Un rescrit pontifical rendu public ce jeudi 5 février 2026 officialise l’approbation des statuts révisés de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel. La décision a été prise par Léon XIV lors d’une audience accordée le 29 janvier 2026 au cardinal secrétaire d’État, et elle est entrée en vigueur immédiatement après sa promulgation. L’acte, de nature administrative et juridique, répond à la nécessité de régulariser et de clarifier le statut canonique de la Fondation, en l’alignant sur les normes actuellement en vigueur pour les personnes juridiques instrumentales de la Curie romaine, ainsi que sur la législation du Saint-Siège relative à la gestion du patrimoine.
Les statuts révisés rappellent d’abord l’identité et la vocation de la Fondation, érigée en 1984 par le Pontife romain à la suite de l’appel lancé par saint Jean-Paul II à Ouagadougou en 1980. Elle demeure un signe concret de la sollicitude de l’Église pour les peuples du Sahel, confrontés de manière récurrente à la sécheresse, à la désertification et à leurs conséquences humaines, sociales et économiques.
Le texte confirme que la Fondation possède une personnalité juridique à la fois canonique et civile, et qu’elle agit sous l’autorité du Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral, dont elle dépend en tant que personne juridique instrumentale.
Les statuts précisent également le périmètre géographique de l’action de la Fondation, qui concerne actuellement neuf pays du Sahel : le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Une extension éventuelle à d’autres pays de la région reste possible, mais elle est strictement encadrée et soumise à une double validation, à la fois interne et institutionnelle.
Lire aussi
Sur le fond, la mission de la Fondation est clairement définie. Elle vise à promouvoir la formation de personnes engagées au service de leur pays et de leurs frères, sans discrimination, dans une perspective de développement humain intégral. Son action se déploie à travers le soutien à des projets concrets et la formation d’acteurs locaux, notamment dans les domaines agricole, sanitaire, économique, environnemental et communautaire, tout en apportant une aide aux victimes de la sécheresse.Les statuts révisés accordent une place centrale à la gouvernance et à la responsabilité. La direction de la Fondation est confiée à un conseil d’administration composé de neuf évêques, chacun représentant l’Église d’un pays bénéficiaire. Ce conseil exerce la responsabilité de la gestion ordinaire et extraordinaire, définit les orientations stratégiques, décide du financement des projets, approuve les budgets et présente chaque année un rapport au Saint-Père. La collégialité épiscopale et le lien institutionnel avec les dicastères compétents sont ainsi explicitement renforcés.
Une attention particulière est portée à la gestion financière et aux mécanismes de contrôle. Les ressources de la Fondation proviennent notamment de collectes organisées dans le monde catholique et de contributions publiques ou privées. Leur utilisation est encadrée par des procédures budgétaires précises, des audits réguliers et des obligations comptables strictes, sous la supervision du Secrétariat pour l’Économie. Les statuts intègrent également des dispositifs destinés à prévenir toute irrégularité financière, conformément aux normes vaticanes en vigueur.
Enfin, le texte rappelle que seule l’autorité du Pontife romain peut décider de la suppression éventuelle de la Fondation et du sort de ses biens, lesquels doivent toujours être affectés dans le respect des objectifs statutaires et de la volonté des donateurs.
En approuvant ces statuts révisés, le pape Léon XIV confirme la mission historique de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel tout en lui donnant un cadre juridique consolidé, garant de sa stabilité, de sa crédibilité et de son efficacité au service des populations les plus éprouvées.


