Les réseaux sociaux ont cela de particulier qu’ils font ressurgir, parfois au détour d’un partage, des faits anciens que l’on croyait oubliés.C’est ainsi qu’a récemment refait surface le vitrail de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Izé, en Mayenne, représentant deux soldats romains aux traits reconnaissables de François Mitterrand et de Georges Marchais, figurés au pied du Christ ressuscité.Installé en 1981, ce vitrail s’inscrit dans une scène de Résurrection. Les soldats foulent aux pieds une église détruite, référence explicite à la tornade qui avait ravagé la commune en 1978, tandis qu’au-dessus du Christ est représentée l’église reconstruite. Le maître verrier reconnaîtra par la suite avoir opté pour une mise en scène volontairement caricaturale, en lien avec la victoire politique de la gauche au début des années 1980.
🚨[ Vidéo] François Mitterrand et Georges Marchais représentés sur un vitrail : une confusion grave dans l’église d’Izé
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) January 28, 2026
➡️ Derrière l’anecdote ou l’insolite, certains d’entre eux posent pourtant des questions sérieuses sur le respect du sacré et sur les choix pastoraux opérés au… pic.twitter.com/ytnBVB8BQh
Mais au-delà du contexte, une question fondamentale s’impose : que font François Mitterrand et Georges Marchais sous les traits de soldats romains dans un vitrail d’église ?
Dans l’iconographie chrétienne, les soldats romains ne sont jamais neutres. Ils incarnent le pouvoir temporel, la contrainte, l’autorité païenne qui persécute, qui se moque, qui crucifie ou qui garde le tombeau du Christ sans en saisir le mystère. Que François Mitterrand et Georges Marchais aient pu incarner, chacun à leur manière, cette vision du pouvoir éloignée de l’anthropologie chrétienne n’est pas en soi contestable. Mais cela ne saurait en aucun cas justifier leur présence sur un support sacré de l’Église. Les représenter dans un vitrail, même sous une forme critique ou ironique, revient à leur accorder une place et une visibilité qu’ils ne doivent pas avoir dans le sanctuaire. Même lorsqu’elle prétend ridiculiser, une telle représentation installe ces figures politiques là où elles ne devraient jamais se trouver : au cœur d’un langage liturgique réservé au mystère du Christ et à l’histoire du salut.
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Rappelons que dans la tradition catholique, le vitrail n’est pas un simple élément décoratif. Il est un langage sacré, une théologie en images, destinée à conduire les fidèles vers la contemplation du mystère du Christ. Il participe pleinement à la sacralité du lieu et à la transmission de la foi. Le détourner de cette mission revient à affaiblir le sens même de l’église : l’ironie ne justifie pas tout.
Dirigeant du Parti communiste français, Georges Marchais incarnait une idéologie matérialiste historiquement hostile à la religion et à l’Église, tant dans ses principes que dans ses conséquences concrètes à travers le monde. Quant à François Mitterrand, son action politique s’est inscrite dans une série de choix sociétaux en rupture avec l’enseignement moral de l’Église.Que ces deux figures soient ainsi introduites dans une église, derrière l’autel, lieu du sacrifice eucharistique, ne peut être considéré comme anodin.
L’église n’est ni un espace d’expérimentation artistique libre de toute limite, ni une tribune idéologique. Elle est un lieu consacré, réservé au culte de Dieu.
La question de la responsabilité ecclésiale demeure donc entière. Comment une telle représentation a-t-elle pu être acceptée ? Pourquoi le diocèse a-t-il validé l’installation de ce vitrail, puis accepté son maintien au fil des décennies, sans clarification doctrinale ni discernement pastoral clairement exprimé ?À l’heure où tant d’églises sont vandalisées ou profanées, parfois physiquement, parfois symboliquement, l’Église ne peut se permettre d’entretenir de telles ambiguïtés en son sein. Le Christ ressuscité ne saurait servir de toile de fond à des clins d’œil politiques, encore moins à des représentations qui assimilent des responsables contemporains aux figures païennes de l’oppression romaine.
Ce vitrail d’Izé, souvent présenté comme une curiosité, pose aujourd’hui une question simple et grave : pourquoi cette œuvre demeure-t-elle encore en place dans une église paroissiale ?


