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En Loire-Atlantique, une église sur le point d’être démolie : la municipalité invoque le coût des travaux

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Fermée depuis 2019 pour raisons de sécurité, l’église Saint-Martin de Mouzillon pourrait désormais être démolie. La municipalité met en avant les plus de quatre millions d’euros nécessaires à sa restauration

À Mouzillon, commune de Loire-Atlantique située à une trentaine de kilomètres de Nantes, l’église Saint-Martin pourrait bientôt disparaître du paysage. Fermé au public depuis 2019 en raison d’importants désordres affectant sa structure, l’édifice est désormais directement menacé de démolition. Le conseil municipal a en effet autorisé le maire à engager auprès du préfet la procédure de désaffectation de l’église, préalable nécessaire à sa déconstruction. La démolition n’est donc pas encore engagée matériellement, mais l’orientation choisie par la municipalité est désormais claire.

La raison avancée est d’abord financière. La restauration de Saint-Martin nécessiterait plus de quatre millions d’euros de travaux, une somme considérable pour une commune de moins de 3 000 habitants. La difficulté budgétaire est réelle. Elle n’empêche cependant pas de poser une question : face à un tel patrimoine, toutes les possibilités permettant d’éviter une décision irréversible ont-elles été épuisées ? Car une restauration peut être différée, fractionnée ou soutenue par différents financements. Une démolition, elle, est définitive.

L’église Saint-Martin s’inscrit dans une histoire ancienne. L’édifice qui l’avait précédée avait été détruit à la fin du XVIIIe siècle, lors des violences qui frappèrent la région pendant les guerres de Vendée. L’église actuelle, d’architecture néogothique, est devenue l’un des repères du bourg. Pendant des générations, baptêmes, mariages, funérailles et fêtes chrétiennes s’y sont succédé. Cette dimension échappe nécessairement à une simple estimation financière. Une église constitue un patrimoine architectural, mais elle demeure également, pour les catholiques, un lieu destiné au culte et porteur de la mémoire spirituelle d’une communauté.

Saint-Martin conserve par ailleurs un patrimoine remarquable. Une imposante huile sur toile de deux mètres sur trois, réalisée en 1920, rend hommage aux morts de la paroisse durant la Première Guerre mondiale. La commune l’attribue au peintre nantais Pierre Roy. L’œuvre est inscrite au titre des objets monuments historiques depuis le 17 mai 2019 et appartient, selon la base patrimoniale du ministère de la Culture, à une association diocésaine.

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Sur le plan ecclésial, Mouzillon relève du diocèse de Nantes, placé sous la responsabilité de Monseigneur Laurent Percerou. L’église Saint-Martin appartient à la paroisse Saint-Vincent-des-Vignes. Si la commune est propriétaire du bâtiment, son affectation au culte catholique explique que sa disparition ne puisse être décidée comme celle d’un bâtiment municipal ordinaire. L’autorité diocésaine a d’ailleurs donné son accord à la poursuite de la procédure de désaffectation.

Le cas de Mouzillon dépasse désormais les frontières de cette petite commune. Des milliers d’églises construites avant 1905 appartiennent aux communes françaises. Lorsque surviennent d’importants problèmes de toiture, de maçonnerie ou de structure, leur restauration peut rapidement représenter plusieurs millions d’euros.

Pour les petites collectivités, l’équation est redoutable. Mais elle oblige aussi à s’interroger sur les moyens consacrés à la sauvegarde de ce patrimoine : aides publiques, collectivités territoriales, mécénat, fondations, souscriptions populaires ou réalisation progressive des travaux peuvent participer, selon les situations, à la conservation d’un édifice. Aucune de ces pistes ne garantit évidemment de réunir quatre millions d’euros. Mais lorsqu’il s’agit de détruire définitivement une église, leur examen mérite d’être mené jusqu’au bout et rendu clairement public.

À Mouzillon, le débat ne concerne donc pas seulement le coût d’un chantier. Il touche à ce que notre époque choisit de transmettre de l’histoire chrétienne de ses villages. Les contraintes financières de la commune doivent être entendues. Mais une fois Saint-Martin détruite, aucune mobilisation patrimoniale future ne pourra rendre au village l’église qui aura disparu.

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