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Sainte Martine

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La tradition rapporte que Sainte Martine aurait été mise à mort pour avoir refusé d’abjurer sa foi,

martyre à Rome (+ 226)

La liturgie du 30 janvier fait mémoire de Sainte Martine, vierge et martyre à Rome au IIIᵉ siècle. Les sources anciennes demeurent sobres sur les circonstances précises de sa vie et de son supplice. Le Martyrologe romain se contente de rappeler son martyre dans la Ville éternelle, sans développer le récit de ses épreuves, selon une retenue fréquente pour les témoins les plus anciens de la foi chrétienne.

La tradition rapporte toutefois que Martine aurait été mise à mort pour avoir refusé d’abjurer sa foi, dans un contexte de persécutions encore intermittentes mais réelles contre les chrétiens de l’Empire. Certains martyrologes médiévaux soulignent cette discrétion par une formule souvent reprise, indiquant que Dieu seul connaît l’ampleur des souffrances endurées par la sainte, manière d’insister moins sur les détails historiques que sur la valeur spirituelle de son témoignage.

La vénération de sainte Martine à Rome est attestée de manière sûre à partir du haut Moyen Âge. Au VIIᵉ siècle, le pape Donus fit dédier une basilique sous son vocable sur le forum romain, entre 676 et 678, comme le rapportent les sources pontificales anciennes, notamment le Liber Pontificalis. Cette dédicace manifeste l’importance acquise par le culte de la martyre dans la piété romaine. L’édifice correspond à l’emplacement de l’actuelle église des Santi Luca e Martina, reconstruite et remaniée à l’époque baroque, mais toujours placée sous le double patronage de l’évangéliste Luc et de la martyre Martine.

En France, la mémoire de sainte Martine s’est également inscrite durablement dans le paysage ecclésial. Elle est la sainte patronne de l’église Sainte Martine, édifice roman du XIIᵉ siècle situé à Pont-du-Château. Cette église témoigne de la diffusion ancienne de son culte hors de Rome, probablement par l’intermédiaire des calendriers liturgiques et des martyrologes utilisés dans les Églises locales.Les vitraux de cette église, comme ceux de l’église de l’Assomption, proposent une iconographie volontairement sobre. Ils s’inscrivent dans une tradition catéchétique qui ne cherche pas à multiplier les épisodes légendaires, mais à rappeler l’essentiel, la fidélité au Christ jusqu’au don de la vie. L’art sacré devient ici le relais d’une mémoire transmise avec simplicité et continuité.

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