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[Vidéo] Soirée du volontariat 2026 : un « baroudeur du Christ » raconte 27 ans de mission

Père Bertrand de Bourran @tribunechretienne
Père Bertrand de Bourran @tribunechretienne
Prêtre missionnaire depuis plus de vingt-cinq ans, le Père Bertrand de Bourran a consacré sa vie à annoncer l’Évangile dans les régions les plus reculées de Madagascar

À l’occasion de la Soirée du volontariat 2026, organisée par le diocèse de Paris le 18 mars dernier, nous avons rencontré le prêtre qui a inspiré le film Les Baroudeurs du Christ, sorti sur les écrans en novembre dernier. Il s’agit du Père Bertrand de Bourran des Missions Etrangères de Paris ( MEP) qui a accepté de témoigner pour Tribune Chrétienne.. Entre conversions, fondations de paroisses et engagement concret auprès des populations, il décrit une mission encore brûlante d’actualité :

 » Gabriel Larralde ( Tribune Chrétienne) : Bonjour, Père. Vous êtes missionnaire des Missions étrangères de Paris (MEP) depuis vingt-cinq ans, si je ne m’abuse. Pouvez-vous nous parler de votre expérience en mission ?

Père Bertrand de Bourran : J’ai été missionnaire à Madagascar pendant vingt-sept ans. Je suis parti immédiatement après mon ordination et j’ai travaillé dans un diocèse rural, en brousse. J’y ai exercé comme prêtre vicaire, puis comme curé.

J’ai fondé des paroisses à Madagascar. On divise généralement les paroisses en deux. J’ai ainsi ouvert une paroisse où je suis resté neuf ans, puis une autre où j’ai passé treize ans. Ouvrir une paroisse, cela signifie construire des églises, développer une pastorale, bâtir des écoles, des presbytères, des maisons pour les sœurs, se mettre au service des populations, répondre à leurs besoins et annoncer Jésus-Christ.

Pour m’aider, j’ai été entouré de nombreux volontaires : des enseignants de français, des bénévoles pour la construction des bâtiments, ou encore des professionnels de la santé – médecins, infirmières. Ensemble, nous avons œuvré pour annoncer Jésus-Christ dans ces régions.

G.L : Et cela porte-t-il ses fruits ?

P.B.B : La mission porte ses fruits. L’évangélisation… cela dépend des régions. Dans la première paroisse, des villages entiers se convertissaient. Dans la seconde, c’était plutôt des conversions individuelles au sein des familles : soit le père, la mère ou un enfant qui se tournait vers le Christ et s’y attachait. Cela variait selon les ethnies.

G.L : Revenons un peu aux origines : comment en êtes-vous venu à quitter votre foyer pour partir si loin ?

P.B.B : J’ai grandi dans le Sud-Ouest, dans un petit village, mais j’ai toujours été attiré par les autres. Je me disais : j’ai reçu la Bonne Nouvelle, l’Évangile, dans ma famille. Pourquoi d’autres n’y auraient-ils pas accès ? En classe de quatrième, j’ai entendu le témoignage d’un volontaire de retour de mission, et je me suis dit : un jour, je partirai à mon tour. C’est ce que j’ai fait : j’ai été envoyé deux ans à Madagascar avec la DCC pendant mon service militaire. J’étais en mission aux côtés de prêtres des Missions étrangères. C’est là-bas que j’ai décidé d’entrer au séminaire et de devenir prêtre pour repartir en mission. Le jour de mon ordination diaconale, à la fin de la cérémonie, on m’a annoncé : *« Tu iras à Madagascar. »* Trois mois plus tard, j’y retournais.

G.L: Votre avenir est-il encore à Madagascar ?

P.B.B : Je suis rentré en France parce qu’il y avait des besoins ici, à Paris. Je suis revenu pour quatre ans. En 2028, nous aviserons : soit je repartirai, soit je continuerai ici pour six ans supplémentaires. J’espère retourner à Madagascar.

J’ai travaillé vingt-six ans dans un diocèse ; il a fallu y mettre en place de nombreuses structures. Je reste en contact, j’ai encore quelques échos de la vie du diocèse, mais il est désormais assez autonome.

G.L : Pour finir, parlons des MEP, une institution très ancienne…

P.B.B : Nous célébrons 360 ans d’existence. Depuis 1658, nous envoyons des prêtres missionnaires. Plus de 4 300 prêtres sont partis de France pour annoncer le Christ en Asie et dans l’océan Indien. La mission se poursuit.

L’an dernier, certains sont partis au Cambodge, d’autres à Madagascar, un autre encore au Japon. Cette année, un prêtre partira pour Hong Kong. La mission continue.

D’un côté, l’Église de France accueille des missionnaires, et de l’autre, des prêtres de l’Église de France partent encore en mission. Cet échange entre Églises reste essentiel.

Là-bas, la demande en missionnaires reste forte, car les besoins sont immenses dans chaque pays, et la soif d’apprendre est toujours présente. Nos pays occidentaux bénéficient d’une longue histoire de foi, d’évangélisation et de mission. Il est important de partager cette expérience. »

Propos recueillis par Gabriel Larralde pour Tribune Chrétienne

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