Le Saint-Père a donc privilégié une démarche culturelle et respectueuse, inscrite dans le cadre de son voyage en Turquie : Au deuxième jour de son déplacement apostolique en Turquie, le pape Léon XIV a visité la Mosquée Bleue d’Istanbul, lieu emblématique de l’histoire ottomane et de la vie religieuse du pays. Accueilli dans la cour par ses guides musulmans, il a retiré ses chaussures conformément à la coutume, avant de commencer un parcours attentif à travers l’édifice.
Interrogé par les journalistes présents, Askin Musa Tunca, muezzin de la Mosquée Bleue, a déclaré que : « Le pape Léon XIV n’a pas prié dans la mosquée, contrairement au pape Benoît XVI et au pape François. Le pape a préféré visiter la mosquée. » Ses propos, relayés par les médias internationaux, ont confirmé que cette étape avait été conçue comme une visite de courtoisie et d’appréciation culturelle plutôt que comme un geste religieux.Cette décision distingue le pontife de ses prédécesseurs, qui avaient choisi d’accompagner leur visite d’un moment de prière silencieuse. Le pape Léon XIV a préféré une attitude marquée par la sobriété, fidèle à son style pastoral : entrer en dialogue avec le monde musulman sans créer d’ambiguïté sur la nature religieuse de sa présence.
Dans un climat interreligieux parfois tendu, cette approche témoigne d’une volonté de bâtir un échange fondé sur la vérité et la courtoisie. Le Saint-Père a consacré un temps notable aux explications de ses hôtes, exprimant son intérêt pour l’architecture et le patrimoine spirituel du lieu.
La visite de la Mosquée Bleue s’inscrit ainsi dans un voyage où le pape Léon XIV entend encourager la compréhension mutuelle, la paix et la liberté religieuse. Ce passage, marqué par la simplicité et la cohérence, pourrait bien devenir l’un des symboles de son déplacement en Turquie.
La veille de sa visite à la Mosquée Bleue, le pape Léon XIV avait rencontré le Grand Rabbin de Turquie, Isak Haleva.
Selon la Salle de presse du Saint-Siège, l’entretien a duré environ quinze minutes et s’est déroulé dans un climat très cordial.Les deux responsables religieux ont échangé sur la portée symbolique du voyage du pape : un signe de paix et de soutien à toutes les communautés religieuses présentes en Turquie, qu’elles soient majoritaires ou minoritaires. Le Grand Rabbin a souligné l’importance d’une telle présence pour les communautés juives du pays, l’une des plus anciennes du monde méditerranéen.Le pape Léon XIV a lui aussi insisté sur la fraternité entre juifs et catholiques et sur le rôle des traditions religieuses dans la construction de la paix. Cette rencontre, préparée dans la discrétion, témoigne de la place du dialogue judéo-chrétien dans l’agenda du Saint-Père.

La communauté juive de Turquie est l’une des plus anciennes du bassin méditerranéen, avec des racines remontant à l’Antiquité. Son histoire a été profondément marquée par l’arrivée massive des Séfarades expulsés d’Espagne en 1492, accueillis par l’Empire ottoman. Pendant des siècles, les Juifs ont joué un rôle important dans le commerce, les arts et la vie urbaine d’Istanbul et d’Izmir. Aujourd’hui, bien que nettement réduite en nombre, la communauté juive turque reste active et organisée, notamment autour de ses synagogues, écoles et institutions culturelles.
La suite du programme prévoit plusieurs rencontres officielles à Istanbul, aussi bien avec les autorités religieuses que civiles, au cœur d’un pays où la présence chrétienne demeure fragile mais porteuse d’espérance.


