À Felletin, la stupeur a laissé place à la colère. Comme le rapporte la presse locale, des inscriptions particulièrement choquantes ont été découvertes sur le mur du cloître de l’église Sainte-Valérie, également appelée église du Moutier. Parmi elles, une insulte directe visant la religion, accompagnée du slogan « Free Palestine », tracées sur un édifice classé du XIIe siècle. Les faits ont été constatés avant le mardi 17 mars 2026, date à laquelle la municipalité a officiellement réagi en déposant plainte auprès de la gendarmerie. La première adjointe, Marie-Hélène Fournet, a dénoncé « des horreurs », regrettant la dégradation d’un « véritable joyau » du patrimoine local. Le maire, Olivier Cagnon, a lui aussi insisté sur la nécessité de « marquer le coup », soulignant l’atteinte portée à l’image de la commune.
Mais au-delà des mots, c’est la nature même de l’acte qui interpelle. Il ne s’agit pas d’un simple graffiti, mais d’une véritable profanation. S’en prendre à une église, lieu consacré et symbole de la présence chrétienne, revient à viser directement ce qu’elle représente pour les fidèles et pour l’histoire du pays. L’église Sainte-Valérie, avec son cloître et son jardin, est un élément central de la mémoire de Felletin.
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L’affaire a pris une dimension plus large après la diffusion d’une vidéo par Bartolomé Lenoir, député de la Creuse et porte-parole de l’UDR. Dans cette séquence publiée sur le réseau X, le parlementaire montre les dégradations et dénonce publiquement cet acte. La présence simultanée d’une insulte antireligieuse et d’un slogan politique lié à un conflit international soulève une question plus profonde. Elle traduit une confusion inquiétante, où des tensions extérieures sont projetées sur des lieux de culte locaux, sans lien direct avec ces enjeux. Ce mélange révèle une dérive idéologique où les symboles chrétiens deviennent des cibles.
Les élus locaux rappellent que ces dégradations ne sont pas un cas isolé. D’autres tags avaient déjà été constatés dans la commune, y compris sur cette église et sur des équipements publics. Cette répétition alimente un sentiment d’exaspération et renforce l’idée d’une banalisation de ces actes. Après le passage des gendarmes pour constater les faits, les inscriptions doivent être effacées dans les prochains jours. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs et « comprendre leurs motivations.«
Mais effacer les murs ne suffira pas à effacer le malaise. Car ce qui s’est produit à Felletin dépasse largement le cadre local. Partout en France, les églises sont de plus en plus souvent la cible de dégradations, d’insultes ou de profanations. Cette accumulation ne peut être ignorée. Il devient difficile de ne pas voir dans ces actes répétés l’expression d’une véritable cathophobie, diffuse mais bien réelle. Une hostilité qui s’installe dans l’indifférence, et qui finit par banaliser l’inacceptable. À Felletin, ce n’est pas seulement une pierre qui a été souillée, mais un héritage spirituel et culturel qui, une fois de plus, a été visé.


