Alors que de nombreuses églises rurales ferment, se dégradent dans l’indifférence générale, un témoignage venu d’un élu communiste rappelle une évidence souvent oubliée, la sauvegarde des églises de France n’est ni une cause partisane ni un combat idéologique. À travers un reportage de La Chaîne Parlementaire consacré à la fin de son mandat parlementaire, c’est toute la question de la transmission, du patrimoine et de l’âme des villages qui ressurgit.Il y a un peu plus d’un an, les caméras de LCP suivaient André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, au moment où il s’apprêtait à quitter l’Assemblée nationale après près de vingt-trois années de mandat. Élu de la 5e circonscription depuis 2002, il avait choisi de transmettre son siège à son suppléant pour revenir pleinement à la vie communale, redevenant adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine.
⚡️[ Vidéo ] Sauvegarder les églises de France, même un député communiste en témoigne
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) February 6, 2026
🔴 « Ce que j’ai toujours porté, c’est la rénovation de l’église » déclarait André Chassaigne à la fin de son dernier mandat pic.twitter.com/JtpJsZvGdu
Au moment de son départ, l’élu livrait une réflexion empreinte de lucidité et de désenchantement sur l’époque contemporaine : « J’arrive à 75 ans et je vis dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’aurais voulu construire ». Une phrase qui résonne comme le constat d’un cycle politique arrivé à son terme et de rajouter » regardez comme elle est belle cette église, ce que j’ai toujours porté, c’est la rénovation de l’église » ».
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Le reportage donnait aussi à voir une réalité plus silencieuse mais essentielle, celle des combats quotidiens dans les territoires ruraux. Parmi eux, la sauvegarde de l’église du village apparaissait comme un enjeu central. Bien plus qu’un simple édifice ancien, elle demeure un repère historique, culturel et spirituel, un lieu de mémoire qui structure encore la vie locale.À travers ce témoignage, une évidence s’impose. La lutte pour la sauvegarde des églises de France est transpartisane. Qu’on soit communiste, LFI ou ultra conservateur, cette question concerne tout le monde. Elle touche au patrimoine, à la transmission et à l’identité profonde des villages. Le parcours de ce député réputé communiste en est un bel exemple, rappelant que la défense des églises dépasse les clivages politiques et engage une responsabilité collective face à l’effacement progressif de ce qui a façonné la France rurale pendant des siècles.
On peut toujours s’interroger, sans esprit de polémique, sur ce que révèle une telle position. Le communisme, dans son corpus idéologique, nie Dieu et récuse l’Évangile comme fondement de la société. Il s’est historiquement construit en opposition à la foi chrétienne et à l’institution ecclésiale. Et pourtant, dans les réalités concrètes des villages, au contact des pierres, des mémoires et des hommes, cette abstraction idéologique se heurte à une évidence plus profonde.Car l’église du village n’est pas seulement un symbole religieux. Elle est souvent le dernier lieu qui dit quelque chose de plus grand que l’individu, un espace de silence dans un monde saturé de bruit, un signe visible d’une transcendance que même ceux qui ne la confessent pas perçoivent confusément. La protéger, la restaurer, la transmettre, c’est reconnaître qu’un village ne vit pas seulement de routes, de budgets et de services, mais aussi d’une âme.
Que ce souci vienne d’un élu communiste n’est pas anodin. Il montre que, même dans des traditions politiques qui ont voulu effacer Dieu de l’horizon public, demeure la conscience que certaines réalités dépassent l’économie et la lutte sociale.
Sans adhérer à la foi chrétienne, il est possible d’en reconnaître les fruits, inscrits dans la pierre des églises, dans le rythme des cloches, dans l’histoire longue des campagnes françaises.En ce sens, la sauvegarde des églises apparaît moins comme un combat identitaire que comme un acte de fidélité. Fidélité à un héritage reçu, à une mémoire collective, à ce qui a façonné les paysages et les consciences. Une fidélité qui, paradoxalement, rassemble aujourd’hui bien au-delà des frontières idéologiques, et rappelle que certaines causes appellent non pas l’uniformité des convictions, mais le respect commun de ce qui nous précède et nous dépasse.


