Le 29 octobre, le juge Giuseppe Pignatone a déposé un document de plus de 700 pages au Tribunal de l’État de la Cité du Vatican. Le bureau de presse du Saint Siège a indiqué que ce document contient les motifs des accusations et l’explication de la sentence, notamment celle concernant le cardinal Becciu, condamné le 16 décembre 2023. La question reste en suspens : qui fera appel de cette décision ?
Comme le souligne l’Osservatore Romano, ce jugement fait suite à un procès qui s’est déroulé sur 86 audiences dans la salle polyvalente des Musées du Vatican. Malgré les accusations et les critiques médiatiques concernant le non-respect des droits de la défense, la situation était tout autre et la conduite du procès a respecté les principes fondamentaux d’équité.
Le media romain indique que le Tribunal, dirigé par le juge Pignatone, n’a pas simplement suivi les demandes du Promoteur de Justice. Il a requalifié certains des délits et acquitté plusieurs accusés. Surtout, il a mis l’accent sur le principe de contradiction lors des débats, offrant une large possibilité d’intervention aux défenses et examinant minutieusement les faits et les documents.
Bien que le Vatican ait un système inquisitoire, différent de l’approche accusatoire adoptée par d’autres pays, la phase de débat a garanti le droit de défense et la présomption d’innocence. Ces principes sont clairement définis dans les normes en vigueur, prouvant qu’un procès équitable a bien eu lieu, malgré les critiques.
Les motivations de cette décision font référence à plusieurs arrêts ayant marqué la jurisprudence italienne, témoignant d’une volonté de transparence et de rigueur dans la conduite des affaires judiciaires au sein du Saint-Siège.
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Par ailleurs, des questions interpellent concernant l’utilisation des fonds et la nécessité de rendre des comptes. Le récent document final approuvé par le Synode sur la synodalité évoque ces questions, affirmant qu’en raison du cléricalisme, il existe un « axiome implicite que ceux qui ont autorité dans l’Église ne doivent pas rendre compte de leurs actions et de leurs décisions« .
Le regrettable investissement de 200 millions d’euros dans le fonds Mincione, une somme énorme pour une opération sans précédent, illustre cette culture du non-respect des comptes. Comme l’indique l’Osservatore Romano, cette situation montre à quel point il est dangereux pour l’Église d’adopter des comportements inspirés de la finance spéculative, détournant l’Église de sa mission et de sa vocation spirituelle.Il est essentiel de diversifier les investissements, d’évaluer les risques et d’éviter le favoritisme. Il est tout aussi crucial de ne pas transformer les fonds gérés en instruments de pouvoir personnel. Ce sont des leçons importantes à tirer de l’affaire du palais de Sloane Avenue.
Enfin, le média du Vatican précise qu’il est encourageant de constater que des « anticorps » se sont développés au sein même du Saint-Siège, permettant de mettre en lumière les faits en question dans cette affaire. Cela suscite l’espoir que de tels incidents ne se reproduisent plus à l’avenir.