Journal du Dimanche que Stéphane Bern fervent défenseur du patrimoine français, a exprimé toute son insatisfaction à l’égard du projet porté par Emmanuel Macron. Celui-ci prévoit l’installation de six vitraux contemporains sur une façade de Notre-Dame de Paris, une initiative que l’animateur qualifie de caprice présidentiel, contraire à la préservation du patrimoine.

« Je n’ai rien contre les vitraux contemporains », commence-t-il, en rappelant son soutien passé à des initiatives similaires, comme à la cathédrale de Chartres. Mais il précise immédiatement : « Je leur suis favorable quand les anciens sont détruits ou détériorés. On ne peut pas enlever des vitraux classés Monument historique. » L’historien s’interroge alors : « Pourquoi l’État s’affranchit-il des règles qu’il impose aux autres ? Juste parce que le président le veut ? » Une question qui résonne avec une amertume évidente et une critique implicite de la gestion centralisée du patrimoine national.

Le projet, estimé à quatre millions d’euros, suscite des critiques dans les milieux patrimoniaux, non seulement pour sa dérogation aux règles, mais aussi pour la somme colossale qu’il mobilise. Stéphane Bern propose une alternative : réorienter cet argent vers des travaux de restauration plus nécessaires ou la création d’un musée dédié à l’histoire de la cathédrale. « L’argent serait mieux utilisé que dans des vitraux contemporains à la place de ceux de Viollet-le-Duc », martèle-t-il.

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Le défenseur du patrimoine ne cache pas son scepticisme face à la justification avancée par Emmanuel Macron, qui souhaite marquer Notre-Dame de la « marque du 21e siècle » et laisser une trace visible de l’incendie. Stéphane Bern ironise : « Mais bon, c’est un souhait du président. Donc ce que le Président veut, Dieu le veut, j’ai l’impression ! » Une pique cinglante qui traduit son désaccord profond avec une vision qu’il juge contraire à l’esprit de continuité historique du monument.

Ce projet, déjà rejeté à l’unanimité en juillet dernier par la Commission nationale du Patrimoine et de l’Architecture, a ravivé les débats sur l’intégrité des monuments historiques en France. De nombreux experts et associations patrimoniales appellent à une restauration fidèle, respectueuse de l’œuvre originale. Pour Stéphane Bern, le projet du Président Macron représente une rupture arbitraire avec cette tradition, au détriment d’un trésor architectural qui transcende les époques et les gouvernements.

Alors que Notre-Dame de Paris se relève de l’incendie dévastateur de 2019, cette polémique souligne l’urgence de protéger le patrimoine face à des ambitions politiques qui, selon certains, risquent d’en altérer l’âme.

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