À l’horizon de l’élection présidentielle de 2028, une configuration inédite se dessine dans la vie politique américaine : le républicain JD Vance, converti au catholicisme, et le démocrate Gavin Newsom, baptisé dans cette foi, apparaissent comme les deux principaux favoris. Une situation historique dans un pays où le vote catholique joue, depuis près d’un siècle, un rôle décisif. Jamais, dans l’histoire des États-Unis, les deux grands candidats pressentis des partis républicain et démocrate n’avaient été tous deux catholiques. Cette réalité donne à la présidentielle de 2028 une dimension particulière.
D’autant plus que l’électorat catholique occupe une place centrale dans les équilibres politiques américains. Depuis 1932, il a voté pour le vainqueur dans 21 des 24 élections présidentielles. Contrairement à d’autres groupes religieux, souvent solidement ancrés dans un camp, les catholiques américains constituent un électorat mobile, capable de faire basculer un scrutin. Les résultats récents le confirment. En 2024, environ 58 % des catholiques ont soutenu Donald Trump, contribuant à sa victoire. Quatre ans plus tôt, en 2020, Joe Biden, deuxième président catholique de l’histoire, avait recueilli entre 50 et 52 % de leurs suffrages.
Ainsi, plus qu’une simple appartenance religieuse, le catholicisme apparaît comme l’un des pivots électoraux majeurs des États-Unis.
Âgé de 41 ans, JD Vance incarne une nouvelle génération de responsables politiques conservateurs. Son parcours personnel est emblématique. Issu d’un milieu modeste de l’Ohio, marqué par les fractures sociales, il accède à une notoriété nationale avec son livre Hillbilly Elegy, avant d’entrer en politique. Son ascension rapide le conduit aujourd’hui au premier rang de la scène nationale. Mais c’est aussi sur le plan spirituel que son itinéraire retient l’attention. Après une jeunesse marquée par le protestantisme évangélique puis par le doute, il se convertit au catholicisme en 2019. Depuis, il évoque régulièrement sa foi et la place au cœur de sa réflexion politique. JD Vance s’appuie explicitement sur la doctrine sociale de l’Église pour structurer ses positions, notamment sur la famille, le bien commun et la critique du libéralisme. Son catholicisme est assumé, visible, et présenté comme une clé de lecture de son engagement public.
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Face à lui, Gavin Newsom, 57 ans, présente un profil très différent. Né en Californie, il est baptisé et élevé dans la foi catholique. Il revendique cet héritage, tout en l’inscrivant dans un parcours politique marqué par des choix progressistes. Gouverneur de Californie, il s’est illustré par des positions favorables à l’avortement, aux droits LGBT et à des politiques sociales étendues. Ces orientations le placent en tension avec l’enseignement moral de l’Église sur plusieurs points.Contrairement à JD Vance, Gavin Newsom évoque peu sa foi dans ses discours publics. Toutefois, à mesure que la confrontation politique s’intensifie, il n’hésite pas à mobiliser certains principes issus de la tradition catholique, notamment sur les questions sociales, pour critiquer ses adversaires.
La possible confrontation entre JD Vance et Gavin Newsom en 2028 ne se réduirait pas à une opposition partisane classique. Elle mettrait en lumière deux approches profondément différentes du catholicisme dans la vie publique.
D’un côté, un catholicisme de conversion, structuré, revendiqué comme fondement d’un projet politique conservateur. De l’autre, un catholicisme d’héritage, plus discret, intégré dans une vision progressiste de la société. Autre élément déterminant : JD Vance parle fréquemment de catholicisme, tandis que Gavin Newsom reste plus réservé sur ce sujet. Cette différence pourrait devenir un enjeu stratégique majeur dans la campagne.
Si cette configuration se confirme, la présidentielle de 2028 marquera une étape importante dans l’histoire américaine. Pour la première fois, le catholicisme ne serait plus seulement une identité minoritaire dans la course à la Maison-Blanche, mais un point commun entre les deux principaux prétendants. Mais derrière cette apparente convergence, c’est une véritable confrontation de visions du monde qui se dessine. Et, une fois encore, ce sont les catholiques américains eux-mêmes qui pourraient, par leur vote, décider de l’issue de cette élection historique.


