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[Peine de mort] Le pape Léon XIV rappelle la position de l’Église et JD Vance affirme « qu’il ne regardera pas les images de l’exécution »

Léon XIV- JD Vance Depositphotos
Léon XIV- JD Vance Depositphotos
JD Vance marque sa différence en affirmant qu’il ne regardera pas les images de l’exécution prévue le 3 décembre aux États-Unis, si celle-ci est diffusée en direct. De son coté, le pape Léon XIV a rappelé que la peine de mort était « inadmissible »

Aux États-Unis, la perspective de retransmettre en direct une exécution capitale provoque une controverse qui atteint désormais les plus hautes autorités politiques et religieuses. Le Pentagone envisage de diffuser l’exécution de Nidal Malik Hasan, ancien psychiatre de l’armée américaine condamné à mort pour avoir assassiné treize personnes et blessé trente-deux autres lors de la fusillade de Fort Hood, au Texas, en novembre 2009. Prévue pour le 3 décembre prochain, cette exécution pourrait être retransmise publiquement, une initiative qui soulève des interrogations jusque dans les rangs de l’Église catholique.

Vendredi 9 octobre, interrogé par des journalistes sur ce projet et sur sa compatibilité avec sa foi catholique, le vice-président américain JD Vance a répondu avec prudence. Après avoir rappelé la gravité des crimes commis par Hasan et la souffrance des victimes, il a expliqué ne pas savoir si la retransmission aurait effectivement lieu, avant d’assurer : « Si, finalement, c’est diffusé en direct, je ne regarderai pas. » Converti au catholicisme en 2019, JD Vance revendique régulièrement l’importance de sa foi dans sa vie personnelle et politique. Mais cette fois, le vice-président n’a invoqué ni l’enseignement de l’Église, ni le Catéchisme, ni la position du Saint-Siège. Il a simplement affirmé qu’il refuserait de regarder les images de cette exécution si celle-ci devait être retransmise en direct, sans remettre en cause le principe même de la peine capitale.

Léon XIV rappelle que la peine de mort est « inadmissible »

C’est à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort que Léon XIV a publié un message sur son compte officiel dans lequel il rappelle sans détour l’enseignement actuel de l’Église catholique.

« La peine de mort est inadmissible car elle constitue une atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne », écrit le souverain pontife. Il souligne également que les exigences de la justice et la protection du bien commun peuvent être assurées sans priver définitivement un condamné de la possibilité d’une rédemption.

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Le pape ne mentionne ni JD Vance ni l’affaire Hasan. Son message s’inscrit dans le cadre de cette journée internationale et dans la continuité de la modification du numéro 2267 du Catéchisme de l’Église catholique, approuvée par le pape François en 2018. Cette rédaction affirme que la peine de mort est inadmissible, au nom de la dignité de la personne humaine, et engage l’Église à travailler à son abolition dans le monde. Cette position s’inscrit dans une réflexion ancienne de l’Église sur les exigences de la justice, la protection de la société et la dignité de tout être humain, y compris lorsqu’il s’est rendu coupable des crimes les plus graves. Saint Jean-Paul II avait déjà fortement restreint les circonstances dans lesquelles le recours à la peine capitale pouvait être considéré comme nécessaire.

Vendredi 9 octobre, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, avait également réagi au projet américain. Le prélat a condamné la perspective d’une exécution publique, estimant qu’il n’était pas acceptable de transformer la mort d’un condamné en spectacle. Les treize victimes de Fort Hood et leurs familles ont droit à la justice, et rien ne saurait atténuer la gravité des crimes commis. Mais l’Église rappelle que la justice ne saurait être confondue avec une démonstration publique de puissance, encore moins avec une représentation de la mort offerte aux spectateurs.

Pour JD Vance, la question dépasse le simple choix de regarder ou non une retransmission. Elle touche à la manière dont un responsable politique catholique accueille publiquement un enseignement moral de son Église, lorsque celui-ci entre en tension avec les orientations de son administration. Le vice-président n’a pas annoncé qu’il s’opposerait à l’exécution. Il n’a pas davantage défendu le projet de retransmission. Son intervention laisse ainsi entière la question posée par les journalistes : que signifie, pour un catholique exerçant les plus hautes responsabilités politiques, l’affirmation selon laquelle toute vie humaine conserve une dignité que le crime lui-même ne peut abolir ?

Léon XIV, premier pape américain de l’histoire, a choisi pour sa part de rappeler cette exigence sans désigner de responsable politique. À Washington, Donald Trump doit encore se prononcer sur la retransmission envisagée. Au Vatican, la position de l’Église sur la peine capitale ne souffre, elle, aucune ambiguïté.

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