La persécution de l’Église catholique se poursuit au Nicaragua. Après les expulsions d’évêques, l’emprisonnement de prêtres et la fermeture de nombreuses œuvres ecclésiales ces dernières années, le diocèse d’Estelí est aujourd’hui une nouvelle fois dans le collimateur des autorités. Selon plusieurs médias nicaraguayens et internationaux, le diacre Wilfred Aráuz Rodríguez a été arrêté par la police le 30 juin. Dans le même temps, un prêtre du diocèse d’Estelí a également été interpellé. Les circonstances exactes de son arrestation restent encore à préciser, mais ces nouvelles mesures s’inscrivent dans un contexte de surveillance constante du clergé.
Lundi 29 juin, c’est également Monseigneur Juan Abelardo Mata, évêque émérite d’Estelí, âgé de 80 ans, qui a été retenu pendant plusieurs heures par la police avant d’être reconduit à son domicile, où il demeurerait sous étroite surveillance. Selon les informations rapportées par La Prensa et reprises par plusieurs médias catholiques, ces arrestations seraient liées à la célébration d’une messe dominicale présidée par Monseigneur Mata à l’église La Cruz del Calvario d’Estelí. Au cours de cette célébration, l’évêque avait invité les fidèles à prier pour « l’Église persécutée », pour les prêtres contraints à l’exil ainsi que pour Monseigneur Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa, expulsé du Nicaragua en janvier 2024 après avoir été emprisonné par le régime.
Les autorités reprocheraient également à l’évêque d’avoir repris publiquement son ministère à Estelí malgré les restrictions qui lui auraient été imposées. Cette nouvelle affaire a suscité une vive réaction de Monseigneur Silvio Báez, évêque auxiliaire de Managua, lui-même contraint à l’exil depuis plusieurs années. Sur le réseau social X, il a dénoncé avec force cette intervention policière : « Je suis profondément indigné et je condamne absolument l’agression commise par la police du régime contre mon frère Monseigneur Juan Abelardo Mata. Ces actions lâches ne font que démontrer la faiblesse et l’irrationalité d’une dictature criminelle. »
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Depuis les manifestations de 2018, le régime de Daniel Ortega et de Rosario Murillo a considérablement intensifié sa politique de répression envers l’Église catholique, l’une des dernières institutions indépendantes du pays. Arrestations arbitraires, expulsions de prêtres et de religieux, confiscations de biens ecclésiastiques, fermeture de médias catholiques et interdiction de nombreuses processions religieuses se sont multipliées.Selon les chiffres publiés par la chercheuse nicaraguayenne Martha Patricia Molina, plusieurs centaines de membres du clergé ont déjà été contraints à l’exil, tandis que des dizaines de milliers de manifestations religieuses ont été interdites ces dernières années.
Malgré cette pression permanente, les catholiques du Nicaragua continuent de témoigner de leur foi. Les nouvelles arrestations survenues à Estelí rappellent toutefois que, dans ce pays d’Amérique centrale, célébrer la messe, soutenir son évêque ou simplement prier publiquement pour une Église persécutée peut aujourd’hui exposer prêtres et fidèles à la répression du pouvoir.


