Depuis 2000 ans

[ VIDEO ] Reconnaissance historique ? Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël a reconnu le génocide des chrétiens d’Arménie

capture écran PBD Podcast, animé par l’Américain Patrick Bet-David avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou
capture écran PBD Podcast, animé par l’Américain Patrick Bet-David avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou
Dans un entretien au PBD Podcast animé par Patrick Bet-David, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré pour la première fois que son pays reconnaissait le génocide arménien de 1915. Une affirmation lourde de symboles, mais dont les experts soulignent le caractère ambigu, faute de formulation officielle

Interrogé mercredi 27 août dans le cadre du PBD Podcast, animé par l’Américain Patrick Bet-David, d’origine arménienne-assyrienne, le Premier ministre israélien a surpris ses auditeurs par une réponse sans détour. L’animateur a lancé ( voir extrait ) :

« Vous savez, la Shoah a été reconnue par 193 pays à travers le monde, et dans plusieurs États, le négationnisme est puni par la loi. Mais pour le génocide arménien, assyrien et grec, une nation qui devrait logiquement être en tête pour le reconnaître, c’est Israël. Alors pourquoi ne l’avez-vous pas encore fait ? » Benjamin Netanyahou a alors esquissé un sourire et répondu simplement : « I just did. Here you go » – « Je viens de le faire. Voilà. »

Une phrase courte, mais immédiatement interprétée comme une reconnaissance historique du génocide arménien par le dirigeant israélien.

A voir sur X ( retrouvez Tribune Chrétienne sur X)

Cependant, pour le Dr Eldad Ben Aharon, spécialiste de la politique étrangère israélienne à l’Institut de recherche sur la paix de Francfort, cette réponse ne constitue pas une reconnaissance formelle. « Netanyahou n’a pas dit les mots précis : ‘Je reconnais le génocide arménien de 1915’. Il n’a pas non plus utilisé le terme de génocide. Il a choisi l’ambiguïté : apparaître comme celui qui reconnaît, sans jamais employer la terminologie officielle », a-t-il expliqué.

Le chercheur rappelle que la Knesset n’a jamais voté de loi reconnaissant le génocide arménien.

Les quelques propositions déposées ces dernières décennies ont toutes été repoussées, souvent avec l’opposition personnelle de Netanyahou. « Il sait très bien que déclarer dans un podcast n’est pas la même chose qu’adopter une loi ou prononcer une déclaration officielle en hébreu devant la nation », ajoute Ben Aharon.

Sans surprise, le ministère turc des Affaires étrangères a aussitôt publié un communiqué de condamnation, dénonçant les propos de Netanyahou et les liant à la guerre en cours à Gaza. Toutefois, selon les analystes, Ankara a réagi de manière prévisible et mesurée. « Si Netanyahou avait réellement voulu provoquer la Turquie, il aurait poussé à l’adoption d’une déclaration officielle au Parlement israélien. Là, il a choisi une voie symbolique, limitée à un public international », a encore observé le chercheur.

Lire aussi

Cette déclaration intervient alors qu’Israël fait face à de vives critiques sur la scène internationale dans le cadre de la guerre à Gaza. Pour certains observateurs, le premier ministre israélien cherchait à soigner son image et à montrer un visage plus libéral. « C’est du Netanyahou classique : apparaître comme celui qui a franchi le pas, tout en laissant une porte de sortie pour dire qu’il n’a rien affirmé officiellement », estime Ben Aharon. De fait, ce moment lui permet d’inscrire un jalon dans son héritage politique, en obtenant un certain crédit international sans véritable engagement diplomatique.

La question du génocide arménien est depuis toujours un sujet sensible en Israël. Reconnaître officiellement ce massacre comme un génocide pourrait, selon les diplomates, compromettre les relations avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, partenaires stratégiques de l’État hébreu. De plus, une partie de la classe politique israélienne estime qu’une telle reconnaissance pourrait affaiblir l’unicité de la mémoire de la Shoah, pierre angulaire de l’identité nationale.Benjamin Netanyahou a donc, pour la première fois, prononcé des mots laissant entendre que l’État d’Israël reconnaît le génocide arménien. Mais en l’absence de texte officiel, de loi ou de déclaration solennelle en hébreu, il ne s’agit pas d’une reconnaissance formelle, mais d’un geste symbolique et diplomatiquement calculé. Un coup médiatique qui marque un tournant dans sa communication, mais laisse planer une question : Israël franchira-t-il un jour le pas de la reconnaissance officielle du génocide des chrétiens d’Arménie ?

Source ynet.co

Recevez chaque jour notre newsletter !