Depuis 2000 ans

[VENEZUELA] « Allons de la main de Dieu, jusqu’au bout » : la catholique María Corina Machado proclame « l’heure de la liberté » pour le Venezuela

María Corina Machado, bénie par un prêtre - Capture Facebook
María Corina Machado, bénie par un prêtre - Capture Facebook
Lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, María Corina Machado, catholique pratiquante, s’impose aujourd’hui comme l’une des figures centrales du moment ( Déclaration intégrale)


Dans une déclaration solennelle publiée sur X le samedi 3 janvier 2026, elle salue l’« heure de la liberté » et appelle à une transition démocratique ordonnée et inscrit la reconstruction du pays dans une exigence de vérité, de souveraineté populaire et de responsabilité morale.Lorsque María Corina Machado publie, le 3 janvier 2026, un long message adressé aux Vénézuéliens après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis, sa parole ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un parcours de plus de vingt ans de combat politique, marqué par la persécution, la disqualification et la clandestinité, mais aussi par une cohérence morale rarement démentie dans la vie publique vénézuélienne.

Lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, María Corina Machado est devenue au fil des années la figure emblématique de l’opposition démocratique. Née à Caracas dans une famille catholique conservatrice, formée à l’Université catholique Andrés Bello, elle a développé une vision politique profondément marquée par l’anthropologie chrétienne, où la dignité de la personne humaine, la vérité et la responsabilité morale du pouvoir occupent une place centrale. Catholique pratiquante, elle évoque rarement sa vie spirituelle personnelle, mais sa foi irrigue constamment son discours, ses choix et ses gestes.

María Corina Machado

Dès l’annonce de la capture de Nicolás Maduro, elle adopte un ton solennel et résolu, proclamant que l’heure de la liberté est arrivée. Cette affirmation n’est pas présentée comme une promesse politique, mais comme l’aboutissement d’un long combat mené par un peuple éprouvé.

Elle inscrit immédiatement l’événement dans un cadre juridique et moral, affirmant que Nicolás Maduro doit désormais répondre devant la justice internationale pour les crimes commis contre les Vénézuéliens, après avoir refusé toute sortie négociée.La transition qu’elle appelle de ses vœux est décrite avec précision. Elle promet de remettre de l’ordre institutionnel, de libérer les prisonniers politiques, de reconstruire le pays et de permettre le retour de millions de Vénézuéliens contraints à l’exil. Chez elle, la liberté n’est jamais un concept abstrait. Elle se mesure à la possibilité de vivre sans peur, de travailler, de transmettre, de prier et d’espérer dans la vérité.

María Corina Machado revendique explicitement la souveraineté populaire issue du scrutin du 28 juillet et affirme que le président élu, Edmundo González Urrutia, doit assumer immédiatement ses fonctions constitutionnelles. Elle insiste sur la nécessité d’une reconnaissance claire par les institutions, y compris les forces armées, afin d’éviter le chaos et de garantir une transition ordonnée. Cette approche révèle une constante de son engagement, la démocratie doit être restaurée, non remplacée par une logique de revanche.Cette vision s’enracine dans une conception morale du politique qu’elle a formulée à plusieurs reprises. Lors de sa réapparition publique à Caracas, après une longue période de clandestinité, elle déclarait que la crise vénézuélienne n’était pas seulement politique, mais une confrontation entre le bien et le mal.

Cette lecture éclaire l’ensemble de son combat et explique la place singulière qu’occupe la foi dans son engagement.Cette foi s’exprime aussi par des gestes. Lors de cette apparition publique, elle avait reçu la bénédiction d’un prêtre et d’une religieuse devant une foule brandissant croix et chapelets, avant d’être brièvement arrêtée par des forces parapolicières. Cette scène a profondément marqué l’opinion, incarnant une résistance pacifique où la conscience chrétienne se tient debout face à la peur.

Précisons que suite à l’intervention américaine, le président de l’épiscopat, Monseigneur Jesús González de Zárate, archevêque de Cumaná a déclaré que « La situation est encore en train d’évoluer. Nous avons besoin d’avoir une vision d’ensemble avant de nous prononcer ».

Lire aussi

Dans un Venezuela profondément catholique, où l’Église demeure l’un des derniers repères de confiance collective, María Corina Machado a redonné à la politique un visage moral. Elle ne parle ni de haine ni de vengeance, mais de conversion, de vérité et de solidarité, en écho aux principes de la doctrine sociale de l’Église. La Conférence épiscopale vénézuélienne a d’ailleurs appelé à plusieurs reprises au respect de la volonté populaire et au dépassement des intérêts partisans pour servir le bien commun, rejoignant ainsi cette approche.

La conclusion de sa déclaration du 3 janvier 2026 résume l’ensemble de sa démarche. Elle affirme que le Venezuela sera libre, avant d’ajouter que ce chemin doit être parcouru « de la main de Dieu, jusqu’au bout ». Cette phrase finale, largement partagée, ne relève ni d’un slogan ni d’une stratégie. Elle exprime une conviction profonde, la liberté véritable ne peut être durable que si elle demeure ordonnée à la vérité et à la responsabilité morale.À l’heure où le Venezuela se trouve à un tournant décisif de son histoire, la parole de María Corina Machado s’impose ainsi comme celle d’une conscience. Pour ses partisans, elle incarne l’espérance d’une transition pacifique et ordonnée. Pour ses adversaires, elle représente un défi moral. Pour de nombreux croyants, elle rappelle qu’aucune tyrannie n’est plus forte qu’une conscience éclairée par la foi.

Déclaration intégrale de María Corina Machado
(publiée sur X le 3 janvier 2026)

Traduction Tribune Chrétienne

« Vénézuéliens,

L’HEURE DE LA LIBERTÉ EST ARRIVÉE !

Nicolás Maduro affronte désormais la justice internationale pour les crimes atroces commis contre les Vénézuéliens et contre des citoyens de nombreuses nations. Face à son refus d’accepter une sortie négociée, le gouvernement des États-Unis a tenu sa promesse de faire respecter la loi.

L’heure est venue pour que la souveraineté populaire et la souveraineté nationale règnent dans notre pays. Nous allons remettre de l’ordre, libérer les prisonniers politiques, construire un pays exceptionnel et ramener nos enfants à la maison.

Nous avons lutté pendant des années, nous avons tout donné, et cela en valait la peine. Ce qui devait arriver est en train d’arriver.

C’est l’heure des citoyens. De ceux qui ont tout risqué pour la démocratie le 28 juillet. De ceux qui ont choisi Edmundo González Urrutia comme président légitime du Venezuela, qui doit assumer immédiatement son mandat constitutionnel et être reconnu comme commandant en chef de la Force armée nationale par tous les officiers et soldats qui la composent.

Aujourd’hui, nous sommes prêts à faire valoir notre mandat et à prendre le pouvoir. Restons vigilants, actifs et organisés jusqu’à ce que la transition démocratique se concrétise. Une transition qui a besoin de TOUS.

Aux Vénézuéliens qui sont dans notre pays, soyez prêts à mettre en œuvre ce que nous vous communiquerons très prochainement par nos canaux officiels.

Aux Vénézuéliens à l’étranger, nous avons besoin de vous mobilisés, en activant les gouvernements et les citoyens du monde, et en les engageant dès maintenant dans la grande opération de construction du nouveau Venezuela.

En ces heures décisives, recevez toute ma force, ma confiance et mon affection. Restons tous en alerte et en contact.

LE VENEZUELA SERA LIBRE !
Allons de la main de Dieu, jusqu’au bout.

María Corina Machado
3 janvier 2026″

Recevez chaque jour notre newsletter !