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Léon XIV attendu comme une rock star : 2 500 journalistes de 52 pays face au concert des opposants

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À trois semaines de l’arrivée de Léon XIV, la France se prépare à un événement médiatique hors norme : plus de 2 500 journalistes de 52 pays ont demandé leur accréditation. Publicis Consultants précise que cette mobilisation dépasse celle de grands rendez-vous internationaux comme Roland-Garros ou le Tour de France

Plus de 2 500 journalistes représentant 52 pays ont demandé une accréditation pour suivre le voyage apostolique du pape, du 25 au 28 septembre 2026. Publicis Consultants, chargé avec PublicisLive Paris du dispositif d’information et d’accueil des médias, souligne que ce volume est supérieur à celui enregistré pour de grands rendez-vous sportifs internationaux comme Roland-Garros ou le Tour de France. À titre de comparaison, environ 1 400 journalistes avaient suivi la visite de Benoît XVI en France en 2008. La progression approche donc les 79 %.

Léon XIV attendu comme une rock star ? La formule peut faire sourire, mais les chiffres sont là. Et ils disent quelque chose de la France de 2026. Car depuis plusieurs semaines, à mesure que se précise le programme pontifical, les critiques accompagnent presque chaque annonce. Le député Alexis Corbière s’est ainsi agacé que les services de l’Assemblée nationale indiquent aux parlementaires intéressés les modalités permettant d’obtenir une place pour la messe du 26 septembre place de la Concorde. « Léon XIV est bienvenu, mais cette méconnaissance de la laïcité m’agace », écrivait-il le 20 août, jugeant ensuite « problématique que l’Assemblée indique aux députés comment faire pour assister à une messe ».

L’hebdomadaire Marianne s’est également emparé de la polémique avec un titre qui avait le mérite de la clarté : « Une messe célébrée par le pape place de la Concorde ? Et puis quoi encore ? », regrettant que l’événement ne suscite pas davantage de protestations au nom de la loi de 1905. Depuis, l’opposition a changé de registre. Mouv’Enfants, association présidée par Arnaud Gallais, a déposé le 26 août deux requêtes devant le tribunal administratif de Paris afin d’obtenir la suspension puis l’annulation de l’autorisation accordée pour la messe de Léon XIV. Gallais va beaucoup plus loin que la querelle juridique sur la laïcité. Il a publiquement qualifié l’Église catholique d’« organisation mafieuse qui met en danger des enfants ». À propos de la réception réservée au pape, il dénonce aujourd’hui les « courbettes » faites à Léon XIV et considère la messe géante comme un « crachat au visage des victimes d’abus »(Le Parisien).

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À Metz également, la venue du pape suscite une bataille. L’Union des familles laïques de Moselle (UFAL 57) conteste les 500 000 euros inscrits par la municipalité pour préparer l’accueil de Léon XIV et a saisi le préfet au titre du contrôle de légalité. À Paris, on invoque la laïcité. À Metz, on attaque le financement. Ailleurs, c’est la messe elle-même que l’on veut faire annuler.

Et puis il y a Saint-Denis. Dans cette ville populaire et multiculturelle, dont près d’un tiers des habitants sont musulmans, le maire Bally Bagayoko s’est au contraire déclaré « enchanté » d’accueillir Léon XIV pour la grande veillée de prière du 25 septembre au Stade de France. Pour cela il est accusé de « plier le genou devant le pape » ( Charlie Hebdo).

Voilà peut-être l’un des paradoxes les plus intéressants de cette visite : pendant que certains cherchent déjà les motifs juridiques, politiques ou idéologiques permettant de contester la présence du pape, une ville comme Saint-Denis se prépare simplement à l’accueillir. Et surtout, le public semble répondre présent.

Le programme explique évidemment une partie de cette mobilisation exceptionnelle. Léon XIV arrivera à Orly le 25 septembre à 10 heures. Il rencontrera le président de la République à l’Élysée, se rendra à l’UNESCO, célébrera les vêpres à Notre-Dame avant la veillée du Stade de France. Le lendemain, il célébrera la grande messe place de la Concorde, avant de gagner Lourdes puis Metz. Quatre jours au cours desquels la France devrait devenir l’un des principaux centres de l’actualité religieuse mondiale. Les polémiques continueront probablement. Elles font partie du débat démocratique et chacun demeure libre de contester les modalités de cette visite.

Mais un chiffre est difficile à contourner : 2 500 journalistes de 52 pays ont demandé à être là. Au Stade de France, comme à Paris, Lourdes ou Metz, ils seront des milliers à rêver d’une photo, d’un selfie, d’une poignée de main ou même d’un simple « check » avec le Saint-Père : une ferveur populaire qui contraste singulièrement avec les polémiques entourant sa venue.

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