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À Athènes, Marco Rubio dénonce un Occident qui a « appris à ses enfants à avoir honte de leur pays » et rappelle ses racines chrétiennes

Marco Rubio lors de son discours à Athènes - capture écran
Marco Rubio lors de son discours à Athènes - capture écran
Évoquant l’Évangile et Jésus-Christ, saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, Le secrétaire d’État américain a prononcé un discours sur les fondements de la civilisation occidentale

Mercredi 7 octobre, dans un discours consacré à l’avenir de la civilisation occidentale, Marco Rubio a choisi de remonter aux sources de l’Europe pour rappeler ce qui unit historiquement les deux rives de l’Atlantique. Depuis Athènes, berceau de la philosophie grecque et de la démocratie antique, le secrétaire d’État américain a développé une réflexion sur l’héritage spirituel, intellectuel et culturel de l’Occident, accordant une place centrale au christianisme. L’intervention dépasse le cadre habituel d’un discours diplomatique. Catholique, Marco Rubio a replacé la foi chrétienne dans la continuité historique qui relie la philosophie grecque, le droit romain, la chrétienté médiévale et la naissance des États-Unis. Une manière de rappeler que la civilisation occidentale ne saurait être réduite à une construction économique, politique ou militaire.

« L’Évangile de Jésus-Christ a trouvé un terrain fertile en Europe »

Le secrétaire d’État a d’abord rappelé ce que la civilisation occidentale doit à la pensée grecque, notamment la conviction que le monde possède un ordre rationnel que l’intelligence humaine peut découvrir. Cette confiance dans la raison, a-t-il expliqué, a préparé l’épanouissement de la civilisation chrétienne. « Cela a ouvert la voie à l’Évangile de Jésus-Christ, qui a trouvé un terrain fertile en Europe et s’est épanoui dans la chrétienté. » Marco Rubio a ensuite évoqué les richesses de la théologie chrétienne, citant expressément saint Augustin, saint Thomas d’Aquin et toute la tradition du droit naturel. Ces références sont particulièrement significatives. Saint Augustin a profondément marqué la compréhension chrétienne de l’histoire, de la liberté et de la cité terrestre. Saint Thomas d’Aquin a montré comment la raison et la foi, loin de s’opposer, peuvent concourir à la recherche de la vérité.

Le christianisme n’a donc pas simplement accompagné l’histoire européenne. Il a contribué à façonner sa conception de la personne humaine, de la justice et du bien commun, tout en donnant naissance à un patrimoine spirituel et intellectuel exceptionnel.

Des cathédrales européennes aux martyrs chrétiens

Marco Rubio a également évoqué les bâtisseurs des cathédrales de Milan, Cologne et Florence, héritiers, selon lui, de cette recherche de la beauté qui animait déjà les artistes de l’Antiquité. « Aux hommes qui construisirent le Parthénon succédèrent les architectes de la chrétienté européenne », a-t-il souligné, établissant une continuité entre l’architecture antique et les grandes réalisations de l’Europe chrétienne. Le secrétaire d’État a également évoqué le témoignage des martyrs chrétiens, notamment saint Thomas More, chancelier d’Angleterre exécuté en 1535 pour avoir refusé de reconnaître la suprématie religieuse du roi Henri VIII. Dans une société où la liberté est souvent réduite à l’affirmation de la volonté individuelle, le témoignage de ces hommes rappelle une conception autrement exigeante : celle d’une conscience tenue par la vérité, même lorsque cette fidélité exige de résister au pouvoir politique.

Un Occident qui a appris à rougir de son histoire

La partie la plus sévère du discours concerne l’attitude des sociétés occidentales envers leur propre civilisation. « Nous, Occidentaux, avons commencé à avoir honte de ce qui nous rendait exceptionnels », a déclaré Marco Rubio. Le secrétaire d’État a dénoncé une culture de la culpabilité historique, allant jusqu’à regretter que les jeunes générations aient été encouragées à éprouver de la honte envers leur pays et son passé. Cette critique trouve un écho particulier en Europe, où la question des racines chrétiennes demeure régulièrement controversée. La place du christianisme dans l’histoire nationale, la transmission de la culture religieuse et la préservation du patrimoine sacré soulèvent des débats qui dépassent largement les seuls cercles ecclésiaux.

Une civilisation peut-elle survivre à l’oubli de ses fondements ?

Le discours de Marco Rubio trouve un écho dans les paroles prononcées quelques jours plus tôt par le pape Léon XIV lors de sa visite apostolique en France. Lundi 28 septembre, à Metz, dans la ville de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de la construction européenne, le souverain pontife avait rappelé avec force : « On ne peut donc pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. » Il avait également souligné le rôle déterminant de saint Benoît et de ses moines dans l’édification de la civilisation européenne, affirmant : « Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. »

Les deux interventions, bien que de nature différente, se rejoignent sur un constat historique fondamental : l’Europe ne peut comprendre son identité sans reconnaître l’héritage chrétien qui a façonné sa culture, ses institutions et sa conception de la dignité humaine.

Là où Marco Rubio dénonce un Occident qui apprend à ses enfants à rougir de son histoire, Léon XIV invite les Européens à redécouvrir les racines spirituelles de leur civilisation. Le secrétaire d’État américain parle en responsable politique, le successeur de Pierre en pasteur de l’Église universelle. Mais leurs paroles rappellent une même évidence : renier les racines chrétiennes de l’Europe, c’est se priver d’une part essentielle de la compréhension de sa propre histoire, car un peuple qui ne sait plus d’où il vient peut difficilement savoir où il va.

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