Lundi 12 janvier 2026, correspondant au 23 Tevet 5786, le président israélien Isaac Herzog a accueilli les chefs religieux des communautés chrétiennes de Terre sainte à la résidence présidentielle de Jérusalem, à l’occasion de la traditionnelle réception du Nouvel An. Selon un communiqué officiel du porte-parole du président, il s’agissait de la première fois depuis le début de la guerre que cette rencontre annuelle se tenait à pleine capacité, marquant un signal institutionnel fort adressé aux Églises locales et aux chrétiens de la région.Dans son discours, le chef de l’État a exprimé sa fierté à l’égard des communautés chrétiennes d’Israël, soulignant leur contribution ancienne et continue à la société israélienne. Il a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la liberté de religion et de culte pour tous, indépendamment des confessions et des origines, et à assurer la protection des lieux saints, élément central de la stabilité religieuse et sociale en Terre sainte.
Le président Herzog a ouvert son allocution par une évocation spirituelle de la Terre sainte et de sa vocation religieuse universelle :
« Quel bonheur de se rassembler en Terre Sainte, dont les collines témoignent de milliers d’années de foi, de prière et d’inspiration divine, et d’espérer ensemble une nouvelle année joyeuse, prospère et paisible pour nous tous. »
Reconnaissant la gravité du contexte régional, il a évoqué un moment « fragile, mais porteur d’espoir » pour le Moyen-Orient, soulignant que la région se trouvait à un carrefour décisif entre des trajectoires opposées. Ses propos ont également inclus une référence explicite à la situation du peuple iranien, exprimant l’espoir que tous puissent jouir des mêmes libertés fondamentales, sans oppression ni tyrannie.Le président a par ailleurs rappelé ses échanges récents avec pape Léon XIV, rencontrés à Rome puis de nouveau à l’approche de Noël, mettant en avant une convergence de vues sur le rôle des croyants dans un monde marqué par les divisions. Il a souligné « le devoir sacré de rejeter la haine, d’affirmer l’image divine en chaque personne et de bâtir des ponts », tout en se disant convaincu de l’existence d’une réelle opportunité pour approfondir les relations entre Israël et le Saint-Siège dans plusieurs domaines.
Lire aussi
S’adressant directement aux représentants des Églises, le président Herzog a déclaré :
« Vos communautés sont une bénédiction pour l’État d’Israël, enrichissant et approfondissant notre magnifique tissu social. »
Il a insisté sur le fait que la protection de la liberté religieuse des chrétiens ne relevait pas d’un simple choix politique, mais se situait « au cœur même de notre identité d’État juif et démocratique ». Il a ajouté avec fermeté que les autorités continueraient à combattre toute tentative de menacer, de harceler ou de nuire aux chefs religieux, aux institutions ou aux fidèles, quelles que soient leurs confessions.
Le président a enfin élargi son appel au-delà des frontières israéliennes, déclarant :
« Nous demandons également la protection des communautés chrétiennes dans toute notre région. Aucun chrétien, ni aucun être humain – au Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs dans le monde – ne devrait jamais vivre dans la peur en raison de sa foi. »
Au nom des Églises de Terre sainte, Théophile III, patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, a salué l’initiative présidentielle et adressé un message de bénédiction à l’ensemble des habitants de la région. Rappelant l’appel biblique à la paix, il a assuré le président de l’engagement des responsables chrétiens à demeurer des artisans de réconciliation, tout en coopérant avec les autorités pour promouvoir les valeurs communes des Écritures et lutter contre toutes les formes d’antisémitisme et d’islamophobie.Cette réception, organisée dans un contexte régional de crise a ainsi pris une dimension à la fois symbolique et politique, affirmant la volonté officielle de maintenir un dialogue interreligieux structuré et de garantir la place des communautés chrétiennes au cœur de la Terre sainte.


