Mercredi 29 janvier 2026, à la Cathédrale Saint-Paul de Londres, se tenait la cérémonie de Confirmation of Election destinée à confirmer juridiquement l’entrée en fonction de Sarah Mullally, première femme appelée à devenir archevêque de Cantorbéry et primat de toute l’Angleterre. L’office devait être solennel. Il a été bref, tendu, et surtout interrompu.
🚨Un incident très révélateur et un mauvais départ pour Sarah Mullaly, nouvelle archevêque de Cantorbéry
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) January 30, 2026
🔴⚡️Dans une cathédrale très clairsemée, un cri lancé en pleine cérémonie est venu briser le rituel. Une contestation aussitôt réduite au silence, révélatrice de la crise… pic.twitter.com/PxCjj4Kq9U
Au moment précis où l’officiant déclara qu’« aucune opposition n’avait été présentée », un homme se leva dans l’assemblée. Le pasteur anglican Paul Williamson, en ministère depuis 1973, lança alors un cri net et audible : « I did! » , « Moi, je l’ai fait ». Une objection publique, formulée au cœur même du rite.La réaction fut immédiate. Le pasteur fut maîtrisé par les services de sécurité, puis expulsé de la cathédrale. L’incident, capté en vidéo, n’a duré que quelques secondes. Il n’en a pas moins suffi à fissurer la mise en scène d’unité que la cérémonie entendait offrir.
Lire aussi
Opposant de longue date à l’ordination des femmes dans l’Church of England, Paul Williamson a expliqué par la suite que son objection portait à la fois sur le principe même de cette nomination et sur des accusations passées impliquant la nouvelle archevêque, qu’il estime non élucidées. Mais au-delà des motivations personnelles, le geste a pris une portée symbolique immédiate.Car cette contestation publique intervient dans un contexte de crise ouverte de l’anglicanisme mondial. Plusieurs provinces, notamment en Afrique et en Asie, ont déjà annoncé ne plus reconnaître l’autorité spirituelle du siège de Cantorbéry, dénonçant des évolutions doctrinales jugées incompatibles avec la foi biblique et la tradition anglicane. Le primat de Cantorbéry, autrefois facteur d’unité, apparaît désormais comme un point de fracture.
Dans ce cadre, le cri lancé à Saint-Paul, puis étouffé sans ménagement, résonne comme un symptôme. Celui d’une Église où la contradiction n’est plus débattue, mais rapidement neutralisée, et où l’autorité s’affirme d’autant plus fermement qu’elle est contestée.Un mauvais départ, donc, pour un primat déjà fragilisé, et une séquence révélatrice d’une crise qui ne se résume plus à des débats internes, mais se donne désormais à voir, même au cœur des cérémonies les plus solennelles.


