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JD Vance : « Je ne serais pas surpris si l’Antéchrist marchait parmi nous »

JD VANCE lors de son entretien avec Bryce Crawford - capture écran
JD VANCE lors de son entretien avec Bryce Crawford - capture écran
Derrière les formules spectaculaires, le catholique JD Vance défend surtout une ligne : ne pas chercher à dater l’Apocalypse et accomplir, aujourd’hui, ce qu’il considère comme « l’œuvre de Dieu »

L’entretien dure plus d’une heure et les propos sont suffisamment inhabituels dans la bouche d’un vice-président des États-Unis pour avoir immédiatement traversé l’Atlantique. Invité du Bryce Crawford Podcast, diffusé le 31 août, JD Vance a longuement parlé de sa foi catholique et de sa perception du combat spirituel, jusqu’à aborder la fin des temps et l’Antéchrist.Bryce Crawford, jeune évangéliste américain de 22 ans, lui pose directement la question : pense-t-il que nous vivons les derniers temps ?

« Je ne sais pas », répond Vance. Il ajoute même qu’il serait probablement « mauvais pour [lui] spirituellement » de trop s’y attarder. Le vice-président rappelle ses obligations immédiates : être bon envers son épouse, ses enfants et exercer du mieux possible ses responsabilités à la tête du pays. Mais JD Vance ne ferme pas pour autant la porte à une lecture eschatologique de l’époque. Certaines réalités contemporaines, explique-t-il, font qu’il ne serait « pas surpris si l’Antéchrist marchait parmi nous ». Une phrase spectaculaire, immédiatement reprise par la presse américaine et britannique.

C’est dans cette réflexion qu’intervient la déclaration la plus commentée. Le vice-président explique vouloir avant tout « accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu » dans le présent. Et il ajoute en substance : si cela conduit à la fin des temps, cela lui convient ; si, au contraire, cela contribue à bâtir un monde meilleur qui survivra longtemps après lui, cela lui convient également. La seconde partie est essentielle. JD Vance ne dit donc pas qu’il souhaite précipiter l’Apocalypse. Son raisonnement consiste au contraire à refuser d’en faire une obsession : puisque nul ne sait quand viendra la fin, le chrétien doit accomplir son devoir présent.

Cette préoccupation eschatologique ne date d’ailleurs pas de son entrée à la Maison-Blanche. JD Vance raconte qu’enfant, vers 10 ou 11 ans, il avait reçu une Bible d’étude de John Hagee consacrant une large place aux prophéties de la fin des temps. Il se souvient aussi de l’atmosphère de la fin des années 1990, lorsque l’approche

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L’intelligence artificielle occupe une place étonnante dans cette conversation. JD Vance raconte notamment connaître quelqu’un ayant utilisé l’IA comme conseiller conjugal. Lorsque Crawford qualifie cette perspective de « satanique », le vice-président répond que supprimer l’humain de la dimension sociale pour laquelle Dieu l’a créé est quelque chose de « très mauvais ». Plus largement, certaines évolutions technologiques semblent nourrir chez lui l’impression d’un dérèglement qui ne serait pas seulement technique ou politique, mais également spirituel. Il ne présente cependant pas l’IA elle-même comme l’Antéchrist.

Cette lecture du réel s’étend jusqu’aux relations internationales. Interrogé sur les situations où il aurait ressenti une présence spirituellement inquiétante, JD Vance affirme avoir participé à des réunions avec des dirigeants étrangers au cours desquelles une parole ou une observation avait déclenché en lui « toutes les sonnettes d’alarme spirituelles ». Il refuse toutefois de donner le nom des responsables concernés.Il raconte également avoir éprouvé une « énergie spirituelle très sombre » à Gettysburg, théâtre de la bataille particulièrement meurtrière de la guerre de Sécession, qu’il relie à la masse de morts survenue en ce lieu.

L’entretien revient enfin sur la tentative d’assassinat contre Donald Trump en juillet 2024. Le vice-président confie que si Donald Trump avait été tué alors qu’il s’apprêtait à revenir au pouvoir, il aurait probablement interprété l’événement comme l’action de « forces très sombres ». À travers ces confidences apparaît surtout une dimension rarement assumée aussi explicitement au sommet de l’État américain : JD Vance ne sépare pas totalement politique et vie spirituelle. Converti au catholicisme en 2019, il lit certains événements à travers les catégories chrétiennes du bien, du mal, de la Providence et des fins dernières.

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