En salles ce mercredi 11 février 2026, Les Dimanches, titre français du film Los domingos, explore avec une profondeur inattendue la vocation religieuse d’une adolescente espagnole. Réalisé par Alauda Ruiz de Azúa, ce long-métrage s’impose comme une œuvre rare, respectueuse et lumineuse sur le mystère de l’appel à Dieu.Il est des films qui surprennent par leur sujet, et d’autres par leur justesse. Les Dimanches réunit les deux qualités. Dans un paysage cinématographique souvent éloigné des réalités spirituelles, voir une œuvre consacrée à la vocation contemplative d’une jeune fille de 17 ans relève presque de l’exception. Ainara annonce à sa famille qu’elle souhaite entrer dans un monastère de clôture. La décision tombe comme un coup de tonnerre dans ce foyer d’origine catholique mais non pratiquant. Son père accepte difficilement, sa grand-mère se résigne avec tristesse, tandis que sa tante Maite, figure rationaliste et progressiste, s’y oppose frontalement.
🎬✝️[ Vidéo] Les Dimanches, un grand film sur la beauté d’une vocation
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) February 11, 2026
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La réalisatrice explique être partie d’un cas réel et confie qu’elle s’est demandé pourquoi une personne si jeune s’enferme dans un couvent au moment où elle est sur le point de vivre tant de choses. La question est posée sans ironie. Elle structure tout le film.
La fascination d’Alauda Ruiz de Azúa pour l’éveil religieux l’a conduite à explorer la vocation non comme un phénomène sociologique, mais comme une réalité intérieure. Elle précise qu’ici, il ne s’agit pas seulement de quelqu’un qui a la foi, mais de quelqu’un qui entre en contact avec le divin.
Le discernement d’Ainara n’est ni exalté ni ridiculisé. Il est montré comme un processus à la fois douloureux et lumineux, traversé par des tensions familiales, mais porté par une paix intérieure grandissante. La tante Maite incarne l’incompréhension contemporaine. Elle lance à sa nièce qu’elle ne comprend pas cet entêtement à s’enfermer là-bas avec quatre vieilles. Plus tard, dans une scène d’une grande intensité, elle s’emporte en affirmant que Dieu n’existe pas. Ainara lui répond simplement qu’elle priera pour elle. Tout est contenu dans cet échange. Deux visions du monde s’affrontent, l’une qui ne voit dans le cloître qu’un enfermement, l’autre qui y découvre une liberté plus haute.
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Le film accorde une place importante aux religieuses qui accompagnent le discernement. La mère supérieure apparaît comme une femme prudente et maternelle. Sœur Encarnación prononce cette phrase appelée à rester, il y a beaucoup de spiritualités, mais il n’y a qu’un seul Dieu. Dans une société marquée par le relativisme, cette affirmation résonne avec force et sobriété.La photographie oppose la grisaille urbaine à la lumière paisible du monastère. Face au chaos extérieur, le couvent offre ordre, silence, liturgie, travail artisanal et simplicité. La cellule austère de la novice paraît plus lumineuse que la maison familiale. L’illumination d’Ainara est présentée comme un processus douloureux, mais aussi extatique. Les promesses du monde, fêtes, voyages, plaisirs immédiats, semblent dérisoires face à l’intensité de l’appel intérieur.
Couronné par la Concha de Oro à San Sebastián, Les Dimanches confirme qu’un autre cinéma est possible, un cinéma capable d’aborder la foi sans ironie ni caricature, avec respect et profondeur. Il est de ces films qui éclairent silencieusement le spectateur, non par des effets spectaculaires, mais par une vérité intérieure qui demeure après la projection. A une époque saturée de bruit et d’images, une œuvre qui ose parler de vocation, de silence, de don total, relève presque du signe.Si le cinéma continue dans cette voie exigeante, attentive à la grâce à l’œuvre dans des vies ordinaires, il pourrait redevenir un lieu privilégié de questionnement spirituel.
Les Dimanches n’est donc pas seulement un drame familial. C’est un film qui rappelle que la vocation demeure une réalité vivante, capable de déranger et d’attirer, de diviser et d’éclairer. Un film qui, à sa manière, ouvre une fenêtre vers le Ciel.


