Suite à la situation évoquée dans notre article du 4 mars et après le refus de notre campagne d’affichage, Tribune Chrétienne a décidé d’engager une procédure judiciaire contre la régie publicitaire Médias Transports, qui gère les espaces d’affichage du métro parisien pour la RATP. Nous voulions simplement faire connaître notre site tribunechretienne.com et présenter notre ligne éditoriale, « l’actualité des chrétiens en France et dans le monde ». La régie publicitaire a donc refusé en raison de la présence d’une croix dans notre logo et de références chrétiennes jugées incompatibles avec le principe de neutralité.
Ainsi donc, en France, en 2026, un média peut être écarté de l’espace public non pas pour un contenu illégal ou polémique, mais simplement parce qu’il assume son identité chrétienne
Le visuel proposé était pourtant d’une grande simplicité. Il mentionnait le nom du média, l’adresse tribunechretienne.com et sa ligne éditoriale, « l’actualité des chrétiens en France et dans le monde ». Comme n’importe quel journal, notre objectif était simplement d’informer les voyageurs de l’existence de notre publication et d’inviter ceux qui le souhaitent à découvrir ce média.,La maquette comportait également quelques formules jouant sur les thèmes de la lumière et de la vérité. Ces expressions constituaient un jeu de mots avec l’épisode évangélique de Lazare, en lien avec l’emplacement envisagé pour la campagne à la station Saint-Lazare. Il s’agissait simplement d’un clin d’œil au nom de la station, avec des formules telles que « faisons sortir la vérité de l’ombre » ou « pour que la lumière demeure ».
Dans son courriel, la régie publicitaire explique pourtant que le visuel comporte « plusieurs symboles ou termes religieux » et que « l’objet même du message est confessionnel ». Elle mentionne notamment la présence de ce jeu de mots avec l’Évangile ainsi que ces formules comme motifs explicites du refus.
La conclusion du message est sans ambiguïté : une campagne présentant un caractère confessionnel est incompatible avec la neutralité qui doit être respectée dans les espaces publicitaires des transports. La proposition commerciale adressée pour cet affichage est donc déclarée « nulle et non avenue ».
La régie précise néanmoins qu’une diffusion pourrait être envisagée si le visuel était entièrement revu afin de devenir « neutre et universel », par exemple en mettant en avant une action solidaire ou humanitaire.Autrement dit, Tribune Chrétienne pourrait communiquer dans le métro parisien à condition de ne plus parler de l’actualité des chrétiens.
La logique de cette décision est difficile à comprendre. Tribune Chrétienne est un média d’actualité, comme tant d’autres publications. Sa ligne éditoriale est simplement consacrée aux chrétiens et à leur actualité en France et dans le monde. Faire connaître un site d’information n’a rien d’exceptionnel, et l’affichage publicitaire dans les transports accueille chaque jour des campagnes commerciales, culturelles ou sociétales de toutes sortes.Cette décision révèle une confusion de plus en plus fréquente entre laïcité et effacement religieux. La laïcité française n’a jamais eu pour objectif d’effacer les religions de l’espace public. Elle garantit la neutralité de l’État, non le silence des croyants. La liberté religieuse implique au contraire la possibilité d’exprimer publiquement sa foi, y compris dans la vie culturelle et médiatique.
Or, dans les faits, la « neutralité » invoquée semble aujourd’hui servir de prétexte pour faire disparaître toute référence chrétienne visible.
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La situation est d’autant plus incompréhensible que les espaces publicitaires du métro accueillent régulièrement des campagnes commerciales ou sociétales de toutes sortes. Les voyageurs parisiens ont ainsi pu voir des publicités pour le site Gleeden, qui promeut l’infidélité conjugale, ou encore des campagnes reposant sur des messages volontairement provocateurs.Ces campagnes ne semblent pas poser de problème de neutralité. Mais une croix, elle, deviendrait incompatible avec l’espace public.
Le contraste est saisissant. D’un côté, la promotion commerciale de l’adultère peut s’afficher librement dans les transports publics. De l’autre, un média qui parle simplement de l’actualité des chrétiens se voit opposer un refus au nom de la neutralité.
Ce deux poids deux mesures interroge profondément sur l’évolution culturelle de notre société. Car derrière ce type de décision se dessine une tendance inquiétante : le christianisme devient la seule identité religieuse que certains jugent acceptable de marginaliser.
Rappelons que Tribune Chrétienne ne bénéficie d’aucune subvention publique et d’aucun soutien institutionnel. Ce média indépendant vit uniquement du travail de ses équipes et du soutien de ses lecteurs. Nous sommes apolitiques. Tribune Chrétienne est un média libre et indépendant. Aucun milliardaire, qu’il soit d’extrême droite, d’extrême gauche, de gauche, du centre ou de quelque courant politique que ce soit, ne nous finance. Notre indépendance repose uniquement sur le travail de nos équipes et sur le soutien de nos lecteurs.Son seul tort semble être de vouloir exister au grand jour, sans dissimuler son identité.
Face à cette décision, Tribune Chrétienne a donc décidé d’engager une procédure judiciaire contre la régie publicitaire de la RATP afin de contester ce refus qui s’apparente à une discrimination commerciale fondée sur l’identité religieuse d’un média. Au-delà du cas particulier de notre journal, l’enjeu est plus large. Il concerne la place que la société française est prête à accorder aux chrétiens dans l’espace public.Car si une simple croix dans un logo devient aujourd’hui un motif de refus publicitaire, une question s’impose : jusqu’où faudra-t-il cacher les racines chrétiennes de la France pour satisfaire cette nouvelle conception de la neutralité ?


