Depuis 2000 ans

Léon XIV en France : qui sont ces associations qui s’opposent à la venue du pape ?

@Eglisede France - place de la Concorde @tribunechretienne
@Eglisede France - place de la Concorde @tribunechretienne
Alors que la visite de Léon XIV doit rassembler des centaines de milliers de fidèles du 25 au 28 septembre, plusieurs organisations ont engagé une campagne contre certaines étapes du voyage. Laïcité, argent public, abus sexuels ou opposition idéologique à l’Église : leurs motivations sont très différentes

À quelques heures de l’arrivée de Léon XIV en France, prévue ce vendredi 25 septembre à 10 h, les oppositions à sa visite se font entendre. Certaines relèvent d’une conception militante de la laïcité, d’autres contestent l’utilisation d’argent public, tandis que Mouv’Enfants entend placer la question des violences sexuelles dans l’Église au centre du déplacement pontifical.

La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) est l’une des organisations les plus mobilisées. Dès le 11 août, elle s’interrogeait publiquement sur le coût de la visite. Le 16 septembre, elle a durci le ton en contestant la présentation de Léon XIV comme chef d’État reçu à ce titre par les autorités françaises. Pour la Libre Pensée, le voyage demeure fondamentalement religieux et pastoral malgré le statut international particulier du Saint-Siège.

L’organisation entend également interpeller Léon XIV sur deux sujets : les abus sexuels dans l’Église et la fin de vie. Une conférence de presse est annoncée samedi 26 septembre à 14 h 30. La Libre Pensée demande notamment l’ouverture des archives ecclésiastiques concernant les violences sexuelles et critique l’opposition de l’Église à l’euthanasie et au suicide assisté.

La Fédération anarchiste dénonce la visite

La Fédération anarchiste assume, elle, une opposition beaucoup plus générale à la venue du souverain pontife. Dans un communiqué du 20 août, elle critique à la fois Emmanuel Macron, le Vatican, l’utilisation d’argent public et les positions de l’Église catholique sur l’avortement, l’homosexualité ou les questions de genre. L’organisation revendique explicitement un athéisme militant et une conception de la laïcité qui dépasse largement la séparation des Églises et de l’État. Son communiqué s’achève par un refus de tout financement public de la visite pontificale. Il s’agit donc moins d’une contestation ponctuelle des conditions du voyage que d’une opposition idéologique à l’institution ecclésiale elle-même.

Lire aussi : https://tribunechretienne.com/leon-xiv-en-france-televisions-radios-journaux-sites-internet-tous-les-medias-francais-se-mobilisent-pour-la-venue-du-pape/

Mouv’Enfants a tenté de faire suspendre la messe de Paris

La démarche de Mouv’Enfants est différente. L’association présidée par Arnaud Gallais, engagée auprès des victimes de violences sexuelles, a déposé le 26 août deux requêtes devant le tribunal administratif de Paris concernant la messe du 26 septembre, organisée place de la Concorde et sur l’avenue des Champs-Élysées : un recours en annulation et un référé demandant la suspension de la décision administrative supposée autoriser la célébration.Mais le 28 août, le juge des référés a rejeté la demande. L’association n’avait identifié ni produit de décision du préfet de police susceptible d’être suspendue. La requête a donc été jugée manifestement irrecevable.

Mouv’Enfants ne s’oppose cependant pas seulement à la messe. Dès le 10 août, Arnaud Gallais avait demandé à Emmanuel Macron de l’aider à obtenir une rencontre avec Léon XIV. L’association souhaite notamment obtenir l’ouverture des archives ecclésiastiques et des engagements supplémentaires pour la protection des mineurs. Elle se réfère aux quelque 330 000 victimes estimées par la CIASE depuis 1950, en incluant les violences commises par des clercs, des religieux et des laïcs en lien avec l’Église.

À Metz, une bataille autour de 250 000 euros

Autre contestation, autre motif. À Metz, où Léon XIV doit se rendre lundi 28 septembre, l’Union des familles laïques (UFAL) de Moselle et l’association Les Profanes ont attaqué la délibération du conseil municipal du 10 juillet provisionnant 250 000 euros pour accompagner la visite.

Les deux associations affirment ne contester ni la venue du pape ni la célébration de la messe, mais l’utilisation de fonds municipaux, notamment pour la mise en place d’écrans géants.

Le tribunal administratif de Strasbourg leur a toutefois donné tort le 11 septembre. La juge des référés a notamment retenu la portée internationale de l’événement, ses retombées pour Metz et le fait que les écrans doivent retransmettre non seulement la messe mais l’ensemble du parcours et des interventions de Léon XIV.

De Paris à Metz, ces contestations n’ont donc ni les mêmes motivations ni les mêmes objectifs. Elles accompagnent néanmoins un voyage d’une ampleur exceptionnelle, dont les différents rassemblements devraient réunir plusieurs centaines de milliers de personnes et qui mobilise un important dispositif de sécurité.

Recevez chaque jour notre newsletter !