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L’été 2026 sera-t-il le temps des grands changements au sein de la Curie romaine ?

Depositphotos- Monseigneur Erik Varden ( capture écran)
Depositphotos- Monseigneur Erik Varden ( capture écran)
À Rome, les rumeurs d'un vaste remaniement de la Curie se font chaque jour plus insistantes. Au centre des spéculations : le cardinal Pietro Parolin, mais aussi Monseigneur Erik Varden, dont le nom circule avec une insistance croissante pour prendre la tête d'un important dicastère

Derrière les murs du Vatican, mais aussi dans la quiétude des jardins de Castel Gandolfo, où Léon XIV passe une partie de l’été, les conversations n’ont jamais vraiment cessé. Bien au contraire. Les rumeurs d’un vaste remaniement de la Curie romaine prennent de l’ampleur, alimentées par de nombreuses indiscrétions venues des milieux diplomatiques et des palais apostoliques. Rien n’est encore officiel, mais plusieurs nominations importantes pourraient intervenir dans les prochaines semaines. Au cœur de ces spéculations figure le cardinal Pietro Parolin. Secrétaire d’État depuis 2013, nommé par le pape François, il demeure le principal collaborateur du souverain pontife et le véritable coordinateur du gouvernement de l’Église universelle. Son éventuel remplacement constituerait le changement le plus marquant au sein de la Curie depuis le début du pontificat de Léon XIV.

Selon plusieurs indiscrétions circulant dans les milieux romains, le Saint-Père réfléchirait désormais à constituer une équipe pleinement en accord avec les orientations de son pontificat. Une telle évolution ne serait pas exceptionnelle : après une première période d’observation, les papes choisissent généralement les hommes appelés à les accompagner durablement dans le gouvernement de l’Église.

Il ne s’agirait donc pas d’un désaveu personnel du cardinal Parolin. Diplomate reconnu, il reste une figure respectée du Saint-Siège. Mais son long mandat demeure associé à plusieurs dossiers sensibles, notamment l’accord entre le Saint-Siège et la Chine sur la nomination des évêques ainsi que le scandale financier de l’immeuble de Londres. Plusieurs observateurs estiment également que le fonctionnement du Secrétariat d’État pourrait être modernisé afin de renforcer la coordination entre les différents dicastères.

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Un changement à la tête du Secrétariat d’État aurait des conséquences bien plus larges que la seule succession du cardinal Parolin. Véritable cœur du gouvernement pontifical, il entraînerait presque mécaniquement une série de promotions, de nouvelles nominations et l’arrivée à Rome d’évêques appelés à exercer des responsabilités universelles. C’est dans ce contexte qu’un nom revient désormais avec une insistance particulière : celui de Monseigneur Erik Varden.

Âgé de 52 ans, évêque de Trondheim, en Norvège, ancien abbé trappiste de Mount St Bernard, converti du luthéranisme et théologien reconnu, Monseigneur Varden est devenu l’une des figures spirituelles les plus remarquées de l’Église en Europe. Ses ouvrages consacrés à la vie intérieure et à la tradition monastique lui valent une réputation qui dépasse largement les frontières de la Scandinavie. Le geste qui a le plus retenu l’attention des vaticanistes fut la décision de Léon XIV de lui confier les exercices spirituels de Carême destinés au pape, aux cardinaux et aux responsables de la Curie. À Rome, cette mission est traditionnellement interprétée comme un signe de confiance particulier.

Depuis lors, plusieurs conversations vaticanes évoquent la possibilité de voir Monseigneur Varden rejoindre prochainement la Curie romaine. Aucun dicastère n’est officiellement cité, mais son nom revient avec insistance lorsqu’il est question du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. Son enracinement dans la tradition cistercienne, son amour de la liturgie, sa solide formation théologique et son tempérament éloigné des querelles de cour correspondent au profil que plusieurs observateurs prêtent aujourd’hui à Léon XIV.

Au-delà des personnes, c’est une méthode qui semble se dessiner. Depuis plus d’un an, Léon XIV a montré qu’il ne se sentait pas lié aux équilibres traditionnels de la Curie. Plusieurs de ses nominations ont privilégié des personnalités reconnues pour leur compétence, leur expérience pastorale et leur profondeur spirituelle plutôt que pour leur appartenance à un courant ou à un réseau romain. Cette manière de gouverner pourrait annoncer une Curie davantage tournée vers la mission, la vie intérieure et le service de l’Église universelle. Comme toujours au Vatican, la prudence reste de mise. Les rumeurs qui circulent sur la place Saint-Pierre ne deviennent réalité qu’au moment où elles sont confirmées par le Bulletin quotidien du Saint-Siège. Elles constituent néanmoins un précieux indicateur du climat romain. Si elles venaient à se confirmer, l’été 2026 pourrait ouvrir une nouvelle étape du pontificat de Léon XIV, celle où le pape choisira les hommes appelés à conduire, avec lui, le gouvernement de l’Église dans les années à venir.

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