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[Vidéo] Monseigneur François Touvet a ordonné quatre nouveaux prêtres pour les Missionnaires de la Miséricorde divine

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Samedi 31 octobre 2026, à l’abbaye Notre-Dame de Triors, dans la Drôme, quatre membres de la communauté ont reçu l’ordination sacerdotale des mains de l’évêque de Fréjus-Toulon. Un événement attendu depuis plusieurs années, marqué par la joie, mais aussi pour certains par les interrogations persistantes autour du choix du rite liturgique

Devant ce magnifique événement que constitue l’ordination de quatre nouveaux prêtres, certains expriment leur profonde joie et leur reconnaissance, tandis que d’autres font part de leur « déception de voir le Novus Ordo l’avoir emporté sur le rite traditionnel pour la célébration des ordinations« . Une situation singulière pour une communauté dont l’identité spirituelle et missionnaire est étroitement liée à la liturgie traditionnelle.

Samedi 31 octobre, dans l’abbatiale Notre-Dame de Triors, Monseigneur François Touvet a conféré le sacrement de l’ordre à Clément Anouil, Henri Gilliot, Guillaume Le Gall et Thibaud Perruchot. Près d’un millier de fidèles ont assisté à cette célébration, témoignant de l’attachement suscité par cette communauté fondée en 2005 à Toulon par l’abbé Fabrice Loiseau.

Pour le fondateur de la Société des Missionnaires de la Miséricorde divine, ces ordinations constituent également une immense joie. Après plusieurs années d’attente et d’incertitude, voir quatre nouveaux prêtres rejoindre la communauté représente un moment particulièrement fort. Une joie d’autant plus profonde que ces vocations témoignent de la vitalité d’un apostolat auquel il a consacré une grande partie de sa vie sacerdotale. La communauté, qui comptait jusqu’alors dix prêtres, voit ainsi ses effectifs sacerdotaux augmenter considérablement. Elle poursuit une mission originale, associant la célébration de la liturgie traditionnelle à l’annonce de la miséricorde divine, notamment auprès des musulmans.

Ces ordinations mettent fin à une longue période d’incertitude. En juin 2022, Rome avait suspendu les ordinations dans le diocèse de Fréjus-Toulon, alors dirigé par Mgr Dominique Rey. Si les ordinations diocésaines avaient progressivement repris après l’arrivée de Mgr Touvet, la situation des Missionnaires demeurait particulière.

Le principal obstacle concernait le motu proprio Traditionis custodes, promulgué par le pape François en juillet 2021, qui soumet à une autorisation spécifique l’usage du missel de 1962 par les prêtres ordonnés après son entrée en vigueur.

Mgr Touvet avait expliqué, dans un entretien accordé à La Nef, qu’il ne pouvait ordonner ces jeunes hommes sans avoir l’assurance qu’ils pourraient ensuite célébrer selon la liturgie correspondant à leur vocation. Il avait finalement obtenu de Rome, à l’automne 2025, un indult permettant aux futurs prêtres de célébrer habituellement la messe traditionnelle.Mais cet accord comportait une limite importante : les ordinations elles-mêmes devaient être célébrées selon les livres liturgiques réformés après le concile Vatican II.

La cérémonie du 31 octobre s’est ainsi déroulée selon le rite de Paul VI, en latin, avec le chant grégorien des moines bénédictins de Triors. Il importe de préciser que le latin et le chant grégorien ne sont nullement réservés à l’ancien rite. Pour les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle, cette distinction demeure néanmoins douloureuse. Pourquoi permettre à ces nouveaux prêtres de célébrer habituellement selon l’ancien missel, tout en leur refusant de recevoir l’ordination selon l’ancien pontifical ? La question dépasse le seul cas des Missionnaires et touche à la place accordée à la tradition liturgique dans l’Église contemporaine.

L’abbé Jean-Raphaël Dubrule, supérieur de la communauté, avait rappelé que l’attachement au Vetus Ordo n’impliquait aucun refus du missel de Paul VI. La communauté a accepté les conditions romaines, privilégiant la possibilité de poursuivre sa mission et de voir ses membres accéder enfin au sacerdoce.Autre élément sensible : six diacres avaient été ordonnés en décembre 2024, mais seuls quatre ont été appelés au sacerdoce. Monseigneur Touvet a expliqué avoir pris cette décision après consultation des instances compétentes, rappelant que l’appel aux ordres relève de sa responsabilité épiscopale.

Ce dimanche 1er novembre, fête de la Toussaint, les quatre nouveaux prêtres doivent célébrer leur première messe solennelle dans leurs lieux d’apostolat respectifs : Draguignan, Marseille, Strasbourg et Lyon.

L’évéque de Toulon Touvet avait résumé son état d’esprit par ces mots : « Je suis dans la paix et j’éprouve une grande joie. » Cette joie mérite d’être pleinement partagée. Elle n’interdit cependant pas de s’interroger sur les conditions dans lesquelles quatre jeunes hommes, désireux de servir l’Église dans la fidélité à leur charisme, ont finalement pu accéder au sacerdoce. Car si l’obéissance constitue une vertu essentielle de la vie sacerdotale, elle n’efface pas les interrogations légitimes sur la place que l’Église entend réserver à son propre héritage liturgique.

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